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La fin du projet d’aréna à Calgary menace des millions de dollars d’investissements

Une représentation graphique du nouvel aréna de Calgary.

L'entente entre la Ville et le groupe propriétaire des Flames a officiellement été résiliée, ce qui menace l'avenir de nombreux projets.

Photo : Ville de Calgary

Si tous les regards étaient tournés depuis cinq ans vers le projet de nouvel aréna des Flames, ce centre événementiel n’était qu’un élément d’un vaste plan de rénovations et d’investissements à Calgary. Sans cette carte, le château s’écroule-t-il?

Pour David Low, le directeur de la zone d'amélioration commerciale du quartier Victoria Park, la réponse est non, mais le château se transforme plutôt en grosse maison à la suite de la résiliation de l'entente entre la Ville et le groupe propriétaire des Flames.

[Le nouvel aréna] aurait été un élément essentiel pour la mise en place d’un quartier culturel et récréatif de calibre mondial. Je n’exagère pas, affirme-t-il.

« Cela aurait placé Calgary sur le podium des meilleures destinations culturelles en Amérique du Nord. »

— Une citation de  David Low, zone d'amélioration commerciale Victoria Park

Des millions de dollars de développement en jeu

Le bâtiment remplaçant le Saddledome fait en effet partie d’un plan d’urbanisme approuvé il y a presque quatre ans à Calgary et appelé Rivers District. L’objectif est de transformer cette zone peu populaire en dehors des matchs et d’en faire un quartier attirant une population jeune. Au cœur de ce plan, le nouveau centre événementiel.

Carte d'un quartier de Calgary avec six zones de couleurs différentes.

Le plan directeur de Rivers District prévoit la revitalisation de six zones différentes pour en faire un quartier branché.

Photo : CMLC

Selon le plan directeur, environ 8000 résidents pourraient s’installer dans la zone rénovée et près de 400 mètres carrés de bâtiments résidentiels et commerciaux seraient construits.

La réalisation de tous ces projets aurait aussi apporté 4500 emplois temporaires en construction et plus de 1500 autres positions permanentes par la suite, selon un rapport d’Ernst and Young. Les retombées économiques auraient atteint 1,7 milliard de dollars.

M. Low ne croit cependant pas que la fin de l’entente entre la Ville et le groupe des Flames signe la mort des autres projets. Nous avons perdu un pied de la chaise, et le résultat va être un peu bancal, mais je pense qu’il reste assez pour être correct, résume-t-il.

Un casse-tête financier

Le conseiller municipal André Chabot n’en est pas aussi sûr parce que la revitalisation de la zone Rivers District s’accompagne d’une formule financière complexe.

Depuis 2008, les impôts fonciers de cette zone sont mis de côté pour financer le développement des infrastructures du quartier. La province a autorisé ce montage financier jusqu’en 2047 en se basant sur l'hypothèse que la revitalisation amènera à une hausse future des impôts et, donc, de ses revenus.

Une image du futur centre BMO pendant le Stampede de Calgary.

Le financement de la rénovation du centre BMO est lié aux projets de construction comme le centre événementiel.

Photo : Calgary Stampede

Selon M. Chabot, cette taxe de revitalisation urbaine a déjà été réservée pour payer de nombreux projets en développement comme l’agrandissement de centre de conférences BMO de 500 millions de dollars, la rénovation du centre culturel Arts Common, une partie de la ligne verte de train léger et même le plan de revitalisation du centre-ville déserté. 

Sans ce projet-là [de centre événementiel], les formules financières pour les autres projets seront difficiles à gérer, voire impossibles, croit M. Chabot. Si le centre événementiel n’est pas là, le reste du développement ne va pas avancer aussi vite que prévu. Le total des impôts collectés ne sera pas suffisant.

« Cela représente beaucoup de pièces qui vont ensemble et s’il manque une pièce, le reste tombe. »

— Une citation de  André Chabot, conseiller municipal

La Ville avait estimé que l’aréna apporterait jusqu’à 160 millions de dollars d’impôts fonciers supplémentaires.

Des retombées exagérées?

Le professeur d’économie de l’Université Concordia Moshe Lander pense toutefois que les partisans d’un nouvel aréna surestiment l’importance de ce projet pour Calgary.

Selon lui, la plupart des études économiques ont montré qu’un complexe sportif ne génère pas de retombées économiques, mais les déplace. Si le quartier Rivers District est rénové, le centre commercial Chinook Centre va peut-être se vider. Quand on fait la somme de tout cela, on s'aperçoit qu'on a créé peu de nouvelles activités économiques, souligne-t-il.

Il ajoute que Calgary n’a pas besoin d’un nouvel aréna pour améliorer sa réputation sur le plan international. L’Economist Intelligence Unit a placé Calgary en quatrième position des villes les plus agréables où vivre dans le monde pendant plusieurs années [...] et cela n’a rien à voir avec les Flames, affirme-t-il.

Quelle suite?

Selon Moshe Lander, la fin de l’entente est le moment propice pour relancer la discussion sur la nécessité d’une contribution municipale à un nouvel aréna.

David Low croit, lui aussi, qu’une pause peut être bienvenue pour recentrer la vision du projet de quartier culturel et récréatif en dehors du remplacement du Saddledome.

Pour sa part, le conseiller municipal André Chabot pense que la Ville doit à nouveau tendre la main au groupe propriétaire des Flames, Calgary sports and Entertainment Corporation (CSEC), pour relancer des négociations plus sereines.

La mairesse de Calgary, Jyoti Gondek, a déjà indiqué qu’elle souhaitait poursuivre les discussions, sans toutefois préciser si la CSEC sera aussi à la table des négociations.

Le conseil municipal doit se pencher sur l’avenir du projet mardi.

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