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Nickel : les citoyens de Limoilou en respireraient sept fois plus qu’ailleurs

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Le port de Québec

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

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Au moment où le gouvernement du Québec s'apprête à augmenter considérablement la quantité de nickel permise dans l'air, des citoyens du quartier Limoilou affirment qu'ils en respirent déjà sept fois plus que dans les autres villes canadiennes.

Les Limoulois respirent ainsi annuellement près de 12 ng/m3 de nickel, alors que ce taux se situe à près de 2,6 pour Halifax ou Montréal (à proximité de l’échangeur Anjou), 2,3 pour Vancouver, ou encore 1,1 pour Calgary, avance la Table citoyenne Littoral Est. C’est environ sept fois plus à Québec qu'ailleurs au pays, déplore l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec.

Les chiffres présentés par l'organisme proviennent de données colligées dans le cadre du Programme du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique (2010-2019) et compilées par l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec.

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Québec trône au sommet des villes canadiennes pour la quantité de nickel dans l'air.

Photo : Crédit : Initiative Table citoyenne Littoral Est

Pour nous, c’est de la science-fiction , déplore Véronique Lalande, porte-parole de l'organisme. Il n’y pas de raison que, dans un seul point au Canada, on ait des taux si élevés. C’est impensable que, dans un contexte comme ça, on soit en train d’augmenter la norme plutôt que de diminuer l’impact de ces polluants-là, croit la porte-parole.

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Véronique Lalande, porte-parole de l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec

Photo : Radio-Canada

En décembre, le gouvernement du Québec a adopté un règlement visant à augmenter de cinq fois la limite quotidienne d'émissions de particules de nickel dans l'air ambiant.

Il fera passer la norme quotidienne d'émissions de particules de nickel, une substance cancérigène, de 14 nanogrammes par mètre cube (ng/m3) à un plafond de 70 ng/m3. Les émetteurs devront cependant respecter une moyenne annuelle de 20 ng/m3 afin de protéger la population contre les effets potentiels à long terme de l'exposition au nickel.

Le port de Québec visé

Les dépassements de la norme journalière en vigueur depuis 2013 ont été fréquents, selon les données obtenues à la station Québec-Vieux-Limoilou entre 1993 et 2019, constate la Table citoyenne Littoral Est.

Selon Valérie Lalande, le port de Québec est en cause. Il n’y a rien d’autre qui peut expliquer cette situation. C’est une problématique locale liée à la manutention de minerais dans le port, croit-elle.

« On n’a pas de fonderie, pas d’industrie particulière. Le seul qui est dans l’angle des vents et qui peut justifier ces taux-là […], selon nous, et le ministère qui l’a bien dit en 2013, [ce sont] des opérations du port. »

— Une citation de  Véronique Lalande porte-parole de l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec

Des stations ailleurs au Canada sont situées tout près d’autoroutes. À ces endroits, le taux de nickel enregistré était tout de même plus bas qu'à Limoilou, déplore-t-elle.

Consultation

Radio-Canada a appris que cette nouvelle réglementation a été mise de l'avant pour des raisons économiques.

Dans des documents officiels cités par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, le gouvernement mentionne que la modification réglementaire serait réalisée par souci de cohérence avec les autres juridictions et afin de limiter la possibilité de nuire à la compétitivité entre les industries.

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En permettant l'émission de plus grandes quantités de particules dans l'air ambiant, le gouvernement veut également demeurer « attractif » aux yeux de l'industrie et profiter de la manne anticipée que représente le secteur des véhicules électriques.

Photo : iStock

Une consultation publique sera lancée sur ce règlement, et les personnes intéressées auront 60 jours pour transmettre leurs commentaires à son sujet.

Il est encore le temps de déposer des mémoires, indique Jackie Smith, conseillère du district de Limoilou et cheffe de Transition Québec.

« On sait depuis très longtemps qu'il y a des dépassements de nickel. Ça dépasse tellement les moyennes dans les grandes villes, mais surtout ma ville natale d'Hamilton, qui est une ville d'industries. Ce n'est juste pas normal. »

— Une citation de  Jackie Smith, conseillère du district de Limoilou et cheffe de Transition Québec
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Jackie Smith, cheffe de Transition Québec

Photo : Radio-Canada

Elle souhaite que les citoyens continuent de mettre de la pression pour faire reculer le gouvernement. Elle demande au maire de Québec Bruno Marchand de se positionner sur la question. C'est une question de sécurité pour les citoyens.

La Ville de Québec n'avait pas retourné nos demandes d'informations au moment d'écrire ces lignes.

Avec la collaboration de David Rémillard

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