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Le SPVM souhaite réduire le nombre de postes de quartier à Montréal

Des consultations externes seront menées dans les prochains mois pour étudier la faisabilité du projet.

Le chef de police Sylvain Caron à une conférence de presse.

Le chef de police de Montréal, Sylvain Caron, pense avoir trouvé une solution pour réduire les frais d'exploitation de son service sans pour autant mettre en péril la sécurité des citoyens.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le chef de police Sylvain Caron présentera cette année à la Commission de la sécurité publique un plan visant à diminuer le nombre de postes de quartier disséminés sur l'île de Montréal depuis la fin des années 90.

Cette réforme – évoquée publiquement pour la première fois jeudi soir dans le cadre de l'étude publique du budget 2022 de la Ville de Montréal – permettrait de réduire les coûts d'opération de la police sans pour autant mettre en péril la sécurité des citoyens, a expliqué le principal intéressé en entrevue à Radio-Canada, vendredi.

Supprimer quelques-uns des 30 postes de quartier de l'île de Montréal permettrait de réduire le coût des immeubles et de réinvestir ces sommes dans la présence policière sur le terrain, selon le chef Caron.

Ce dernier est à la recherche de solutions pour limiter la hausse de budget du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui atteint 724 millions de dollars cette année, un record. La capacité de payer des citoyens a atteint sa limite, selon lui.

Les coûts de sécurité publique ont explosé depuis les 20 dernières années, alors il faut vraiment moderniser notre offre, retrouver une certaine flexibilité et assurer une certaine présence, l'idée n'étant pas de couper le service, mais d'assurer une présence soutenue dans les différents quartiers, soutient le directeur du Service de police de la Ville de Montréal.

« C'est rendu que le bâtiment est un gage de sécurité, en perception, alors que ça ne devrait pas être le bâtiment, [...] mais la présence de policiers et policières [qui devrait l'être]. »

— Une citation de  Sylvain Caron, chef de police de Montréal

Ce projet de réforme survient alors que les fusillades se multiplient depuis quelques années à Montréal – raison de plus, croit le chef Caron, pour changer les façons de faire de la police.

Les plateformes numériques qui n'existaient pas il y a 25 ans sont maintenant très présentes, alors il y a peut-être des moyens de conjuguer présence policière physique et présence policière sur les réseaux pour permettre l'accessibilité du service de police en tout temps à l'ensemble des citoyens, suggère le chef Caron.

Pas de décision avant l'automne

Réduire le nombre de postes de quartier à Montréal, le Service de police de la Ville de Montréal y réfléchit depuis quelques mois, pour ne pas dire quelques années, admet son directeur.

Des consultations externes seront menées dans les prochains mois pour étudier la faisabilité du projet auprès des organismes, des arrondissements et des municipalités de l'île de Montréal qui profitent du service de police.

Un plan sera présenté par la suite à la Commission sur la sécurité publique, à l'été ou au début de l'automne, affirme le chef Caron.

Ce dernier se refuse toutefois à chiffrer le nombre de postes de quartier qui seront maintenus au terme de l'exercice. Est-ce que ce sera 25? 20? 18? Je n'en ai aucune idée, admet-il.

Une bonne idée, croit le syndicat

À l'Hôtel de Ville, l'administration Plante se dit prête à évaluer attentivement la proposition avant de prendre position. L'opposition officielle, toutefois, se dit surprise d'apprendre que le Service de police de la Ville de Montréal réfléchit depuis des mois à cette idée, qui n'a pas fait de bruit en campagne électorale.

Ou bien l'administration nous cachait quelque chose, elle savait que quelque chose se préparait, ou bien c'est une administration incompétente, encore une fois, qui a manqué de leadership à cet égard, estime son porte-parole en matière de sécurité, Abdelhaq Sari.

La Fraternité des policiers et policières de Montréal, elle, est d'accord pour réduire le nombre de postes de quartier.

La presque-totalité de nos postes de quartier sont fermés le soir, la nuit et la fin de semaine, donc tout ce que vous avez dans votre arrondissement, dans votre quartier, c'est un poste de police vide, fait remarquer le président du syndicat, Yves Francoeur.

« Présentement, les politiciens sont à la croisée des chemins, c'est-à-dire que [soit] ça prend un investissement massif en matière de personnel pour maintenir le modèle, [soit il faut] diminuer le nombre de postes [de quartier]. [Et nous], on est favorables à une diminution du nombre de postes. »

— Une citation de  Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal

Dans tous les cas, le projet du Service de police de la Ville de Montréal de réduire le nombre de postes de quartier dans la métropole ne risque pas de passer inaperçu.

La fermeture à l'automne 2020 du poste de quartier numéro 11, à Notre-Dame-de-Grâce, et sa fusion avec le poste numéro 9, à Côte-Saint-Luc, avait provoqué de la grogne dans certains milieux. L'ex-mairesse d'arrondissement Sue Montgomery avait notamment dénoncé la décision, sans succès.

Le Forum contre la violence armée reporté

Par ailleurs, le Service de police de la Ville de Montréal a annoncé vendredi le report à une date indéterminée du Forum contre la violence armée, annoncé en grande pompe le 29 novembre dernier, en raison de la montée fulgurante des cas liés à l’apparition du variant Omicron du coronavirus et du resserrement actuel des mesures sanitaires.

L'événement devait se tenir les 26 et 27 janvier prochains. Il sera remis à l'agenda dès que la situation pandémique va nous permettre de réunir des gens dans une salle, a promis le chef Caron, vendredi.

Avec les informations de Benoît Chapdelaine

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