•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Arrestations musclées à Québec : trois policiers suspendus sont réintégrés

Deux agents tentent d'immobiliser un jeune homme au sol, devant un véhicule de police.

Les interventions musclées du SPVQ, dont celle sur la Grande Allée dans la nuit du 26 au 27 novembre 2021, avaient entraîné la suspension de cinq policiers.

Photo : Instagram

Trois des cinq agents du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) suspendus après la diffusion de vidéos d’arrestations controversées sont de retour au travail. Radio-Canada a appris qu’ils ont réintégré leurs fonctions juste avant Noël.

Les trois policiers réintégrés sont des membres de l’Unité du groupe de relation et d'intervention policière auprès de la population (GRIPP), qui est notamment chargée de la surveillance des bars à Québec.

Selon des sources policières, les trois agents sont intervenus dans l’arrestation musclée survenue sur la Grande Allée, dans la nuit du 26 au 27 novembre dernier, à la sortie du bar Le Dagobert.

Cet événement avait soulevé beaucoup de questions en raison de la force employée pour maîtriser le jeune Pacifique Niyokwizera, entre autres.

Portrait du jeune homme, qui a l'oeil gauche enflé et rouge. Il y a également une petite entaille sous celui-ci.

Pacifique Niyokwizera, 18 ans, s'était notamment fait projeter de la neige au visage par un policier lors de son arrestation.

Photo : Gracieuseté

Or, l’enquête interne menée par le SPVQ au sujet du comportement de ses agents aurait permis de déterminer qu’aucun des trois policiers n’aurait posé de geste répréhensible au point de les garder au repos forcé.

Ils ont donc pu réintégrer leurs fonctions le 20 décembre, c’est-à-dire environ trois semaines après leur suspension avec solde.

Réintégration discrète

Contrairement à la suspension des agents, qui avait été annoncée rapidement à la population le 30 novembre, leur réintégration s’est faite sans tambour ni trompette.

Aucun communiqué n’a été publié à cet effet. Le SPVQ a décliné la demande d'entrevue de Radio-Canada.

Par courriel, le porte-parole David Pelletier indique que la décision de les ramener au travail a été prise à la suite de l’évaluation de leur rôle dans les interventions faisant l’objet d’une enquête évolutive, qui n'est cependant pas terminée.

« Nous précisons toutefois que l’enquête disciplinaire suit toujours son cours pour déterminer si une ou des fautes professionnelles ont été commises. »

— Une citation de  David Pelletier, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec

Ni la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec ni l'avocat du jeune Pacifique Niyokwizera, Me Fernando Belton, n'ont souhaité commenter ces développements.

Deux agents toujours suspendus

Rappelons que deux autres policiers demeurent suspendus avec solde, toujours en lien avec les vidéos controversées diffusées sur les réseaux sociaux à la fin de l’année 2021.

L’un d’eux pourrait même avoir commis des gestes criminels lors de deux arrestations distinctes. Le premier événement remonte au 17 octobre dernier au District Saint-Joseph, un bar de la Basse-Ville de Québec.

Ce soir-là, le policier aurait violemment projeté un client contre un mur à l’intérieur du bar. Le client, un père de famille dans la trentaine, aurait subi une commotion cérébrale lors de son arrestation.

Le deuxième événement concerne une intervention survenue le 20 novembre dernier, sur la Grande Allée. Dans une vidéo, on voit le policier dire à un jeune homme : Veux-tu que je te gaze, mon ostie? avant de le projeter contre une autopatrouille.

Le Commissaire à la déontologie policière et le Bureau des enquêtes indépendantes tentent toujours de faire la lumière sur ces interventions musclées du GRIPP qui ont fait les manchettes à la fin de l’année dernière.

Le porte-parole du SPVQ, David Pelletier, précise qu'il faudra attendre les conclusions du Commissaire à la déontologie policière avant d’appliquer, s’il y a lieu, des sanctions disciplinaires.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !