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Haïti : deux journalistes assassinés par un gang

Des policiers armés de mitraillettes sont assis à l'arrière d'un camion.

Haïti connaît une vive tension sécuritaire qui exacerbe la crise politique née de l'assassinat du président Jovenel Moïse.

Photo : Reuters / Ricardo Arduengo

Agence France-Presse

Deux journalistes haïtiens ont été assassinés jeudi par un gang qui sévit dans une zone en périphérie de la capitale d'Haïti, Port-au-Prince, a indiqué une station de radio qui employait l'une des deux victimes.

Wilguens Louissaint et Amady John Wesley ont été tués lors d'une fusillade, a précisé à l'AFP l'employeur du second, Radio Écoute FM.

Un troisième journaliste qui les accompagnait a pu s'enfuir, selon la même source.

Ces assassinats surviennent alors qu'Haïti est, depuis des mois, sous la coupe réglée de gangs dont l'emprise s'est largement étendue au-delà des quartiers défavorisés de Port-au-Prince.

La zone de Laboule 12, où les trois journalistes s'étaient rendus pour un reportage jeudi, fait l'objet d'intenses combats entre plusieurs bandes armées qui veulent s'en assurer le contrôle.

Le chemin qui la traverse est l'unique voie alternative pour rejoindre la moitié sud du pays, faute de pouvoir emprunter la route nationale totalement contrôlée, depuis juin, par l'un des plus puissants gangs d'Haïti.

La crise politique dans ce pays pauvre des Caraïbes, encore aggravée par l'assassinat du président Jovenel Moïse il y a six mois, n'a fait que détériorer la situation sécuritaire.

Au moins 950 enlèvements ont été recensés en Haïti en 2021, selon le Centre d'analyse et de recherche en droits de la personne, organisation basée à Port-au-Prince.

Sous-équipée face à des groupes criminels disposant d'un arsenal de guerre, la police haïtienne n'a pas organisé d'opérations d'ampleur contre les gangs depuis mars 2021.

Le 12 mars dernier, les forces de l'ordre avaient tenté d'intervenir dans un quartier de la capitale connu pour être utilisé par un gang comme lieu de séquestration de personnes enlevées.

Quatre policiers avaient alors été tués; leurs corps et du matériel n'avaient jamais pu être récupérés.

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