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La Ville de Winnipeg lance une consultation sur le financement de la police

Le quartier général de la police de Winnipeg.

Le sondage est disponible sur le site de la ville jusqu'au 2 février.

Photo : Radio-Canada

La ville de Winnipeg fait appel aux citoyens pour obtenir leurs avis sur le futur modèle de financement de son service de police. Cinq propositions sont listées sur le site internet de la Ville. (Nouvelle fenêtre)

Selon la Ville de Winnipeg, l'objectif est de choisir un modèle prévisible et durable qui s'adapte à la demande accrue de services financés par l'impôt.

Les choix offerts au public

  • Le premier choix est celui du statu quo, aucun changement ne serait fait au modèle actuel. Le groupe de travail sur le budget de la ville décide du financement à accorder.
  • La seconde proposition serait une augmentation du budget en fonction de l’inflation. Les impôts fonciers, eux, n’augmenteraient pas. Le conseil municipal aurait la responsabilité de trouver une façon de couvrir les coûts additionnels.
  • Dans le troisième modèle, la rémunération et les avantages sociaux seraient augmentés conformément aux ententes. Le reste du budget, comme dans la proposition précédente, serait revalorisé en fonction de l'inflation. Le conseil municipal aurait une nouvelle fois la responsabilité de trouver ces fonds sans augmenter les impôts fonciers.
  • udgetLa quatrième proposition reprend les augmentations budgétaires de la proposition précédente. Cette fois en revanche, pour financer ces augmentations, la ville prévoit un prélèvement supplémentaire auprès des contribuables. C'est-à-dire une augmentation des impôts fonciers.
  • Enfin, la cinquième solution propose d’allouer un financement supplémentaire du budget de la police avec une part fixe des impôts fonciers. Cette décision serait toutefois indépendante du taux d'inflation et des ententes sur les salaires.

Cette dernière proposition aurait dans les faits pour conséquence de réduire le budget de la police, quand trois autres solutions l'augmentent. Selon la professeure adjointe de justice criminelle à l’Université de Winnipeg, Bronwyn Dobchuk-Land, cela va à l’encontre de la volonté de plusieurs citoyens, dont elle fait partie, qui demandent de réduire le financement de la police pour investir plus dans les services communautaires.

À un certain moment dans le processus de création d’un système de financement durable et prévisible, on a cru qu’il allait répondre à cette demande, mais en réalité [le conseil municipal] fait l’opposé, explique MmeDobchuk-Land.

Un financement stable pour d'autres services

Des services publics comme les bibliothèques, piscines, le déneigement, ou le transport n’ont pas de financement stable et prévisible, se désole la professeure adjointe. On sait à quel point les dépenses de la police sont un gâchis de l’argent des contribuables alors pourquoi on ne finance pas ce qui leur est vraiment utile ?

Bronwyn Dobchuk-Land estime que la seule solution proposée acceptable est celle qui propose de conserver le système actuel.

« Chaque année le budget est décidé par les conseillers municipaux, le problème est qu’ils n’ont pas le courage de s’opposer à la police, déclare Bronwyn Dobchuk-Land. Mais ils doivent réellement prendre en considération les commentaires du public et réduire considérablement le budget de la police »

— Une citation de  Bronwyn Dobchuk-Land, professeure adjointe de justice criminelle à l’Université de Winnipeg

Selon Mme Dobchuk-Land, que certains modèles de financement retireraient cette question du débat public.

La professeure adjointe estime que la marge de manœuvre dans la gestion du budget est limitée, puisque plus de 80 % de celui-ci finance les salaires et avantages sociaux qui font l’objet d’une négociation collective.

Pour elle, la solution serait donc la suppression de certains postes.

Un budget insuffisant

La suppression de postes est une mauvaise idée pour le président de l’Association de la police de Winnipeg Maurice Sabourin. Les crimes violents ont augmenté de façon significative, tout comme les crimes contre les biens, donc réduire le personnel ne fait aucun sens, dit-il.

M. Sabourin affirme que le service a vu une augmentation de plus de 45 % du nombre d’appels au cours des dernières années.

« On sait qu’il y a des gens qui voudraient réduire le budget de la police et rediriger les fonds vers d’autres services, partage le président. Mais le budget actuel n’est pas adéquat pour fournir les services qu'on offre. »

— Une citation de  Maurice Sabourin, président de l’Association de la police de Winnipeg

De plus, selon lui, la ville a d’ores et déjà réduit le financement du service de police. Il explique que l’augmentation qui leur est accordée dans les derniers budgets ne suffit pas pour couvrir l’augmentation des salaires votée dans la convention collective.

Le service de police a dû réduire le budget dans plusieurs pôles, ce qui va à terme causer du tort aux Winnipegois, garantit Maurice Sabourin. Ce que fait la ville c’est vendre le futur du service de police.

Les votes sont recueillis jusqu'au 2 février, et seront pris en compte par le conseil en mars 2022.

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