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Accouchements, cancers... Voici ce qui change avec le niveau 4 du délestage

De nombreux établissements de santé du Québec sont passés ou passeront bientôt au niveau d'alerte maximal.

Une infirmière se penche sur un patient de la COVID-19 à l'hôpital.

L'objectif du délestage est à la fois de libérer des lits pour accueillir des malades de la COVID-19 et de libérer des gens parmi les soignants.

Photo : Getty Images / Mario Tama

Jusqu'à 80 % des opérations chirurgicales pourront être reportées en conservant les urgences, révèle une directive du gouvernement du Québec envoyée jeudi aux établissements de santé et dont Radio-Canada a obtenu copie. Déjà trois régions sont passées au niveau le plus élevé du délestage et d'autres suivront la semaine prochaine, prévient le ministère de la Santé.

Les établissements de santé de l'Estrie, de la Montérégie-Est et de la Mauricie-Centre-du-Québec ont obtenu le feu vert du gouvernement pour passer au palier 4 du délestage, puisque la réduction de 50 % des chirurgies (palier 3) n'a pas été suffisante pour juguler l'afflux massif de malades de la COVID-19 dans leurs hôpitaux.

Pour libérer davantage de lits, et surtout du personnel soignant, d'autres régions passeront au niveau 4 dans les prochains jours, a annoncé, jeudi, la sous-ministre adjointe Lucie Opatrny. Les premières à basculer seront Lanaudière, Laurentides, Montérégie-Centre et Montérégie-Ouest. Les autres Centre intégré de santé et de services sociaux et Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux suivront.

La Dre Lucie Opatrny en conférence de presse.

La Dre Lucie Opatrny est sous-ministre adjointe à la Direction générale des affaires universitaires, médicales, infirmières et pharmaceutiques du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Mais que signifie concrètement le niveau 4 de délestage? Outre le report du plus possible de chirurgies non urgentes, le plan de Québec prévoit des changements dans presque tous les domaines des soins pour libérer de la capacité hospitalière, et c'est bien sûr la clientèle qui en subira les conséquences.

Des salles d'urgence fermeront leurs portes

Le niveau 4 permet la fermeture de petites, moyennes et grandes salles d'urgence, lorsqu'une autre urgence est à proximité pour réorienter la clientèle.

Si vous vous présentez à l'urgence pour un cas peu grave (priorités 4 et 5), comme la moitié des visites en temps normal, vous pourriez être réorienté vers une clinique.

Autre changement visible à l'urgence : les ambulanciers pourront être amenés à prêter main-forte à leur arrivée à l'hôpital avec un patient qu'ils continuent de suivre, en appui aux infirmières. Le gouvernement avait rendu cette façon de faire possible en octobre.

Changement de région à prévoir pour des femmes enceintes et des bébés

Les accouchements seront concentrés en centres hospitaliers et les sages-femmes rejoindront les équipes d'obstétrique. Les maisons de naissance seront mises à contribution pour effectuer des accouchements à bas risque qui auraient dû se faire en milieu hospitalier.

Le plan prévoit que des suivis de grossesses soient relocalisés de petites structures vers de plus grosses, en fonction des volumes d'activités et des particularités géographiques. Un hébergement sera offert aux parents qui doivent se déplacer sur une longue distance.

Une fois le bébé venu au monde, en néonatalogie, le plan prévoit l'orientation de la clientèle en fonction du niveau de soins et non en fonction de la région d'appartenance.

En pédiatrie, les activités seront concentrées vers un service régional, mais les soins intensifs pédiatriques ne seront pas touchés.

Moins de suivis de cancers

En cancérologie, les personnes présentant un état semi-urgent pour qui le traitement en milieu hospitalier n’est pas nécessaire pourraient voir leur rendez-vous être reporté.

Pour les cas d'accident vasculaire cérébral, d'infarctus et en traumatologie, les activités seront concentrées sur certains centres afin de favoriser la convergence des ressources. La radiologie sera réservée aux patients sur civière.

La fréquence des traitements d'hémodialyse sera réévaluée selon l'avis médical, sans report de rendez-vous, et en endoscopie, les délais seront revus et des reports de rendez-vous auront lieu.

En ce qui concerne l'hémodynamie et l'électrophysiologie, tout ce qui est non urgent sera réduit au minimum.

Une incidence sur la fin de vie

Pour les patients en fin de vie, on n'optera plus pour l'hospitalisation à domicile. Le transfert en maison de soins palliatifs sera privilégié. L'aide médicale à mourir demeurera utilisée.

Délestage en santé mentale

Le ministère de la Santé et des Services sociaux est très prudent en ce qui concerne la santé mentale et souhaite maintenir le plus de services aux adultes et aux jeunes, considérant les besoins augmentant de la population. Toutefois, la santé mentale n'échappera pas complètement au délestage de niveau 4.

Par exemple, les évaluations non urgentes seront reportées au profit des évaluations urgentes uniquement.

Le gouvernement donnera aussi la priorité à l’utilisation d’achats de services de psychothérapie au privé.

En ce qui concerne les services sociaux, il n'y aura plus de consultation sociale ou psychologique, sauf dans les situations exceptionnelles. Les personnes seront redirigées vers la ligne Info-Social 811.

Le niveau 4 du délestage sera insuffisant

Tous ces reports, concentrations et déplacements ne permettront même pas de dégager toutes les ressources nécessaires dans le système de santé québécois pour faire face à cette cinquième vague. C'est la sous-ministre adjointe Lucie Opatrny qui l'a avoué jeudi.

Le niveau de délestage 4 ne sera pas suffisant pour aller chercher la capacité hospitalière dont on aura besoin pour traiter tous les patients qu'on va avoir dans les prochaines semaines, a-t-elle révélé.

Près de 2000 Québécois sont hospitalisés en ce moment avec la COVID-19, et ce nombre pourrait passer à 3000 d'ici deux semaines, selon les plus récentes projections. Dans le même temps, 20 000 travailleurs de la santé sont absents.

Avec la collaboration de Daniel Boily

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