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Le Québec face à une imminente « avalanche de nouvelles hospitalisations »

Près de 2000 Québécois sont hospitalisés en ce moment, et ce nombre pourrait passer à 3000 d'ici deux semaines, selon les plus récentes projections.

Des ambulanciers arrivent avec un patient aux urgences d'un hôpital.

Un patient arrive à l’urgence de l’hôpital Notre-Dame à Montréal (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le Québec sera confronté à une « avalanche de nouvelles hospitalisations dans les prochains jours », alors qu'environ 20 000 travailleurs de la santé manquent actuellement à l'appel en raison de la COVID-19. Tel est le sombre bilan de la situation que le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dressé jeudi matin.

La vague Omicron est vraiment comme un raz-de-marée qui est en train de déferler sur tous les pays occidentaux [...] et le Québec n'y échappe pas, a-t-il déclaré, peu après que l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) eut annoncé que le nombre d'hospitalisations pourrait grimper à 3000 d'ici deux semaines, dont 400 aux soins intensifs.

Face à cette déferlante, Québec cherche à faire passer la capacité hospitalière de la province à 2500 patients dans les deux prochaines semaines, a dit M. Dubé, et 1000 de plus par la suite. Des discussions avec les syndicats sont en cours pour avoir du personnel supplémentaire, a-t-il indiqué, en reconnaissant qu'après 22 mois de pandémie, tout le monde est épuisé dans le réseau, avec raison.

« On voit non seulement une augmentation du nombre de malades dans nos hôpitaux, mais on voit qu’on perd encore plus de personnel tous les jours. Donc, c'est la pire combinaison qu’on ne peut pas avoir. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Selon le dernier bilan du ministère de la Santé, 1953 patients qui ont la COVID-19 sont actuellement hospitalisés au Québec, contre 1750 la veille, et 207 d'entre eux se trouvent aux soins intensifs. Mais la situation n'est pas sur le point de s'améliorer, a admis M. Dubé. Non seulement on voit une augmentation [du nombre d'infections], mais on n’a pas vu encore de plateau, a-t-il dit.

Les voyants étant au rouge, des hôpitaux de la province, dont ceux de l'Estrie, ont déjà enclenché le niveau d’alerte maximal et sont passés au palier 4 du délestage. Autrement dit, ces établissements reportent de plus en plus de chirurgies pour libérer du personnel et le réaffecter aux soins des patients qui ont la COVID-19.

Avec les jours qui s’en viennent, il y en a de plus en plus qui vont aller vers un niveau de délestage 4, a prévenu la sous-ministre adjointe à la santé, la Dre Lucie Opatrny, qui accompagnait M. Dubé en conférence de presse. Mais un niveau de délestage 4 ne sera pas assez pour aller chercher la capacité hospitalière [dont on aura] besoin pour traiter tous les patients qu'on va avoir dans les semaines qui suivent.

« La situation dans les prochaines semaines va être critique. Rappelez-vous, [lors de] la première vague, il manquait 12 000 personnes et le système de santé n’était pas dans l’état qu’il est aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est 20 000 personnes qui manquent. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Selon le ministre Dubé, environ 40 % des personnes hospitalisées avec la COVID-19 ne le sont pas vraiment en raison de symptômes de cette maladie. Il a redonné l'exemple d'une femme qui se présenterait à l'hôpital pour accoucher, et qui, après un test de dépistage, s'avère être infectée. N'empêche, l'hospitalisation de ces patients nécessite tout de même des mesures de sécurité particulières, a-t-il admis.

Les projections de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux se basent sur des données colligées jusqu’au 3 janvier. L'Institut rappelle toutefois que le nombre réel de cas d'infections au Québec est sous-estimé étant donné le plafonnement des capacités de dépistage. Il est par ailleurs trop tôt pour mesurer l'impact des mesures sanitaires adoptées à la fin du mois de décembre.

« Les prévisions que vous voyez de l’INESS, elles sont inquiétantes, mais elles ne tiennent pas compte en ce moment des mesures qu’on a mises en place. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

On a une moins bonne visibilité de la situation épidémiologique, mais ça ne veut pas dire qu’on navigue à l’aveugle, a fait valoir Christian Dubé.

Selon lui, le nombre d'hospitalisations et d'admissions aux soins intensifs peut toujours servir de guide, et le taux de positivité demeure un bon indicateur de la gravité de la situation. À ce chapitre, on est aux alentours de 30 %, ce qui est du jamais-vu, a-t-il dit.

Québec va tout de même tenter d'avoir un meilleur portrait du nombre d'infections en mettant prochainement en ligne une plateforme d'autodéclaration destinée aux Québécois qui ont obtenu un résultat positif à un test de dépistage rapide, et dont les cas ne sont pas comptabilisés à l'heure actuelle. Ça va être en place, j'espère, la semaine prochaine. Nos gens travaillent là-dessus, a dit le ministre.

Évolution de la COVID-19

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