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COVID-19 : beaucoup plus de cas que ce que disent les bilans, selon le Dr Leduc

Un piéton masqué traverse une rue lors pendant une averse de neige.

Comme la propagation du variant Omicron est rapide et que l'accès aux tests de dépistage est limité, il est difficile d'avoir un portrait clair de la situation, affirment les autorités de santé publique (archives).

Photo : Radio-Canada / David Richard

Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Sylvain Leduc, estime qu'il y a beaucoup plus de personnes atteintes de la COVID-19 au Bas-Saint-Laurent et dans la province que ce que les bilans quotidiens laissent paraître.

Depuis le temps des Fêtes, les centres de dépistage ont connu une forte affluence et le système de prise de rendez-vous en ligne a connu des ratés, si bien que de nombreuses personnes qui souhaitaient subir un test n'ont pas pu le faire.

« Quand on a une moyenne de 350 cas par jour dans le Bas-Saint-Laurent, ça veut dire qu'il y a probablement de 500 à 600 personnes qui sont malades de la COVID chaque jour. »

— Une citation de  Sylvain Leduc, directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent

Qui plus est, les tests distribués en pharmacie se sont faits rares jusqu'à maintenant : peu de personnes y ont eu accès.

[Le nombre de nouveaux cas] au Québec, c'est sans doute le double ou le triple de ce qui est observé dans les chiffres publiés, estime le Dr Leduc. Ça montre l'ampleur de la vague, dit-il.

Puisque les tests PCR réalisés dans les centres de dépistage sont maintenant réservés aux personnes vulnérables ou qui travaillent dans des milieux à risque, les données quotidiennes sur l'évolution du nombre de cas seront de moins en moins probantes, a d'ailleurs indiqué mercredi le Groupe de travail sur l'immunité face à la COVID-19 du gouvernement fédéral.

Il va falloir utiliser d'autres indicateurs. Évidemment que le nombre d'hospitalisations en est un, mais il arrive un peu tard, déplore Sylvain Leduc.

Au Bas-Saint-Laurent, un nombre record de personnes atteintes de la COVID-19 admises à l'hôpital a récemment été atteint. Le même phénomène a été observé dans l'ensemble de la province. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a cependant précisé jeudi qu'environ 40 % des hospitalisations concernaient des patients qui s'étaient rendus à l'hôpital pour d'autres raisons que la COVID-19 et qui avaient subi un test de dépistage sur place.

Le Dr Leduc ajoute que ce fait ne change rien à la situation dans les hôpitaux puisque ces personnes doivent tout de même être soignées en prenant des précautions particulières. Quand on hospitalise ces gens-là, ils demandent des soins très importants pour éviter que cette contamination-là se répande à d'autres patients dans l'hôpital, indique-t-il.

Près d'un test sur trois est positif au Bas-Saint-Laurent

Afin de suivre l'évolution de la pandémie, le directeur de la santé publique régionale préfère donc se fier entre autres au taux de positivité des tests effectués au Bas-Saint-Laurent. Actuellement, près du tiers de ces tests sont positifs, ce qui est très élevé, souligne-t-il.

« En théorie, on considère qu'au-delà de 5 % [de tests positifs], c'est une propagation qui est intense. En ce moment, on est à 30 %. »

— Une citation de  Le Dr Sylvain Leduc

La propagation rapide du virus a provoqué de nombreuses éclosions. Le nombre d'éclosions est tellement élevé que je n'ai pas le décompte complet, explique le Dr Leduc. Il affirme toutefois que les éclosions dans des milieux de vie pour aînés sont suivies de près et sont maîtrisées pour l'instant, puisque la majorité des personnes qui y habitent ont déjà reçu leur troisième dose de vaccin.

Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, le Dr Sylvain Leduc.

Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, le Dr Sylvain Leduc (archives)

Photo : Radio-Canada

Là où la situation inquiète, dit-il, c'est dans les hôpitaux : On voit plus de gens qui rentrent malades pour être hospitalisés dans nos lits de jour en jour, et on voit de plus en plus d'employés du réseau de la santé qui sortent du réseau de la santé parce qu'ils sont malades. Si on maintient cette équation-là longtemps, ça va être difficile.

À ce jour, environ 20 000 employés du système de santé, dont 300 au Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, sont en arrêt de travail parce qu'ils ont contracté la COVID-19 ou parce qu'ils ont été en contact avec une personne infectée par la maladie. De nombreuses chirurgies seront d'ailleurs reportées au cours des prochaines semaines.

D'après une entrevue réalisée par Éric Gagnon à l'émission Info-réveil

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