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Patiente en isolement et nue à l’air climatisé : des infirmiers congédiés et radiés

Ils ont aussi tenu des propos inappropriés au sujet de leurs patients atteints de déficience intellectuelle.

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L'infirmier et l'infirmière ont aussi tenu des propos désobligeants au sujet des patients atteints de maladie mentale (archives).

Photo : iStock

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Une infirmière et un infirmier qui travaillaient à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) sont sous le coup d'une radiation de six mois pour le traitement qu'ils ont fait subir à une patiente.

Stéphanie Frigault-Thomassin et Mathieu Harvey ont été congédiés par l'IUSMQ mais peuvent continuer à exercer leur profession.

Le conseil de discipline de l'Ordre des infirmières vient cependant de confirmer la radiation de Stéphanie Frigault-Thomassin. Le conseil avait également radié Mathieu Harvey l'automne dernier.

Journée froide

Les deux jeunes professionnels ont reconnu ne pas avoir respecté la dignité et l'intégrité d'une patiente placée en isolement et nue alors que le climatiseur fonctionnait.

Le jour des faits, le 10 mars 2020, la température extérieure n'a pas dépassé le point de congélation à Québec.

Les deux infirmiers étaient alors en poste à l'unité G2200 de l'établissement, autrefois connu sous le nom de Centre hospitalier Robert-Giffard.

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Les faits sont survenus à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, autrefois connu sous le nom de Centre hospitalier Robert-Giffard.

Photo : Radio-Canada

L'unité compte 12 chambres et deux salles d'isolement. En raison d'un bris, il n'y avait plus de lit dans une des salles.

Selon les faits relatés dans la décision du conseil de discipline, la patiente atteinte d'une déficience intellectuelle cherchait à être isolée. Le personnel avait décidé de ne pas satisfaire ce besoin de contrôle.

Il y a pourtant eu deux mises en isolement, la première étant survenue avant le souper. La femme a été envoyée dans la salle de retrait. Comme elle avait mouillé sa culotte, elle a été déshabillée.

Elle a par la suite refusé une jaquette et l'équipe traitante a décidé de la laisser ainsi, nue, alors que la climatisation fonctionnait dans la salle.

Menaces de mort

Après 1 heure 15 d'isolement, on l'a fait sortir pour le souper, mais elle a refusé de manger.

Selon le dossier, la patiente a alors tenu des propos menaçants envers Mathieu Harvey, allant jusqu'à le menacer de mort.

Dans la soirée, la femme a voulu retourner en isolement, mais l'infirmier Harvey s'y est opposé en lui indiquant que l'isolement serait plutôt fait dans sa chambre.

C'est alors que la femme a frappé une autre patiente au visage. L'infirmier a emmené la femme récalcitrante dans sa chambre, plutôt que dans le local d'isolement, pour ne pas lui donner raison.

Elle a tenté de mordre l'infirmier, qui compte un peu plus de quatre ans d'expérience.

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L'Institut en santé mentale de Québec

Photo : Radio-Canada

Comme la porte de la chambre ne se verrouillait pas, l'équipe a été contrainte de transférer la femme, cette fois-ci dans la salle d'isolement qui ne comportait pas de lit, plus près de sa chambre.

Presque de la maltraitance

La cliente a alors été déshabillée une fois de plus et n'a pas eu droit à une jaquette. Alors que l'air climatisé fonctionnait, les lumières et les stores ont été fermés.

Une fois la porte fermée, l'infirmier a ajouté : Tant qu’à moi, je laisserais la fenêtre ouverte ou je la laisserais sur le balcon afin qu’elle ait moins le goût d’aller en salle d’isolement.

« Le fait de laisser une cliente en isolement alors qu'elle est totalement nue, exposée à l'air climatisé de surcroît, et qu'elle n'a ni pyjama ni couverture n'est pas un comportement admissible, frôlant par ailleurs la maltraitance. »

— Une citation de  Extrait de la décision du conseil de discipline de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec

Devant le conseil de discipline, l'infirmier et l'infirmière fautifs ont reconnu qu'ils auraient dû prendre un peu de recul face à une situation très tendue. Or, ils ne l'ont pas fait, ce qui a également conduit à une plainte pour des propos inappropriés.

Propos désobligeants

Lors de la deuxième période d'isolement, qui a duré 1 heure 10, Stéphanie Frigault-Thomassin a fait une tournée de vérification avant de s'exprimer ainsi à ses collègues : Pauvre 'tite, elle a frette, est en boule dans le coin.

L'infirmière, qui avait alors deux ans d'expérience, a plus tard ajouté : Câlisse qu'est folle en tabarnak!

L'infirmière et l'infirmier ont tous deux reconnu qu'il leur arrivait de tenir des propos irrespectueux envers les usagers dans un contexte de ventilation entre collègues du poste de l'unité G2200.

Par contre, ces paroles n'étaient pas prononcées devant les patients, ont-ils assuré.

« Les gestes de l’intimée ternissent l’image de la profession auprès du public, qui est en droit de s’attendre à un comportement irréprochable face à une clientèle ayant besoin d’aide et d’empathie. »

— Une citation de  Extrait de la décision du conseil de discipline concernant Stéphanie Frigault-Thomassin

Le conseil de discipline a accepté la suggestion des avocats, qui ont proposé d'imposer six mois de radiation pour l'isolement et quatre mois pour les propos inappropriés.

Les deux périodes de radiation seront purgées simultanément, ce qui permettra aux deux professionnels de la santé de reprendre leur fonction après six mois.

Avant d'être radiée, Stéphanie Frigault-Thomassin avait trouvé du travail dans une agence, où elle donnait des soins à domicile.

Mathieu Harvey, lui, avait décroché un poste dans un CHSLD, où il remplaçait même, au besoin, le chef d'unité.

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