•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vivre la fin de sa vie en temps de pandémie

Jean Beauchesne qui sourit, assis sur sa galerie de maison.

À la fin juin 2020, Jean Beauchesne a appris qu'il avait un cancer du côlon et des métastases au foie.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Des hôpitaux bondés, le délestage dans certains services, le couvre-feu et les autres mesures sanitaires réussissent à en décourager plusieurs. Mais, pour Jean Beauchesne, atteint d’un cancer incurable de stade IV, rien ne vient à bout de son moral. Il choisit d’envisager la fin de son parcours avec le même positivisme qu’il cultive depuis un an et demi, à l’annonce de sa maladie.

Comme tout le monde, le Trifluvien Jean Beauchesne aura pu célébrer l’arrivée de 2022 avec sa bulle familiale, sa conjointe et ses enfants. Sans plus. Il n’a pas envoyé d’invitations à ses parents ni à son frère ou sa belle-famille. Le virus est tellement contagieux présentement que je ne peux pas me permettre de prendre le risque. Avec un système immunitaire à zéro, ça pourrait vraiment signifier jusqu’à ma mort, mentionne le professionnel du monde des communications, en entrevue à l’émission En direct.

Pour Jean Beauchesne, c’est tout de même une année de plus au compteur, une année 2022 qu’il ne devait pas voir selon le pronostic que le médecin lui avait donné. Moi, au début d’août 2020, à la suite de certaines complications, on me donnait de quatre à six semaines à vivre.

Bien qu’il trouve difficile de ne pas pouvoir être accompagné par un membre de sa famille jusqu’aux portes du service d’oncologie à l’hôpital où il subit ses traitements de chimiothérapie, il tente de vivre la pandémie avec un grain de sel. Si je regarde ça de façon égoïste, je dirais que le seul côté positif, c’est que j’ai l’impression de ne pas être le seul à manquer des choses!, déclare-t-il à la blague. Il répète à ses amis : La pandémie attend que je feele mieux avant de s’en aller.

Jean Beauchesne et sa famille sur le balcon de la maison.

Jean Beauchesne entouré de sa conjointe et de leurs deux enfants (archives).

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Avec le changement d’année viennent les résolutions que l’on prend et les voeux que l’on formule aux êtres chers. Lorsqu’on lui demande ce qu’on lui souhaite pour la nouvelle année, il répond réalistement : Pas tant de choses que ça. De continuer de faire avec. Et, c’est probablement ce que je vous souhaite également, autant au niveau de la pandémie que du reste.

« C’est de vivre à plein et de profiter de ces épisodes de vie, comme celle que je vis, pour se rendre compte à quel point on est gâté d’être en santé. »

— Une citation de  Jean Beauchesne, Trifluvien atteint d’un cancer incurable

Il tire une certaine motivation du fait qu’il a réussi à faire mentir les pronostics. Il croit que les nombreux messages d’encouragement qui lui ont été acheminés depuis l’annonce de sa maladie l’ont aidé à étirer son espérance de vie et à lui offrir davantage de temps en famille.

À l’été 2020, j’ai passé près de trois mois à l’hôpital. Je recevais, pour vrai, des messages aux 15 minutes. [...] Ça a fait une réelle différence pour moi. Ce n’était pas des mots vides. Je sentais un positivisme qui venait me rejoindre et qui m’a aidé à sortir de là, ajoute Jean Beauchesne.

En 2022, il n’espère pas de miracle. Il ne vit pas dans le déni. Il souhaite simplement que son cancer dorme encore pour un bon moment.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !