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Hôpital général de Hawkesbury : la fermeture de l’urgence est envisagée la nuit

La devanture de l'hôpital.

L’Hôpital général de Hawkesbury pourrait fermer temporairement son urgence la nuit.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

En raison du nombre croissant d’employés forcés de s’absenter du travail, une situation attribuable notamment à la propagation fulgurante du variant Omicron, l’Hôpital général de Hawkesbury (HGH) jongle avec l’idée de fermer temporairement son urgence la nuit.

C’est ce qui ressort d’une note de service envoyée aux employés vendredi dernier, la veille du jour de l’An, dans laquelle on décrit une situation plus grave qu’elle ne l’a jamais été au cours de la pandémie.

Si la fermeture de l’urgence devait survenir, cela constituerait une première dans toute l’histoire de cet établissement hospitalier plus que centenaire.

Rappelons que ce scénario est envisagé alors que l’Hôpital général de Hawkesbury a déjà été forcé de réduire certains services à cause d’une grave pénurie de personnel clinique en novembre dernier.

Ainsi, la direction de l’établissement fait appel à tous ses employés capables de travailler pour pallier le manque de personnel, les invitant à prendre des quarts de travail supplémentaires dès aujourd’hui et dans les semaines à venir [...], peut-on lire dans cette note de service.

Ce message s’adresse notamment au personnel infirmier ainsi qu’aux employés de l’entretien ménager et des services alimentaires.

Toutefois, rien n’indique à l’heure actuelle que l’Hôpital général de Hawkesbury a dû se rabattre sur ce scénario au cours des derniers jours.

Une éventualité, dit l'Hôpital général de Hawkesbury

En entrevue à Radio-Canada, la Dre Julie Maranda, médecin-chef de l'Hôpital général de Hawkesbury, reconnaît que la période actuelle est très difficile.

La vague est énorme et nous sommes des humains comme tout le monde, dit-elle. Il y a un jour en particulier, la semaine dernière, où nous avons reçu 76 appels pour congés maladie en une seule matinée. Quand vous avez une équipe de 700 à 800 employés, 76 personnes malades en une journée, ça fait peur. [...] De plus, nous n’avons pas accès à des tests rapides de détection d'antigènes, ce qui a un impact aussi.

« On maintient l’essentiel, mais on ne peut faire plus. »

— Une citation de  Dre Julie Maranda, médecin-chef de l'Hôpital général de Hawkesbury

La médecin-chef assure que tout est fait, à tous les niveaux, y compris au sein du ministère de la Santé, pour éviter qu'une fermeture n'affecte un hôpital aussi stratégique que celui de Hawkesbury, notamment pour les francophones de la région.

Portrait de la Dre Julie Maranda.

La Dre Julie Maranda, médecin-chef de l'Hôpital général de Hawkesbury (archives)

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Une solution a été trouvée pour les deux prochaines semaines, mais la situation reste précaire, alors que l'Hôpital général de Hawkesbury a rapporté une éclosion de COVID, lundi, ce qui l'a contraint à limiter encore davantage les visites.

On pense que si les choses ne changent pas trop drastiquement, on va éviter la fermeture de l’urgence, mais ça reste toujours malheureusement une possibilité ici et dans tous les hôpitaux de notre région. On est tous sur le bord d’avoir des fermetures soit de l’urgence ou d’autres services importants, ajoute la Dre Miranda, qui rappelle que depuis novembre, l'hôpital a dû fermer ses soins intensifs faute de personnel qualifié.

Des hôpitaux sous pression

Car la situation à l’Hôpital général de Hawkesbury n’est pas unique. Les trois autres hôpitaux du territoire couvert par le Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) doivent eux aussi faire des choix difficiles.

Sans commenter spécifiquement le cas de l’Hôpital général de Hawkesbury, le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l'est de l'Ontario, le Dr Paul Roumeliotis, indique que les autorités sanitaires font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter la fermeture des urgences.

Bien entendu, le plan d'urgence élaboré pour éviter les ruptures de services à la population en tient compte.

Le Dr Roumeliotis mentionne entre autres la récente décision du gouvernement ontarien de réduire à cinq jours la durée de l’isolement des personnes infectées à la COVID-19 qui sont vaccinées.

Un homme, dehors, sourit à la caméra.

Le médecin hygiéniste et directeur général du Bureau de santé de l'est de l'Ontario, le Dr Paul Roumeliotis (archives)

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Nous ne sommes pas encore rendus au même point qu’au Québec, où les travailleurs de la santé asymptomatiques peuvent aller travailler. Toutefois, [si la situation sanitaire devait se dégrader davantage], ça demeure une possibilité, explique-t-il.

Avec un taux de positivité à la COVID-19 avoisinant les 30 % dans la région, rares sont les milieux de travail épargnés par la vague Omicron, poursuit le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l'est de l'Ontario.

On peut voir comment ça peut affecter non seulement nos hôpitaux, mais aussi les autres services essentiels dans notre région [notamment les pompiers, les ambulanciers paramédicaux et les policiers], ajoute le Dr Roumeliotis.

Le grand patron du Bureau de santé de l'est de l'Ontario espère que les nouvelles mesures imposées par le gouvernement ontarien permettront d’étaler le nombre de nouveaux cas sur une plus longue période.

On veut que [cette période] soit prolongée. Pas dans une semaine, mais peut-être dans un mois, un mois et demi. Parce qu’on va avoir beaucoup de monde avec une infection, c’est inévitable, conclut le Dr Roumeliotis.

Interrogé par Radio-Canada sur cette situation, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario a indiqué ceci dans une déclaration écrite : Bien que nous ayons été informés que l’Hôpital général de Hawkesbury a été en mesure de trouver des solutions pour garder son urgence ouverte à court terme, des efforts sont toujours en cours pour redéployer son personnel hospitalier afin d’assurer le maintien de l’offre de services. La province continue de travailler avec Santé Ontario et ses partenaires régionaux afin de combler les quarts de travail non pourvus à long terme.

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