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La fillette morte dans un accident de luge à Ottawa venait d’immigrer du Liban

Les funérailles de la fillette auront lieu jeudi.

Deux personnes tiennent la photo d'une enfant.

Marie-Lou El-Kada et Joseph Assal sont les parents de Josée Assal, qui a perdu la vie dans un accident de luge au parc Mooney's Bay, à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Judy Trinh

Radio-Canada

Josée Assal, 11 ans, faisait de la luge pour la toute première fois le 27 décembre lorsque s'est produit ce tragique accident. Ses parents, son frère et sa sœur aînés ainsi qu'elle-même avaient déménagé à Gatineau depuis le Liban l’été dernier.

Après une soirée pyjama chez ses cousins pendant les vacances de Noël, elle avait hâte d’aller jouer dehors après avoir vu sa première chute de neige.

Le fil des événements

Le 27 décembre, le groupe de sept enfants s’est dirigé vers le parc Mooney’s Bay, où plusieurs glissaient déjà sur la colline.

Sa tante s'est inquiétée de la quantité de glace au centre de la colline en face de la rivière Rideau et a demandé aux enfants d'utiliser une section moins pentue qui descendait en décrivant un large C.

Josée s'est assise à l'arrière de la luge avec son frère aîné Jules et un cousin. Elle s'est accrochée à Jules lorsque le traîneau a viré à 180 degrés sur la courbe rainurée. Les enfants n'avaient aucune idée qu'ils se précipitaient vers un poteau de signalisation.

Des gens sur une colline font de la luge.

Des amateurs de glisse réunis en janvier 2021 au sommet d'une colline du parc Mooney's Bay. Une fillette de 11 ans a perdu la vie à cet endroit dans un accident de luge le 27 décembre (archives).

Photo : Ashley Burke/CBC

La colonne vertébrale de la jeune fille a été sectionnée par l'impact, selon sa mère, Marie-Lou El-Kada, qui se trouvait dans une pharmacie pour recevoir sa troisième dose de vaccin contre la COVID-19 lorsqu'elle a appris l'accident de sa fille.

Elle raconte qu’immédiatement après avoir frappé le poteau, Josée a dit à son frère qu'elle ne sentait plus ses jambes.

[Elle a dit à Jules] : "Je ne veux pas continuer ma vie paralysée" et il l’a serrée et tenue dans ses bras [jusqu'à ce que] l'ambulance arrive. Elle a demandé à sa sœur de l'aider, mais sa sœur ne pouvait pas l'aider, seulement l'embrasser, raconte sa mère en sanglots.

Josée a été transportée d'urgence au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO), où elle est par la suite décédée. Son père, Joseph Assal, a reçu un appel d'urgence au Walmart de Gatineau, où il travaille. Son mauvais pressentiment s'est malheureusement confirmé.

Je ne voulais pas savoir ce qui s’en venait [...]. Je conduisais lentement, pour ralentir les nouvelles, dit-il.

Sécurité à Mooney’s Bay

Après avoir fermé l'accès du site pour enquêter, la police d'Ottawa a indiqué qu'aucune accusation criminelle ne serait portée.

Une semaine après l'accident, un seul panneau se trouve au sommet de la colline de Mooney's Bay sur lequel on peut lire : Danger extrême. Glissade interdite. Conditions propices aux collisions et obstacles qui, s’ils sont frappés, entraîneront la mort ou des blessures corporelles graves. La Ville d'Ottawa n'assume aucune responsabilité relativement aux risques ou blessures connexes.

Bien que ce panneau ait été installé en 2017, le règlement qui y est cité a rarement été appliqué. L'avocat de la famille, Elie Labaky, indique qu'il y avait au moins 50 luges sur le site au moment de l’accident.

Deux personnes avec une balle de foin.

Des employés de la Ville d'Ottawa installent des balles de foin autour des lampadaires au parc Mooney's Bay afin de rendre l'endroit sécuritaire pour la glissade.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Neuf jours après le décès de Josée, la Ville a installé de grands panneaux d'affichage électroniques qui mettent en garde contre les glissades et a bloqué l’accès au stationnement. Les poteaux en acier au pied de la colline ont été retirés et des balles de foin ainsi que de la mousse rembourrée ont été ajoutées autour des arbres et des autres poteaux plus loin.

Un agent municipal patrouille dans la zone pour s'assurer du respect du règlement. Le lendemain de l'accident, près de 70 visiteurs ont ainsi été éconduits.

Toutefois, pour le conseiller municipal du quartier, Riley Brockington, la fermeture permanente de la colline aux luges n'est pas une bonne solution. Même si Mooney's Bay est une colline de luge non autorisée, l'élu souligne que c'est un des endroits les plus populaires d'Ottawa pour s'adonner à ce loisir en plein air.

Je pense que ce devrait être une piste de luge. Ç'a été utilisé de cette façon pendant des années et ça continuera de l'être. On ne peut pas mettre un cadenas autour de la colline, dit-il.

Selon M. Brockington, la Ville devrait plutôt entretenir la colline et utiliser un système de drapeaux de couleur rouge, jaune et verte pour indiquer les conditions de la pente au public. Il suggère aussi d'adoucir la pente. Selon le conseiller, le personnel municipal devrait discuter de mesures de sécurité la semaine prochaine.

Une jeune fille spéciale

Au pied de la colline, un petit mémorial composé de fleurs jaunes et de jouets aux couleurs de l'arc-en-ciel a été installé. Il sert aussi de moyen de dissuasion près de l'endroit où Josée est tragiquement décédée.

Ses parents la décrivent comme une jeune fille spéciale, sportive, qui avait beaucoup d’amis.

M. Assal raconte que Josée avait fait don de ses cheveux à un centre de cancérologie au Liban. Elle avait récemment confié à sa famille qu'elle voulait également faire don de ses organes à sa mort. Jusqu'à présent, ses yeux ont permis à deux autres personnes de recouvrer la vue.

Ses funérailles auront lieu jeudi.

Une photo de Josée Assal.

Josée Assal allait célébrer son 12e anniversaire le 5 février prochain.

Photo : Radio-Canada

Alors qu'elle complète maintenant une maîtrise en administration des affaires (MBA) à l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Mme El-Kada n'imaginait qu'un avenir meilleur pour sa famille lorsque celle-ci est arrivée à Gatineau, en juin dernier.

Jamais n'aurait-elle pu imaginer qu'un de ses enfants mourrait en participant à une activité courante et amusante. Aujourd'hui, la maman de Josée dit ne pas avoir d'autre choix que de surmonter son chagrin.

Je dois tourner la page. J'ai deux autres enfants, ils ont le droit de continuer leur vie dans une bonne famille de quatre au lieu de cinq. Mais mon cœur est brisé, laisse-t-elle tomber.

Selon les informations de Judy Trinh, de CBC

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