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Party à bord d’un avion : les fêtards attendus de pied ferme à Montréal-Trudeau

Une demi-douzaine de policiers attendent les voyageurs.

Le comité d’accueil de l’Agence des services frontaliers (photo fournie par un passager du vol AC927 en provenance de Cancún)

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), qui a obtenu la liste des passagers ayant fait la fête le 30 décembre dernier à bord d'un vol nolisé de la compagnie Sunwing Airlines entre Montréal et Cancún, au Mexique, guette le retour des voyageurs en question.

Un comité d'accueil a d'ailleurs été formé à l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau pour accueillir certains d'entre eux, qui pourraient avoir fait le trajet mercredi sur le vol AC927 d'Air Canada, et ce, même si la compagnie aérienne a annoncé plus tôt dans la journée que les fêtards ne seraient pas les bienvenus à bord de ses appareils.

Car la réprobation est générale : les transporteurs aériens Air Canada et Transat ont annoncé mercredi qu'ils refuseraient l’embarquement à bord de leurs avions aux influenceurs dont le comportement a fait scandale au cours des derniers jours, tant au Canada qu'à l'étranger.

Nous confirmons que ceux-ci se verront refuser l’embarquement en vertu de nos obligations légales et réglementaires d’assurer la sécurité de nos passagers et de notre équipage, qui est notre priorité absolue, a d'abord déclaré Air Transat sur les médias sociaux, mercredi midi.

Dans la mesure où nous pouvons identifier les passagers qui font partie du groupe concerné, Air Canada refusera également l’embarquement des personnes concernées afin d’assurer la sécurité des autres passagers et de [son] personnel d’équipage, a ensuite confirmé le transporteur à Radio-Canada, mercredi après-midi.

Le reportage de Pascal Robidas.

Cela étant dit, Air Canada et Transat n'ont pas accès à la liste des passagers du vol Montréal-Cancún de Sunwing. Il s'agit d'un document confidentiel, que Transports Canada, selon nos sources, n'a pas transmis aux concurrents de Sunwing. Il a plutôt été remis aux agents de l'ASFC, qui pourront, s'ils le souhaitent, interroger les voyageurs lorsqu'ils seront de retour au pays.

Ainsi, à moins que les services de sécurité d'Air Canada et d'Air Transat n'aient fait eux-mêmes des recherches sur les réseaux sociaux pour identifier les fêtards, il sera difficile pour ces transporteurs d'empêcher l'embarquement des individus en question.

Selon une source issue de l'industrie, les déclarations faites mercredi par les deux compagnies aériennes visent surtout à faire comprendre au public en général – et aux fêtards en particulier – que ce genre de comportement ne sera pas toléré à bord de leurs appareils.

C’est absolument irresponsable, dit Trudeau

Le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, a demandé mardi à Transports Canada d'enquêter sur des informations faisant état de comportements inacceptables sur un vol de Sunwing reliant Montréal à Cancún.

Sur des vidéos qui ont été largement relayées sur les réseaux sociaux, on peut voir des passagers sans masque, sans distanciation, dansant, chantant et buvant dans l'allée et sur les sièges, certains poussant même l'audace jusqu'à fumer dans l'avion, ce qui est tout à fait proscrit.

Transports Canada a annoncé mardi qu'il ouvrait une enquête sur l'affaire, les passagers qui ont enfreint les règlements du ministère s'exposant à des amendes pouvant aller jusqu'à 5000 $ par infraction. Le ministère a également averti que toute personne donnant de fausses informations à un fonctionnaire du gouvernement canadien était passible d'une amende pouvant atteindre 750 000 $, d'une peine de six mois de prison ou des deux.

En conférence de presse, mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a confirmé qu’une enquête était en cours pour faire la lumière sur ce qui s’est passé à bord de cet appareil.

Les Canadiens qui ont vu ces vidéos sont frustrés, a-t-il souligné. C’est vraiment une claque au visage de voir ces personnes se mettre à risque.

« Quand une gang de sans-dessein décident de partir comme des ostrogoths en vacances, c’est extrêmement frustrant, démoralisant. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

La vaste majorité des gens de ce pays sait qu’il faut faire des sacrifices pour se protéger les uns les autres, a tenu à rappeler M. Trudeau.

Évoquant un vol turbulent, Sunwing a convenu mardi que le comportement de ces passagers avait contrevenu au Règlement de l'aviation canadienne ainsi qu'à plusieurs règlements de santé publique.

L’incident a été signalé à Transports Canada, a déclaré la compagnie, qui affirme avoir indiqué à l'organisateur du voyage qu'il y aurait des conditions à respecter pour le vol de retour des fêtards. Malheureusement, le groupe n'a pas accepté toutes les conditions, s'est désolé Sunwing, qui a tout simplement annulé le vol en question.

L'expert en aéronautique Mehran Ebrahimi espère que l'enquête de Transports Canada permettra de déterminer pourquoi le pilote a continué plutôt que de procéder à un atterrissage d'urgence.

Comment ça se fait que la compagnie a accepté un tel vol, en ne s'assurant pas des consignes de sécurité de base? demande-t-il. Un avion avec plus d'une centaine de passagers à 30 000 pieds [d'altitude], ce n'est pas un chalet dans la forêt dans lequel on peut tout faire.

L'organisateur du voyage publie un message

Dans un message publié sur son compte Twitter, l'organisateur du voyage, James William Awad, qui exploite le 111 Private Club, écrit qu'il prend cette affaire très au sérieux et se dit surpris qu’une simple fête dans un avion ait fait tout ce bruit.

Je vais prendre un moment pour m'asseoir et repenser à tout, a-t-il gazouillé, mercredi. Surtout comment je peux mieux faire les choses la prochaine fois. Donnez-moi un moment pour mieux comprendre la situation.

Pendant ce temps, des agents de bord réclament des mesures plus strictes du gouvernement et des transporteurs pour assurer la santé et la sécurité à bord des avions.

Selon Wesley Lesosky, président de la division aérienne du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), les gouvernements devraient s'efforcer d'accélérer l'accès aux doses de rappel de vaccin pour les membres d'équipage de vol, et les compagnies aériennes devraient réduire le service dans les allées pour limiter l'exposition des agents de bord au virus.

Rena Kisfalvi, qui dirige la section locale du syndicat représentant environ 1000 agents de bord de Sunwing, affirme que son employeur est la seule grande ligne aérienne canadienne qui n'offre pas de tests rapides aux équipages de cabine, une mesure qui, selon elle, devrait être obligatoire.

Mme Kisfalvi estime que jusqu'à 50 % de ses collègues ont dû s'absenter au cours du mois dernier en raison de symptômes potentiels de COVID-19.

Avec les informations de Christian Noël et de La Presse canadienne

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