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Des entrepreneurs réclamaient un adoucissement de règles sanitaires en juin 2021

Un phare près du pont de la Confédération.

L’industrie touristique de l’Île-du-Prince-Édouard a subi un coup dur en 2020 à cause de la pandémie de COVID-19. Des entrepreneurs ont demandé au gouvernement en juin 2021 d’adoucir certaines règles sanitaires dans l’espoir d’améliorer les résultats de la saison 2021.

Photo : CBC/Shane Hennessey

Radio-Canada

Un groupe d’entrepreneurs de l’Île-du-Prince-Édouard exerçait une pression sur le premier ministre Dennis King pour qu’il réduise les règles sanitaires durant la saison touristique de 2021, selon une lettre obtenue par CBC à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Deux semaines après l’envoi de la lettre, le premier ministre a annoncé l’abandon du port du masque obligatoire et une réduction des efforts de dépistage à la frontière. Il a indiqué durant une conférence de presse, le 9 juillet, que ces changements entraient en vigueur plus tôt que prévu.

Le port du masque est redevenu obligatoire en septembre lorsque le nombre de cas a recommencé à augmenter avec l’arrivée au Canada du variant Delta.

Le 9 juillet, la province recensait 208 cas de COVID-19 dépistés au cours des 15 mois précédents. Ce nombre était de 233 à la fête du Travail et de 300 le 1er octobre. Avec l’arrivée du variant Omicron, le nombre de cas était mardi de 1864, dont 1159 cas actifs.

Les demandes du milieu des affaires

Le groupe d’entrepreneurs, nommé P. E. I. Business Continuity Group, s’est formé au début de la pandémie. Sa mission, selon son site web, était de conseiller le gouvernement sur des mesures d’aide à la communauté entrepreneuriale et de pousser la province dans une direction pour qu’elle se relève du confinement économique.

Dans la lettre datée du 24 juin, le groupe affirme que la gestion de la pandémie dans la province, qui était plus sévère que dans les autres provinces maritimes, nuisait aux entreprises insulaires. Il réclamait des changements immédiats.

Par exemple, le groupe jugeait que l’exigence du test de dépistage à la frontière était lourde et « non nécessaire », particulièrement pour les personnes entièrement vaccinées, et que l’attente à la frontière risquait de décourager les touristes potentiels.

Une affiche sur la porte d'un commerce indique qu'il faut porter un masque pour entrer.

Le port du masque dans les lieux publics est redevenu obligatoire à l'Île-du-Prince-Édouard en septembre 2021 lorsque le nombre de cas a recommencé à augmenter.

Photo : CBC/Jane Robertson

L’entrepreneur en tourisme Matthew Jelley, signataire de la lettre, est celui qui l’a envoyée au premier ministre par courriel. Il ne donne pas d’entrevue, mais il dit que le message du groupe était semblable à celui de l’association provinciale de l’industrie touristique et de diverses chambres de commerce.

Le groupe disait craindre que la saison touristique 2021 soit pire que celle de 2020, mais selon les plus récentes données, à la fin d’octobre, le nombre de nuitées vendues a augmenté de 70 % comparativement à 2020.

Un porte-parole du groupe, l’entrepreneur Kevin Murphy, a envoyé un autre courriel au premier ministre une semaine après l’abandon du port du masque obligatoire. Il disait que c’était une bonne chose pour les entreprises de voir des mesures sanitaires levées ou réduites.

Un autre groupe, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, a demandé pour sa part au gouvernement d’informer directement et plus longtemps d’avance les entreprises de tout changement aux règles sanitaires.

Dans un autre courriel, le dirigeant d’une épicerie dont le nom est caviardé félicite le gouvernement pour avoir allégé des mesures et renoncé au port du masque obligatoire dans les lieux publics.

Des règles sévères forment-elles une bonne politique?

La pandémie pousse les gouvernements à prendre des mesures touchant à la santé publique, à l’économie et aux droits de la personne, explique Pearl Eliadis, professeure de politiques publiques à l’Université McGill, à Montréal. Elle dit croire que la santé publique l’emporte largement sur les autres en ce moment au sein de la plupart des gouvernements.

Selon la professeure, la santé publique et l’économie ne constituent pas des intérêts concurrents. Elle dit que les pays qui ont accordé plus d’importance à la lutte contre la COVID-19 qu’à l’activité économique s’en sont mieux tirés sur les deux fronts.

Les mesures de santé publique sont destinées à protéger la vie et les activités humaines, y compris l'activité économique, souligne-t-elle.

Pearl Eliadis ajoute que les mesures de santé publique peuvent entraîner des conséquences à court terme sur l’économie, mais qu’elles demeurent la meilleure stratégie.

D’après un reportage de Kerry Campbell, de CBC

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