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Recensement de Noël : la Matanie compte ses oiseaux

Un jaseur boréal.

Les jaseurs boréaux apprécient tout particulièrement les fruits du sorbier d'Amérique (cormier), tout comme les merles d'Amérique.

Photo : Denis Desjardins

Le recensement des oiseaux de Noël est un rendez-vous important pour une vingtaine d’observateurs de la Matanie. Cette année, il a permis d’identifier 52 espèces d’oiseaux et un total de 10 342 individus.

C’est neuf espèces de plus que la moyenne des 25 dernières années, qui s’élève à 43, précise Denis Desjardins, responsable du secteur Matanie pour le Club des ornithologues du Bas-Saint-Laurent.

Cette activité a eu lieu le 19 décembre pour une 26e année en Matanie. Les membres des clubs d'ornithologie de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et d’ailleurs au Québec organisent eux aussi leur décompte.

  • Selon Oiseaux Canada, le recensement des oiseaux de Noël a débuté en 1900.
  • C’est le plus ancien programme de science citoyenne d’Amérique du Nord, peut-on lire dans le site web (Nouvelle fenêtre) de l’organisme. Il regroupe plus de 2000 participants du Canada, des États-Unis et du Mexique.
  • Les données collectées sont utilisées par des biologistes de conservation et par des naturalistes. 
  • Chaque recensement se déroule en une seule journée dans un cercle de 24 kilomètres, toujours le même d’une année à l’autre.

Selon Denis Desjardins, cette tradition en aurait remplacé une autre, plus cruelle, qui consistait à tuer le plus grand nombre possible d’oiseaux. Un jour, suppose-t-il, quelqu’un a compris qu’on pouvait les compter plutôt que de les tuer.

Un guillemot à miroir flotte sur l'eau du fleuve.

1517 guillemots à miroir ont été observés cette année.

Photo : Denis Desjardins

Le portrait d'une journée

L’exercice vise à savoir où se trouvent les oiseaux au début de l’hiver, une fois les migrations terminées dans un secteur précis. Ça nous donne le portrait d’une journée dans la période se situant 10 jours avant ou 10 jours après Noël, explique Denis Desjardins.

Les observateurs ont compté 793 merles d’Amérique, soit un nouveau record, l’ancien étant de 187 en 2014.

Les autres records du plus grand nombre d’oiseaux observés portent sur le guillemot à miroir (1517, l’ancien record étant de 732 en 2003), le pigeon biset (430 par rapport à 428 en 2014) et le geai bleu (134 par rapport à 87 en 2014).

Denis Desjardins en entrevue à la radio

Denis Desjardins (archives)

Photo : Radio-Canada / Julien Desgens

Pas rigoureusement scientifique mais important

Denis Desjardins reconnaît qu’un tel recensement n’est pas totalement précis et que bien des facteurs viennent influer sur la qualité des observations, notamment les conditions météorologiques, le nombre de participants ainsi que les déplacements des oiseaux, qui peuvent donc être comptés plus d’une fois.

« Le recensement des oiseaux de Noël n’est pas un protocole scientifique avec des paramètres précis, mais ça donne quand même une très bonne idée de l’abondance. »

— Une citation de  Denis Desjardins, responsable du secteur Matanie pour le Club des ornithologues du Bas-Saint-Laurent

Quand il est effectué tous les ans pendant plusieurs années, ce recensement permet de tirer certaines constats.

Denis Desjardins donne l'exemple de la diminution du nombre d’eiders à duvet. Généralement, à Matane en décembre, avant que le fleuve gèle, on pouvait en voir de 3000 à 4000.

Mais depuis les cinq dernières années, on en voit beaucoup moins. À une certaine époque, la moyenne était de 4000, et ç'a diminué à 2800 depuis 2016. Pourquoi? On ne sait pas. Ils peuvent simplement s’être déplacés pour suivre la nourriture.

Parfois, les observateurs ont des surprises.

Un cardinal rouge.

Trois couples de cardinaux rouges, une espèce rare auparavant, auraient nidifié en Matanie.

Photo : Denis Desjardins

Cette année, quelqu’un a vu une paruline à croupion jaune, mentionne M. Desjardins. C’est la troisième fois seulement en 26 ans que ça arrive. Il arrive que les oiseaux s’égarent lors d’une tempête, par exemple.

Autre fait notable cette année : l'abondance des merles d'Amérique. Ce sont des insectivores en été, mais ils deviennent frugivores le reste de l’année, selon l’expert.

Il explique qu'ils sont restés en raison de l’abondance des fruits du sorbier d’Amérique, communément appelé cormier. Ces fruits ont attiré un nombre record de jaseurs d’Amérique, de jaseurs boréaux et d'étourneaux sansonnets.

Les geais bleus, dont la présence était exceptionnelle il y a quelques années, se font de moins en moins rares depuis cinq ans. En tout, 134 ont été aperçus cette année.

Un geai bleu.

Auparavant absents ici, les geais bleus se font de plus en plus présents.

Photo : Denis Desjardins

C’est aussi le cas du cardinal rouge, qui a été vu à deux endroits. Selon M. Desjardins, il y aurait trois nids en Matanie, ce qui augure bien pour leur implantation définitive dans la région.

Le pygargue à tête blanche est aussi relativement nouveau à Matane. Un couple est établi aux abords de la rivière.

Des oiseaux aux noms étranges comme le fuligule milouinan ou le plectrophane lapon figurent aussi dans la liste des oiseaux rares qui ont été aperçus.

Avec la collaboration de Pierre Chapdelaine de Montvalon

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