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BlackRock : un processus de restructuration qui pourrait prendre plusieurs mois

Un plan 3D de l'usine de Métaux BlackRock

Le projet d'usine de Métaux BlackRock à Saguenay

Photo : Courtoisie / Métaux BlackRock

Le processus de restructuration de Métaux BlackRock pourrait s’étirer jusqu’au printemps si plusieurs propositions sont reçues pour restructurer l’entreprise minière qui s’est mise à l’abri de ses créanciers.

Métaux BlackRock, qui souhaite exploiter un gisement de fer à Chibougamau et une fonderie de ferrovanadium dans la zone industrialo-portuaire de Saguenay, sera de retour en cour vendredi après s’être placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers et les compagnies à deux jours de Noël, le 23 décembre.

À ce moment, Investissement Québec et la société Orion, les deux créanciers garantis de l’entreprise, ont soumis au tribunal une offre qui leur permettrait de prendre le contrôle à 100 % de la minière qui se trouve derrière le projet totalisant plus de 1 G$.

Métaux BlackRock a une créance de près de 45,38 M$ canadiens envers Investissement Québec, un montant qui est identique pour Orion, peut-on lire dans les documents de Deloitte, le contrôleur au dossier.

La proposition ne prévoit pas de compensation pour les actionnaires de la minière, dont le principal actionnaire est Winner World Investments à 46%, une société de Hong Kong.

D’autres propositions possibles

Le vice-président aux affaires corporatives chez Métaux BlackRock, Pierre Cossette, s’attend à ce que la société hongkongaise soit présente en cour vendredi, lorsque le dossier passera en Cour supérieure lors des audiences en ligne qui devraient permettre de lancer le processus de restructuration.

Est-ce qu’ils risquent d’accepter? Je ne peux pas parler en leur nom, mais c’est évident que pour eux, ça équivaut à une grosse perte financière, a-t-il affirmé, en entrevue à Radio-Canada.

Métaux BlackRock a été contraint de se mettre à l’abri de ses créanciers après avoir été dans l’impossibilité de rembourser Prosperity Materials Macao, un créancier non garanti qui réclamait un remboursement d’un prêt de 40 M$ américains et qui a entamé des procédures judiciaires devant la cour de Hong Kong.

Métaux BlackRock fait de plus face à une dette de 95 M$ canadiens, un montant qui a servi à obtenir les autorisations environnementales, à faire l’ingénierie détaillée et poursuivre les activités de financement du projet, a détaillé M. Cossette.

Si la cour autorise la poursuite de l’ordonnance suspendant les procédures contre Métaux BlackRock, Deloitte recevra pendant un délai de 30 jours les propositions afin de restructurer la compagnie.

Évidemment, le contrôleur, dans le cadre de l’exercice de restructuration, va demander d’autres propositions et normalement devrait choisir la proposition qui est la plus avantageuse pour la compagnie, a souligné Pierre Cossette.

Un processus qui pourrait s’étirer

Si la proposition d’Investissement Québec et d’Orion demeure la seule déposée, le vice-président aux affaires corporatives s’attend à ce que le processus de restructuration se termine en cour vers la fin février.

S’il y a plusieurs propositions, à ce moment-là, on prévoit que le processus pourrait s’étirer pour un autre 60 jours à compter de fin février, ce qui nous amènerait probablement en avril-mai, a-t-il ajouté.

Pierre Cossette a préféré ne pas se prononcer sur la proposition d’Investissement Québec et d’Orion.

Nous ce qu’on souhaite, c’est des gens qui veulent mener à bien le projet, a-t-il affirmé. Notre objectif demeure avant tout de compléter le financement du projet et de construire cette usine à Saguenay, cette usine métallurgique, ainsi que la mine à Chibougamau.

Après la conclusion du processus, le financement demeure toutefois le nerf de la guerre pour la réalisation du projet qui est dans les cartons de l’entreprise depuis 2008.

« Tant que le financement ne sera pas bouclé, évidemment BlackRock n’est pas en mesure de faire face à ses échéances. »

— Une citation de  Pierre Cossette
Pierre Fitzgibbon parle derrière un lutrin.

Le ministre québécois de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon

Photo : Radio-Canada

52,5 M$ investis par Investissement Québec

Le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon, de même qu'Investissement Québec ont préféré demeurer prudents au sujet de la restructuration qui touche Métaux BlackRock.

Ni le ministre ni la société d’État n’ont voulu accorder d’entrevue sur le sujet en raison du processus judiciaire en cour.

Il faudra attendre la conclusion du processus et voir qui sera l’acquéreur. La proposition déposée par Investissement Québec et son partenaire protégerait la position de la dette senior, a transmis par courriel l'attaché de presse du ministre Fitzgibbon, Mathieu St-Amand. Investissement Québec et le gouvernement entendent protéger les actifs durant le processus de restructuration et travailleront avec les dirigeants de l’entreprise pour que ce projet structurant se matérialise.

À ce jour, Investissement Québec a investi 20 M$ en actions et 32,5 M$ en dette prioritaire, pour un total de 52,5 M$, a indiqué par courriel la société d'État. Québec avait annoncé une aide de 248 M$ à Métaux BlackRock en 2018.

La mairesse de Chibougamau réclame le rapatriement de l’usine

La mairesse de Chibougamau, Manon Cyr, souhaite de son côté que la restructuration de l’entreprise soit l’occasion de rapatrier dans sa municipalité l’ensemble du projet de Métaux BlackRock.

Elle estime qu’il s’agit d’une opportunité pour revoir le projet et rapprocher l’usine de transformation du minerai prévue au port de Grande-Anse à Saguenay.

La mairesse de Chibougamau, Manon Cyr

La mairesse de Chibougamau, Manon Cyr

Photo : Radio-Canada

Je pense que le gouvernement aura l’opportunité aussi de regarder en termes de plan d’affaires est-ce que c’est la meilleure situation de transporter du minerai jusqu’à Saguenay pour transformer là-bas, a-t-elle mentionné mardi matin, en entrevue à l’émission C’est jamais pareil. Il serait naturel, selon elle, que l’usine soit construite à proximité de la mine.

« C’est un projet minier et on développe une usine pour transformer ce minerai-là à plus de 350 kilomètres de la mine. Il y a un petit non-sens qui n’est pas logique et il faut prendre le temps peut-être de le regarder et s’assurer qu’on développe les communautés en même temps qu’on développe les projets miniers. »

— Une citation de  Manon Cyr

Métaux BlackRock avait annoncé en août 2019 le report des travaux de construction de son usine pour des raisons financières, après que le projet ait reçu toutes les autorisations environnementales pour aller de l’avant.

Avec les informations de Gilles Munger

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