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Maude Charron retrouve le plaisir de l’entraînement et a de nouveaux objectifs

Une haltérophile est concentrée pendant l'entraînement.

Maude Charron souhaite maintenant concilier entraînement et vie professionnelle.

Photo : Radio-Canada

Maude Charron a graduellement repris l'entraînement après avoir remporté l'or dans la catégorie des moins de 64 kilos en haltérophilie lors des Jeux olympiques de Tokyo, l'été dernier. Elle indique avoir de nouveaux objectifs, tant sportifs que personnels, et avoir renoué avec le plaisir de l'entraînement.

À l'occasion d'une entrevue menée en décembre dans son garage, l'athlète affirme qu'il a été très difficile pour elle de retrouver la motivation suffisante pour s'entraîner après les Jeux olympiques.

Parce qu'on s'entraîne avec un objectif, un but précis : aller aux Jeux, faire X performances, mais là, gagner une médaille d'or olympique, qu'est-ce qu'il y a après? Il n'y a pas de notoriété plus grande, il n'y a pas de prix plus grand pour un athlète amateur, soutient-elle.

Maude Charron affirme qu'elle avait besoin d'un nouvel objectif.

« Je voulais m'entraîner par plaisir. [...]. C'est de retrouver, un peu, la passion du sport. »

— Une citation de  Maude Charron, championne olympique en haltérophilie

Je voulais avoir envie d'y aller, avoir un plaisir à m'entraîner, ce que je n'ai pas eu depuis plusieurs années, parce qu'on y va par obligation, à l'entraînement; c'est mon travail. Comme tout le monde, des fois, ça ne nous tente pas de rentrer travailler, poursuit-elle.

Retour aux études

Maude Charron étudie désormais à temps plein à l'École nationale de police, à Nicolet.

Elle explique que ce retour aux études lui a permis d'être ramenée sur terre rapidement après son triomphe aux Jeux de Tokyo.

C'est aussi un changement de communauté; c'est complètement autre chose, la police versus le sport professionnel. C'est vraiment deux mondes différents. Ça m'a permis de faire le switch [le changement] rapidement. Des fois, on est tellement concentré sur quelque chose que ça en vient obsessionnel, alors que là, je peux [focaliser] ailleurs; ce sont d'autres gens avec d'autres vécus différents, souligne l'athlète.

« Ça me permet de changer d'air, de m'enlever beaucoup de pression. »

— Une citation de  Maude Charron, championne olympique en haltérophilie

Maude Charron ajoute toutefois qu'elle reçoit encore des félicitations de la part de ses collègues, de policiers et de professeurs.

Je reçois beaucoup de félicitations de la part de policiers. Donc, ça me ramène un peu à ce que j'ai vécu cet été, parce qu'on finit par l'oublier, dit-elle.

Elle soutient que ce retour aux études lui a permis d'échapper, en quelque sorte, à l'attention qu'elle recevait depuis son retour.

« Je me faisais klaxonner à Rimouski quand je me promenais avec mon chien. Je n'étais pas bien là-dedans... En allant à Nicolet, je m'isolais un peu de tout ça, et ça m'a fait du bien. »

— Une citation de  Maude Charron, championne olympique en haltérophilie

J'en ai eu beaucoup, beaucoup, beaucoup à mon retour, alors que je n'étais pas habituée à ça. En haltérophilie, c'est rare qu'on ait beaucoup d'attention, et là, ç'a été complètement l'inverse, précise l'athlète.

Vers les Jeux du Commonwealth et le marché du travail

Maude Charron souhaite prendre part, l'été prochain, aux Jeux du Commonwealth, en Angleterre.

Elle indique qu'elle garde donc la forme pour y participer en s'entraînant trois fois par semaine, selon les directives de son entraîneur.

Cette formule, plus flexible, lui permet de conjuguer son entraînement avec ses études, qui sont exigeantes.

Elle souhaite ensuite poursuivre un autre but : jumeler sa carrière de policière avec sa carrière d'athlète.

Je souhaite poursuivre l'entraînement et la compétition en haltérophilie pour avoir du plaisir; y aller pour moi, pas pour quelqu'un d'autre, dit-elle.

Maude Charron, sa médaille d'or au cou.

Maude Charron souhaite poursuivre un nouvel objectif : conjuguer ses carrières comme policière et comme athlète (archives).

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

L'athlète ajoute qu'il est trop tôt pour dire si elle convoitera une nouvelle médaille d'or olympique puisqu'on ignore encore si l'haltérophilie fera partie des disciplines olympiques présentées aux Jeux de Paris en 2024.

Pour ce qui est d'une prochaine médaille d'or, je ne veux pas me mettre cette pression-là, comme je ne voulais pas me mettre la pression d'avoir une médaille en allant [à Tokyo]. Moi, je voulais vivre ma première expérience des Jeux. Puis, si je retourne aux Jeux, ça va être de vivre une expérience des Jeux sans COVID, soutient Maude Charron.

Elle assure toutefois qu'elle ira à Paris avec sa famille, qu'elle y soit comme athlète ou comme spectatrice.

Retour sur sa journée victorieuse

L'athlète est revenue sur la façon dont s'est déroulée la journée où elle a remporté sa médaille d'or.

C'est la journée où tu espères que tout va bien aller. C'est la journée. Tu peux te lever sur le mauvais pied, avoir mal dormi, etc. Mais [ce jour-là, pour moi], tout allait bien. Mes essais ont bien été; le début de la compétition a bien été, ma pesée aussi; mon poids corporel, la gestion du poids, ç'a bien été, se remémore-t-elle.

« Il me restait une charge à faire. Toute mon attention était là. Toutes mes énergies, les quatre dernières années que j'ai travaillées, c'était là. C'étaient les dernières 10 secondes que je devais donner. »

— Une citation de  Maude Charron, championne olympique en haltérophilie

Maude Charron ajoute qu'elle ignorait où la charge qu'elle allait soulever allait la placer dans le classement puisque c'est son entraîneur qui s'occupe de ces détails dans la compétition.

Quand je suis montée sur la plateforme, j'avais des œillères, et mes œillères regardaient juste la barre que j'avais à lever. Avant, on m'avait dit : "c'est une barre pour l'or". Je ne savais pas si c'était une expression ou vraiment la médaille d'or, mais je savais au moins que ça allait me donner une bonne place, poursuit-elle.

L'haltérophile canadienne Maude Charron porte une barre au-dessus de ses épaules.

Maude Charron au moment de soulever la barre qui lui a donné la victoire (archives)

Photo : Radio-Canada / Chris Graythen

L'athlète ajoute que lorsqu'elle a entendu crier son entraîneur et la petite foule présente, elle a compris qu'elle avait accompli quelque chose d'assez important. Ç'a été beaucoup d'émotions en 10 secondes, affirme-t-elle.

Se fixer des objectifs pour accomplir ses rêves

Questionnée à savoir comment elle expliquerait aux jeunes où trouver le courage d'accomplir leurs rêves, Maude Charron répond qu'il s'agit de conclure un contrat avec soi-même.

« D'abord, c'est de se les écrire [ses rêves], de les écrire sur du papier. Déjà, c'est un peu comme un contrat personnel qu'on se fait avec soi-même. »

— Une citation de  Maude Charron, championne olympique en haltérophilie

Elle ajoute ensuite qu'il faut placer ce papier à un endroit visible, par exemple la table de chevet ou le miroir de la salle de bain.

Maude Charron indique qu'il est aussi nécessaire de connaître les raisons pour lesquelles on poursuit tel ou tel rêve.

[Il faut] savoir le pourquoi : pourquoi tu fais ça? Pourquoi tu veux atteindre cet objectif-là? Le fais-tu pour toi ou tu le fais pour quelqu'un d'autre? explique-t-elle.

Maude Charron regarde au plafond après avoir réussi une levée.

Maude Charron indique qu'elle avait placé des symboles des Jeux olympiques un peu partout chez elle pour lui rappeler son objectif régulièrement (archives).

Photo : Getty Images / Chris Graythen

Le fait de se donner de plus petits objectifs peut aussi aider à garder sa motivation.

Par exemple, elle affirme qu'il a été ardu pour elle de rester motivée en s'entraînant seule dans un garage, au cœur du confinement.

Elle ajoute que cette période a été difficile également parce qu'elle n'avait pas d'objectif précis à court terme, puisque les compétitions ont été annulées.

C'était un peu nébuleux. On ne savait pas ce qui allait se passer avec les Jeux. Les qualifications comptaient-elles, ou il allait falloir repartir à zéro? se rappelle l'athlète.

Maude Charron affirme que son entraîneur et elle se donnaient de petits objectifs par mouvement à accomplir chaque mois, pour augmenter les charges, et que ces objectifs lui ont permis d'enlever un peu le gros néant des qualifications et des Jeux.

(D'après une entrevue de Denis Leduc)

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