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COVID-19 : la durée d’isolement réduite à cinq jours au Québec

Le gouvernement imite les États-Unis et d'autres provinces canadiennes qui ont fait passer cette période de 10 à 5 jours.

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Il faudra désormais s'isoler pendant seulement 5 jours, et non plus 10, si on contracte la COVID-19.

Photo : iStock / RoMiEg

La durée d'isolement des personnes infectées par la COVID-19 sera réduite de dix à cinq jours au Québec, a annoncé la santé publique du Québec, qui restreint également l'accès aux tests PCR pour la population en général.

L'isolement de cinq jours commencera désormais à partir de l'obtention d'un résultat positif à un test de dépistage rapide (TDAR) ou de l'apparition des symptômes. Les personnes qui n'ont pas accès à un test rapide, mais qui ont des symptômes, devront par conséquent être considérées comme infectées.

« Si le TDAR n'est pas disponible, les personnes présentant des symptômes compatibles avec la COVID-19 doivent être considérées comme des cas. »

— Une citation de  Extrait de la présentation de la santé publique du Québec

Dès l'apparition de symptômes, la personne devra se mettre immédiatement en isolement pour au moins cinq jours, a expliqué mardi matin la conseillère médicale stratégique senior de la Direction générale de la santé publique du MSSS, Marie-France Raynault.

Au bout de ces cinq jours, si les symptômes régressent ou ont disparu et que la personne n'a pas fait de fièvre lors des dernières 24 heures, elle pourra retourner à ses activités en portant le masque et en respectant une distanciation de deux mètres pendant les cinq jours suivants.

Fait à noter, seules les personnes qui ont reçu au moins deux vaccins ainsi que les enfants de moins de 12 ans (à l'exception de enfants en milieu de garde) seront admissibles à une période d'isolement de cinq jours. Les autres devront se soumettre à une période d'isolement de 10 jours.

Pour le personnel de la santé qui est en contact avec les patients, les règles qui prévoient un isolement de sept jours sont maintenues jusqu'à nouvel ordre. Pour les travailleurs du réseau qui ne sont pas en contact avec les patients et qui sont vaccinés, la période d'isolement sera de cinq jours.

La durée d'isolement des personnes infectées par la COVID-19 sera réduite de dix à cinq jours au Québec, a annoncé la santé publique du Québec. L'isolement de cinq jours commencera désormais à partir de l'obtention d'un résultat positif à un test de dépistage rapide (Test de détection antigénique rapideTDAR) ou de l'apparition des symptômes. Le reportage de Olivier Bachand.

Des règles distinctes pour les garderies

Le gouvernement a par ailleurs fait volte-face sur sa directive permettant aux éducatrices et aux enfants qui ont été en contact avec une personne ayant contracté la COVID-19 de ne plus s’isoler.

Cette annonce avait soulevé beaucoup de questions et d'inquiétude chez les éducatrices et les parents compte tenu de la vulnérabilité des tout-petits – qui ne sont pas admissibles aux vaccins – et des risques de contagion auxquels s'exposent le personnel et les familles.

Ainsi, Québec a annoncé mardi en fin d'après-midi que les enfants et le personnel des garderies devront bel et bien s’isoler pendant 10 jours s'ils ont été en contact avec une personne infectée. Les enfants fréquentant un service de garde et déclarés positifs devront eux aussi rester en isolement durant 10 jours.

Pour le personnel doublement vacciné des garderies, la période d'isolement en cas de contact ou d'infection sera au minimum de 5 jours. Si les symptômes ont disparu ou fortement diminué, les éducatrices pourront retourner dans leur installation, avec l'obligation de porter un masque durant les 5 jours suivants.

Accès restreint aux tests PCR

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Des files d'attente parfois de plusieurs centaines de personnes s'étirent devant les centres de dépistage depuis l'arrivée du variant Omicron, mettant à rude épreuve les ressources gouvernementales et médicales.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Aux prises avec une flambée de COVID-19 alimentée par le variant Omicron, les autorités sanitaires québécoises, explique Mme Raynault, redoutent une pénurie de réactifs utilisés dans les tests de dépistage qui sont actuellement très demandés dans le monde.

Dans le but de réduire de moitié l'utilisation de ces tests au Québec, la santé publique restreint de façon importante leur utilisation, qui sera désormais strictement réservée pour un usage dans les milieux jugés vulnérables comme les hôpitaux, les CHSLD, les prisons, les refuges pour sans-abri, etc.

Les communautés nordiques et éloignées seront aussi priorisées ainsi que toutes les personnes devant être admises dans un hôpital, comme c'est actuellement le cas.

Il ne sera donc plus possible pour la population en général de se présenter dans un centre de dépistage pour subir un test PCR pour valider un résultat positif obtenu avec un test rapide.

Les personnes qui le désirent pourront toujours subir un test PCR dans un laboratoire privé, mais à leurs frais.

« Si vous n’êtes pas dans un endroit où il y a une éclosion active ou dans un milieu à risque, la population générale, à toutes fins pratiques, n’aura pas accès aux tests PCR en CDD [centre de dépistage]. »

— Une citation de  Dre Marie-France Raynault, conseillère médicale stratégique senior de la Direction générale de la santé publique du MSSS

Il ne sera plus possible pour la population en général de se présenter dans un centre de dépistage pour subir un test PCR afin de valider un résultat positif obtenu avec un test rapide. Les personnes qui le désirent pourront toujours subir un test PCR dans un laboratoire privé, mais à leurs frais. Le reportage de Pascal Robidas.

Près de 47 000 personnes ont subi un test PCR dans un centre de dépistage au Québec au cours de la seule journée d'hier, une cadence que ne pourront pas tenir encore longtemps les laboratoires et le personnel des centres de dépistage.

On est absolument débordés par la vague Omicron, a reconnu la Dre Raynault.

D'autres provinces canadiennes ont déjà pris ce virage, à la suite des États-Unis. C'est le cas en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. C'est maintenant au tour du Québec d'appliquer de telles mesures, a déclaré la Dre Raynault.

Cet allègement de la période d'isolement pour les travailleurs était réclamé dans plusieurs secteurs d'activité au Québec, notamment dans le commerce et l'industrie qui sont déjà aux prises avec d'importantes pénuries de personnel aggravées par la mise en isolement des travailleurs infectés.

Comment justifier une absence au travail sans test PCR?

Ce resserrement important de l’accès à un test PCR pour la population en général laisse cependant présager des problèmes importants dans le monde du travail où des tests PCR sont régulièrement exigés par les employeurs pour justifier les absences au travail dues aux mesures d’isolement.

Un résultat de test PCR positif est également exigé par la CNESST pour qu’un travailleur puisse déposer une réclamation liée à la COVID-19.

Sans la possibilité de fournir les résultats d’un test PCR et en pleine pénurie de tests rapides, les travailleurs ne pourront plus justifier officiellement leurs arrêts de travail liés à la COVID-19.

Il va falloir que les employeurs fassent confiance à leurs employés, a déclaré la Dre Marie-France Raynault.

Mais pour d'autres, il faut s’attendre à un niveau d’absentéisme sans précédent dans les milieux de travail et un casse-tête pour les employeurs, car il ne sera pas nécessairement possible d’obtenir une preuve de contamination ou de contact direct pour démontrer le caractère justifié de l’absence. Cela peut mener à des abus, croit Me Marianne Plamondon, avocate en droit du travail.

Conscient de cet enjeu, le ministère du Travail se pencherait actuellement sur la question.

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