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La fusion de Gatineau, 20 ans plus tard

La Maison du Citoyen, l'hôtel de ville de Gatineau, vue de l'avant.

Il y a 20 ans, les anciennes villes d'Aylmer, Buckingham, Hull et Masson-Angers fusionnaient avec Gatineau pour former une seule et même ville.

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Radio-Canada

Il y a 20 ans naissait la ville de Gatineau telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Le 1er janvier 2002, les anciennes villes d'Aylmer, Buckingham, Hull et Masson-Angers ont fusionné avec Gatineau pour n'en former plus qu’une.

C’était, à l’époque, une initiative du gouvernement du Québec pour diminuer le nombre de municipalités dans la province, raconte Guy Chiasson, professeur de sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Ça faisait plusieurs fois qu’il y avait des efforts pour diminuer le nombre de municipalités pour toutes sortes de raisons d'efficacité, de cohérence, explique M. Chiasson.

Un homme accorde une entrevue devant une caméra à l'extérieur.

Guy Chiasson, professeur de sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais (UQO)

Photo : Radio-Canada

Si l’idée des fusions municipales était généralement la bienvenue dans les grands centres urbains, l'accueil était plus tiède en périphérie.

La nouveauté, au début des années 2000, c’était de faire des fusions, mais à grande échelle, à l’ensemble de la province, et puis de façon forcée, raconte le professeur de sciences sociales.

Le processus a ainsi fait l'objet de vives critiques de la part de l’opposition officielle du gouvernement du Québec à l’époque.

Roch Cholette était député de Hull pour le Parti libéral du Québec à ce moment-là. Quelques années plus tôt, il avait servi comme conseiller municipal de l’ancienne ville de Hull sous la gouverne d'Yves Ducharme. M. Cholette parle du processus comme d’une fusion forcée.

Le gouvernement [péquiste] de Lucien Bouchard décidait de chambouler complètement l'organisation municipale, de changer tout dans une ville, incluant les finances, incluant l'aménagement du territoire, les règlements d’urbanisme, sans consulter les citoyens, soutient M. Cholette.

Un homme accorde une entrevue devant une caméra à l'extérieur.

Roch Cholette était député de Hull pour le Parti libéral du Québec à l'époque des fusions municipales.

Photo : Radio-Canada

Peu d’appuis pour la fusion en Outaouais

En Outaouais, peu de politiciens étaient favorables à la fusion, se souvient Yves Ducharme, ex-maire de l’ancienne ville de Hull et premier maire de la ville fusionnée de Gatineau.

À l’époque, avant l’élection, j’étais le seul maire de l'Outaouais qui préconisait la fusion. [...] Il valait mieux consolider nos forces, faire en sorte qu’on élimine les frontières pour être capables ensuite d’avoir une voix et un poids important à Québec, croit-il.

Un homme accorde une entrevue devant une caméra.

Yves Ducharme a été maire de l’ancienne ville de Hull et premier maire de la nouvelle ville de Gatineau.

Photo : Radio-Canada

M. Ducharme estime toutefois que, dans l’ensemble, la fusion à Gatineau s’est faite de façon harmonieuse comparativement à d'autres villes.

« On a réussi à bien négocier le cadre dans lequel nous étions pour agir après la fusion. »

— Une citation de  Yves Ducharme, ex-maire de l’ancienne ville de Hull et premier maire de la nouvelle ville de Gatineau

Par ailleurs, lorsque, en 2004, le gouvernement libéral du Québec a tenu des référendums sur la question des défusions, la nouvelle ville de Gatineau est restée intacte.

Les citoyens ont décidé que, tant qu’à avoir tout défait le casse-tête, on était mieux de rester comme ça, croit Roch Cholette.

Le bilan, 20 ans plus tard

Vingt ans plus tard, qu'est-ce qui a changé à Gatineau? Guy Chiasson croit que la fusion a placé Gatineau dans une meilleure position, notamment pour discuter et négocier avec Ottawa, la capitale fédérale, située de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

Le fait qu’on avait une grande ville qui était en face d’une autre grande ville, en l'occurrence Ottawa, qui elle aussi s’était fusionnée, ça permettait de [mieux ] se parler entre municipalités, mais entre deux maires aussi. [...] L'Outaouais urbain est [maintenant] présent sur la scène municipale québécoise, explique le professeur de sciences sociales à l’UQO.

Pour sa part, Yves Ducharme garde toujours la même position sur la question des fusions deux décennies plus tard.

C’est la meilleure chose qu’on a pu donner à Gatineau, croit-il.

Un héritage laissé aux prochaines générations

Par ailleurs, en 2050, une première capsule temporelle aménagée en 2000 au Banc de la mémoire hulloise, devant la Maison du Citoyen, sera ouverte. Elle contient entre autres des textes des membres du conseil municipal de l’époque ainsi que des dessins d’élèves.

Un banc extérieur commémoratif.

Le Banc de la mémoire hulloise, devant la Maison du Citoyen, contient deux capsules temporelles qui seront ouvertes en 2050 et en 2100. À l'intérieur se trouvent notamment des textes d’anciens élus municipaux, des dessins, de vieilles cartes routières, les restes de drapeaux et des écussons.

Photo : Radio-Canada

Yves Ducharme souhaite que lorsque la capsule temporelle sera ouverte, la ville aura atteint les objectifs qu’elle s’est fixés depuis pour laisser un héritage viable aux générations futures.

Ce que j’ose espérer, c’est qu’au conseil, on va vraiment se poser la question sur ce dont devrait avoir l’air notre ville dans les trente prochaines années pour que, lorsque nous arriverons en 2050, on se dise qu’on a réussi notre pari, dit-il.

Une autre capsule du genre doit être ouverte en 2100.

Avec les informations de Rosalie Sinclair

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