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Rentrée scolaire reportée : la marmaille à la maison, pour le meilleur ou pour le pire

En Alberta, les élèves de la maternelle à la 12e année retourneront en classe le 10 janvier.

Une mère qui aide sa fille avec la préparation de son sac à dos.

Certains parents appréhendent un retour éventuel de l'école à distance.

Photo : iStock / zeljkosantrac

Soupir de soulagement ou fardeau supplémentaire? Les parents en Alberta ne s'accordent pas tous quant à la décision du gouvernement albertain de repousser la rentrée scolaire au 10 janvier. Par contre, la plupart d'entre eux estiment qu'ils ne sont pas au bout des surprises.

Dans la famille Labelle, zone de travail et terrain de jeu sont redevenus synonymes cette semaine.

Ce n'est pas toujours facile de travailler à la maison avec des enfants qui courent, raconte Alexandre Labelle, père de trois enfants. On s'organise pour leur donner des tâches pour qu'ils soient occupés et pour nous permettre d'avoir un peu de tranquillité au travail.

L'aînée de la famille, Chloé, âgée de 8 ans, n'est pas trop jeune pour le remarquer.

« Mon papa, il travaille sur un bureau, et son bureau est à côté de moi. Alors si je travaille là, ça va le déranger. »

— Une citation de  Chloé Labelle

Si Alexandre Labelle reconnaît que le fait de rester à la maison est la bonne chose pour le moment, il appréhende tout de même la suite.

Ça m'inquiète un petit peu, j'espère qu'on ne recommencera pas à faire ce qu'on a fait en 2020, dit-il en faisant allusion à l'école en ligne. [Les enfants] apprennent beaucoup moins, malheureusement.

Alexandre Labelle et ses trois enfants font du toboggan.

Faire du toboggan, une façon parmi d'autres de distraire les enfants de la famille Labelle en congé scolaire.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

La peur du retard scolaire

Même si sa famille est bien appuyée par son entourage, Irwan Marroc aurait préféré que sa fille de 11 ans retourne à l'école cette semaine. Après avoir flotté deux ans entre l'école en présentiel et l'apprentissage à distance, il commence à être tourmenté.

Je suis inquiet par rapport au fait que ça pourrait retarder ma fille dans ses études, dit celui qui vit à Turner Valley, au sud de Calgary. Il ajoute que le report de la rentrée scolaire ne plaît pas plus à sa fille.

« Quand ils avaient organisé les classes à la maison, j’avais trouvé qu’Alexandra n’avait pas aimé cet environnement. Elle était moins motivée et plus coléreuse. »

— Une citation de  Irwan Marroc

Une fois de retour à l'école, elle avait repris un train de vie beaucoup plus normal et beaucoup plus sain, soutient Irwan Marroc.

Pour Rosanna Anderson, mère de trois enfants, cette situation est aussi loin d'être idéale. Comme Irwan Marroc, elle croit que ses enfants s'épanouissent beaucoup plus quand ils sont à l'école. Elle privilégie cependant une rentrée sécuritaire. C'est pourquoi elle traite cette semaine passée à la maison comme un congé prolongé.

Nous n'allons pas toucher aux manuels scolaires cette semaine, dit-elle, tout en s'inquiétant de ce qui se passera la semaine suivante. Que se passera-t-il ensuite? Je ne sais pas. Est-ce que ce sera l'école à distance?

Le gouvernement de l'Alberta doit faire une mise à jour sur le retour en classe d'ici la fin de la semaine. Charlotte Nyoungou, pour sa part, préfère ne pas trop s'y attarder. Selon cette mère d'Edmonton, il faut prendre les choses comme elles viennent.

« J'ai préparé ma fille. Je lui ai dit : "Écoute, on a un nouveau variant et il fait beaucoup de dégâts." Il y a plein de questions, mais moi, j'essaye de voir la lumière. C'est là où je suis, en tout cas. »

— Une citation de  Charlotte Nyoungou

Charlotte Nyoungou sait bien que, pour certaines familles, s'adapter est plus difficile. Elle insiste sur l'importance d'aider d'autres parents quand ils ont besoin de souffle.

Les mains d'un enfant qui joue avec des Lego.

Des garderies craignent être les prochaines victimes de la propagation d'Omicron.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un coup dur pour les garderies

La cadette d'Alexandre Labelle ne va pas à l'école, mais, heureusement, sa belle-mère sera là pour s'occuper d'elle. La solution est moins évidente pour d'autres familles albertaines qui ont été surprises par l'annonce d'une rentrée retardée.

L'effet domino se fait sentir dans les garderies depuis quelques jours, les travailleurs tentant comme ils peuvent d'épauler les familles ayant des enfants en bas âge.

Dès que le gouvernement a fait l'annonce du report, notre téléphone s'est mis à sonner, explique Michelle Hynes-Dawson qui s'occupe des programmes d'engagement communautaire dans les centres YMCA du nord de l'Alberta.

Au cours du week-end, nous avons eu une vague énorme de familles qui cherchaient notre appui. Nous faisons ce que nous pouvons pour répondre à leurs besoins, dit-elle.

Toutefois, elle se rend compte qu'il est presque impossible d'empêcher que le virus ne se propage dans leurs centres. Viendra le temps, selon elle, où les centres d'appui aux familles n'auront pas le personnel nécessaire pour accueillir la demande. Elle souhaite que les garderies et les centres familiaux soient mieux équipés, avec une meilleure protection sanitaire et un plus grand nombre de salariés.

Avec des informations d'Andréane Williams et Janet French

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