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La serre indo-australienne sous le pic des démolisseurs

Une pelle mécanique procède à la démolition d'un bâtiment vitré en hiver.

La démolition de la serre a débuté lundi.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Les travaux de démolition de la serre indo-australienne de l’ancien zoo de Québec ont commencé lundi, plus de 15 ans après qu’elle eut accueilli ses derniers visiteurs.

Lors du passage de Radio-Canada en milieu d’après-midi, une pelle mécanique s’affairait à démolir une section vitrée du bâtiment situé dans l’arrondissement de Charlesbourg.

Construite au coût de 14 millions de dollars et inaugurée en 2002, la serre indo-australienne était laissée à l’abandon depuis la fermeture du Jardin zoologique du Québec, en 2006.

Au cours des derniers mois, des citoyens et des élus s’étaient mobilisés dans l’espoir de sauvegarder cette infrastructure d’envergure.

Plan large d'une grande serre vitrée en extérieur devant laquelle des personnes sont massées. Il y a de la neige au sol.

Un groupe de parents souhaitait reconvertir la serre de l'ancien zoo de Québec au lieu de la voir démolie. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Audrey Paris

Pas plus tard que le week-end dernier, une nouvelle vidéo en faveur de sa préservation avait été publiée sur les réseaux sociaux. Une pétition mise en ligne en novembre et demandant au gouvernement Legault d'assurer la survie de la serre avait recueilli plus de 14 000 signatures.

La formation Québec solidaire avait demandé un moratoire sur sa démolition afin d’éviter que la capitale nationale devienne une des deux seules grandes villes du Canada à ne pas avoir de serre d'hiver.

Un choc

Pour le biologiste retraité qui avait participé à la construction de cette serre, et actuel président de l’organisme Jardins de la Capitale, Michel Lagacé la destruction de la serre constitue un véritable deuil.

C’est un outil unique dans une société, une serre comme ça, puis surtout dans sa capitale. On vit présentement un immense deuil, mais on va essayer de faire preuve de résilience et de sérénité, c’est une immense plaie qu’ils nous ont faite, a-t-il déploré.

Pour sa part, Édith Chabot, membre de l’organisme Mères au front, c'est un choc.

On ne comprend pas. Les Mères au front sont indignées, les citoyens doivent l’être aussi. La pétition continuait d’être partagée, ça augmentait encore d’une centaine de signatures depuis hier. Les gens n’étaient pas au courant, mais plus ils l’apprennent, plus ils s’indignent, a-t-elle réagi.

7,5 M$ pour la remettre en état

Les discussions tenues cet automne entre la Ville de Québec et le Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries (CSSDPS), propriétaire des lieux, n’avaient pas permis de trouver une solution pour préserver le bâtiment.

L’administration municipale estimait que les coûts nécessaires à l’acquisition et à la remise en état de la serre s’élevaient à 7,5 millions de dollars. Selon le maire Bruno Marchand, le jeu n’en [valait] pas la chandelle.

Présentement, on ne juge pas que les citoyens de Québec en auraient pour leur argent si on mettait cet argent-là à cet endroit, avait-il déclaré le 9 décembre, en marge d’un point de presse.

Bruno Marchand en conférence de presse.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, jugeait que les coûts pour acquérir la serre indo-australienne et la remettre en état étaient trop élevés. (Archives)

Photo : Radio-Canada

La Ville de Québec avait fait remarquer que la sauvegarde de la serre indo-australienne ne relevait pas de ses compétences.

Pas les moyens ni le mandat

De son côté, le CSSDPS, qui a fait l'acquisition des lieux en juin 2021, avait déjà indiqué n'avoir ni la mission ni le budget pour entretenir et rénover la serre d’une superficie de 2500 m2.

Un argument qu’avait réitéré le mois dernier la directrice générale du CSSDPS, Marie-Claude Asselin, en entrevue à l'émission C'est encore mieux l'après-midi.

Je n’ai pas la capacité financière ni la mission pour l’entretenir, avait-elle indiqué.

Plan rapproché d'un cadenas installé sur une porte en fer donnant accès à une serre.

La serre indo-australienne était laissée à l'abandon depuis 2006. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Selon Mme Asselin, les projets de valorisation soumis par des groupes de citoyens ne s’inscrivaient pas dans les orientations et la mission éducative [que le CSSDPS] voulait conférer au jardin zoologique.

Construction d’écoles

Le CSSDPS prévoit construire une école primaire et une école secondaire sur le site de l’ancien zoo de Québec. La démolition de la serre vise à permettre la mise en place d’un bassin de rétention de l’eau nécessaire à la construction des deux futurs établissements scolaires.

Une fois les écoles construites, le CSSDPS s’engage à faire en sorte que les citoyens aient à nouveau accès au domaine de l’ancien zoo.

L’organisme et la Ville de Québec ont annoncé début décembre que l’aménagement des lieux fera l’objet d’un travail de conception intégré auquel pourront prendre part les citoyens de Québec.

Avec la collaboration de Camille Carpentier et d'Audrey Paris

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