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Coupes forestières à Saint-Mathieu-du-Parc : le temps file, les inquiétudes montent

Une pancarte jaune où l'on peut voir une image de tortue et le mot «ralentissez» devant un écriteau annonçant l'entrée du Parc récréotouristique.

Une coalition souhaite protéger des espèces animales des coupes forestières.

Photo : Radio-Canada

La Coalition pour la préservation du Parc récréoforestier de Saint-Mathieu-du-Parc accélère sa mobilisation avant qu’il ne soit trop tard. La coupe forestière prévue tout près du parc est prévue pour la mi-janvier, et la coalition, sans nouvelle du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), s’inquiète.

En décembre, la coalition demandait au ministre un moratoire sur les coupes forestières dans le secteur.

Depuis le début de leur mobilisation, le regroupement dit avoir rencontré des fonctionnaires du ministère concerné.

Ça a été très cordial, [il y a eu] des échanges très productifs. Toutefois, on s’est rendu compte que la vision forestière multi-usage que les ingénieurs avaient du secteur étaient en porte-à-faux sur les différents enjeux écologiques qu’on avait soulevés, et les enjeux récréotouristiques aussi, rapporte Éric Proulx, un des initiateurs de la coalition.

Ce dernier aurait aimé que le ministère de l’Environnement se joigne aussi à la rencontre. Ils ont dit que ce n’était pas nécessaire à ce stade-ci, lui a-t-on répondu.

Le regroupement comprend des clubs d’activités en plein air et des organismes environnementaux. Lundi, plusieurs d’entre eux se sont rendus sur le site pour faire la démonstration de la perte de biodiversité qui serait engendrée par la déforestation.

Si Québec décrète un moratoire, la coalition espère ainsi gagner du temps pour présenter un projet d’aire protégée. Cette zone de 127 kilomètres carrés, dont certaines des limites seraient adjacentes au Parc de la Mauricie, augmenterait l’offre récréotouristique de la région en plus de protéger plusieurs espèces menacées, disent les membres du regroupement.

Pour le ministère, reculer, ça peut être compliqué, c’est du taponnage. L’affaire, c’est qu’ils ne veulent pas créer de précédent avec les compagnies forestières dans l’octroi de contrats de coupes, explique Éric Proulx.

Une pétition parrainée par le député de Maskinongé Simon Allaire sur le site de l’Assemblée nationale du Québec (ANQ) récolte plus de 1300 signatures depuis sa mise en ligne le 20 décembre. Il compte la déposer à l'Assemblée nationale du Québec lors de la reprise parlementaire en février.

Les municipalités de Saint-Mathieu-du-Parc et la Ville de Shawinigan ont donné leur appui à la demande de moratoire.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs Pierre Dufour, qui a contracté la COVID-19 juste avant Noël, n’a pas voulu commenter. Son bureau indique qu’il devrait réagir plus tard cette semaine.

Son collègue député dans Maskinongé Simon Allaire rappelle toutefois que le processus a commencé en 2018. Toutes les autorisations ont été accordées en bonne et due forme [...] Il faut comprendre qu'il y a une entreprise qui est concernée, une entreprise qui a investi sur des parcelles de terrain qui pourraient être exploitées en coupes forestières. C'est tout ça qu'il faut prendre en ligne de compte.

La compagnie forestière Rémabec n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Des données à mettre à jour

La coalition, bien qu’elle reconnaisse que les fonctionnaires du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ont accompli leur devoir de planification du secteur, juge que les données sur lesquelles s’appuie cette planification doivent être mises à jour, notamment au sujet des espèces comme la tortue des bois.

Ils disaient : "On n’a pas relevé de [présence] de tortue dans ce secteur-là". Mais nous on leur a dit : "Écoutez, peut-être que les données que vous avez trouvées n’étaient pas dans ce secteur-là, mais à 100 mètres de là, il y a [présence] de tortues en bonne quantité et c’est un sanctuaire en Amérique du Nord. Dans un habitat propice aux tortues, ce serait étonnant qu’il n’y en ait pas", rapporte Éric Proulx.

Il juge que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a planifié avec des données incomplètes et qu’il n’a pas tenu compte de l’acceptabilité sociale de la coupe forestière.

Ce qu'on dit au ministère, c'est que l'ensemble du processus [de collecte de données] a été fait correctement, et ce n'est pas la prétention de la coalition. Mais c'est pas grave, je pense qu'on va continuer les discussions pour arriver à bien se comprendre, a pour sa part répondu le député de Maskinongé Simon Allaire.

Le député assure vouloir collaborer pleinement pour faire de l'ensemble de cette zone de Saint-Mathieu-du-Parc une aire protégée sur une échéance à moyen-long terme, de conclure Simon Allaire.

Avec des informations de Flavie Sauvageau

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