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Des médecins et des infirmières de l’Alberta désarmés devant la cinquième vague

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Le personnel hospitalier de certains hôpitaux de l'Alberta est épuisé et démoralisé à l'arrivée de la cinquième vague.

Photo : Leah Hennel/AHS

La pénurie de travailleurs de la santé est un signe très alarmant pour la communauté médicale de l’Alberta, qui prévoit un bond des hospitalisations après des nombres de cas records enregistrés ces derniers jours. La solution n’est toutefois pas de raccourcir ou d'éliminer la période d'isolement des travailleurs de la santé pour renflouer les effectifs, selon des médecins et le syndicat des infirmières.

La Dre Neeja Bakshi a l’impression que ses collègues et elle n'ont eu aucun répit entre la quatrième et la cinquième vague. Depuis cinq jours, cette spécialiste en médecine interne à l’Hôpital Royal Alexandra d'Edmonton constate une augmentation des admissions de patients atteints de la COVID-19 dans l’ensemble de l'Alberta.

Ce sont des contaminations datant d’avant Noël, explique-t-elle. On commencera à voir l’impact des fêtes et des cas quotidiens records sur le système de santé dans les prochaines semaines.

Toutefois, ce qu’il faut surtout retenir, selon la Dre Bakshi, c’est que la plupart des hôpitaux ne se sont toujours pas remis de la quatrième vague. Les établissements utilisent toujours des espaces supplémentaires, comme des salles d'opération pour les besoins en soins intensifs.

« Les lits sont toujours limités partout en Alberta. »

— Une citation de  Neeja Bakshi, spécialiste en médecine interne, Hôpital Royal Alexandra

Mais ce qui préoccupe surtout Neeja Bakshi depuis une dizaine de jours, c’est le grave manque de personnel. Partout en Alberta, des médecins et des infirmières infectés par le virus doivent s’isoler, ce qui accentue la pénurie de personnel.

Cela veut dire que les infirmières doivent travailler plus d'heures pour combler les trous. Des médecins doivent travailler jusqu’à 28 jours en ligne, au lieu de 14, explique la spécialiste.

« Nous manquons de ressources, mais le volume d’admission est toujours très élevé. »

— Une citation de  Neeja Bakshi, spécialiste en médecine interne, Hôpital Royal Alexandra

La Dre Bakshi reconnaît que cette situation a des conséquences sur les soins. Les travailleurs doivent s’occuper du double de patients qu’à la normale. Cela ralentit donc leur travail, et les patients attendent plus longtemps avant d’avoir leur congé de l’hôpital. Les lits se libèrent moins rapidement.

Cela a un impact sur tout le système, affirme la Dre Bakshi.

Pour surmonter le défi de la pénurie de personnel dans les hôpitaux, Jason Kenney n’exclut pas, comme c'est le cas au Québec, de permettre à certains travailleurs de la santé en isolement de revenir au travail.

Une idée très mal accueillie du côté de Heather Smith, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers unis de l'Alberta.

Cette idée nous préoccupe vraiment. Elle est loin d’être idéale, dit-elle. Cela créera des problèmes par rapport au degré de bien-être des patients et des employés dans les hôpitaux.

Le manque d’infirmières et de médecins au travail ne peut pas être quantifié pour le moment, selon le syndicat des infirmières. Toutefois, la présidente affirme que les ressources actuelles dans les hôpitaux sont utilisées à leur maximum et ne sont plus adéquates.

Mes collègues et moi sommes démoralisés et épuisés, lâche la Dre Bakshi.

Elle assure tout de même que le personnel soignant se prépare pour la cinquième vague, même si le gouvernement a baissé les bras.

On sent que le gouvernement s’est résigné au fait que tout le monde allait avoir la COVID-19 et que les choses allaient suivre leur cours. Ce n’est pas ainsi qu'il faut réagir, conclut-elle.

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