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Exceldor : des « milliers » de poulets euthanasiés par manque de personnel

L'enseigne de l'usine Exceldor de Saint-Anselme.

L'usine Exceldor de Saint-Anselme (archives)

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

L'entreprise Exceldor prévoit euthanasier plusieurs « milliers d'oiseaux » au cours des deux prochaines semaines en raison d'un manque criant de personnel.

Le manque d'employés est lié principalement au retard du gouvernement fédéral dans l'émission de permis de travail pour les travailleurs étrangers temporaires. Le taux d'absentéisme en raison de la COVID-19 est aussi notable, explique l'entreprise.

Les retards éprouvés depuis le mois de septembre dernier [...] ont eu des conséquences majeures pour notre coopérative, estime Gabrielle Fallu, porte-parole chez Exceldor.

Cette situation cause de nombreux retards dans les activités d'Exceldor, où on enregistre même des bris d'équipement en raison de poulets trop engraissés.

Les équipements dans nos usines de transformation primaire ne sont pas conçus pour traiter des oiseaux avec des poids de plus de trois kilos. Donc, le traitement d’oiseaux qui dépassent parfois largement ce poids occasionne des bris presque journaliers, confirme l'entreprise.

Du côté des marchés, ces gros oiseaux ne répondent plus aux besoins de nos clients, et pour ce qui concerne les élevages, les bâtiments ne sont pas non plus conçus pour des oiseaux d’un tel poids, ajoute la porte-parole.

L'entreprise dit avoir tenté d'éviter le plus possible l'euthanasie. Tous les efforts ont été faits pour éviter d’en arriver là. Nous avons même envoyé un appel à l’aide aux autres transformateurs de l’industrie, les invitant à venir chercher nos oiseaux gratuitement pour pouvoir les transformer de leur côté. Cet appel a été entendu et nous en remercions la filière.

Pénurie d'attrapeurs de poulets

Outre les bris de machines, le manque de personnel étranger a aussi des répercussions en ce qui a trait aux équipes de capture de poulets, de même que dans les activités des usines de Saint-Anselme et de Saint-Damase.

Pour plusieurs de ces travailleurs, cela fait plus de 10 ans qu’ils viennent ici prendre en charge l’attrapage. L'entreprise demande au gouvernement fédéral d'aller de l’avant avec l’annonce qui a été faite il y a déjà plusieurs mois concernant l’augmentation du seuil de travailleurs étrangers temporaires dans nos installations, passant de 10 % à 20 %.

L'été dernier, un conflit de travail de près de cinq semaines avait forcé l'euthanasie de plus d’un million de poulets, faute de capacité d'accueil dans les autres abattoirs du Québec.

Les éleveurs veulent éviter les euthanasies

Les Éleveurs de volailles du Québec déplorent la situation.

[...] Cela va à l’encontre de notre travail et celui de nos membres, qui est de produire du poulet pour répondre à la demande des consommateurs canadiens, peut-on lire dans une réponse par courriel.

Les Éleveurs disent avoir offert leur collaboration à Exceldor pour éviter cette situation dramatique. Nous poursuivrons nos représentations afin d’éviter un maximum d’euthanasies. Nous demeurons disponibles pour l’ensemble des éleveurs de poulets touchés et nous les accompagnerons, ajoute l'association.

Ottawa « préoccupé »

Par courriel, le cabinet de la ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, dit être préoccupé par la situation.

La pénurie de main-d’œuvre touche particulièrement le secteur de l’agroalimentaire. C’est une question qui me préoccupe beaucoup, et mettre en place une stratégie pour y faire face fait partie de la lettre de mandat que le premier ministre Trudeau m’a adressée, écrit le cabinet.

Avec Québec, nous avons pris les moyens pour augmenter de 10 % à 20 % le nombre de travailleurs étrangers dans les usines de transformation alimentaire et nous traitons en priorité les dossiers de ce secteur, peut-on lire.

Le gouvernement dit également travailler pour augmenter l'automatisation dans le secteur agroalimentaire. Afin de contrer cette situation qui empêche nos entreprises de tourner à leur pleine capacité et de prendre de l’expansion, tous les partenaires, dont les provinces et le secteur privé, doivent aussi faire partie des solutions.

Avec des informations de Marie-Josée Paquette-Comeau et de Gabrielle Proulx

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