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T.-N.-L. paie 50 000 $ pour faire la promotion du pétrole à la COP26

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Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, était à la tête de la délégation du gouvernement provincial à la COP26 en novembre dernier (archives).

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

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Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a dépensé 50 000 $ pour envoyer une délégation à la COP26, où le premier ministre, Andrew Furey, a fait la promotion du pétrole. Des environnementalistes dénoncent ces coûts, révélés par CBC.

La délégation provinciale comptait six personnes, dont le premier ministre Andrew Furey, trois membres de son Cabinet, un représentant du ministère de l’Environnement et du Changement climatique, et un représentant du Secrétariat aux affaires intergouvernementales.

Terre-Neuve-et-Labrador n’était pas la seule province à participer à la COP26, la conférence de Glasgow sur les changements climatiques. Mais seul le Québec y a envoyé plus de personnes.

Plusieurs provinces et territoires, dont la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Nunavut et le Yukon n’ont envoyé personne à Glasgow.

Pendant et après ce voyage en Écosse, Andrew Furey a dit qu’il voulait être présent au sommet pour participer aux discussions sur la transition énergétique, mais surtout pour appuyer le pétrole léger terre-neuvien, dont les émissions sont relativement plus faibles pendant l’extraction et le raffinage.

Il n’y a pas de pétrole parfaitement propre, mais notre pétrole est parmi les moins polluants du monde, a-t-il affirmé au micro de Radio-Canada le 15 novembre dernier.

Ce discours a déjà été amplement critiqué par des environnementalistes, dont l’animateur David Suzuki, qui soutiennent que le pétrole propre n’existe pas.

« Une fois que le pétrole existe, on ne peut pas l’utiliser de manière propre. »

— Une citation de  Gabriel Arsenault, professeur, École des hautes études publiques de l’Université de Moncton

Il faut regarder les émissions lors de la production du pétrole, mais c’est surtout une fois que le pétrole est utilisé qu’il est polluant. Même si on pouvait produire du pétrole sans aucune émission, ça serait quand même polluant parce qu’en pratique, quand on utilise le pétrole, on émet beaucoup de carbone, soutient Gabriel Arsenault.

Radio-Canada a également rapporté, le mois dernier, qu’une proportion de plus en plus élevée des hydrocarbures extraits au large de Terre-Neuve-et-Labrador est en fait du pétrole brut lourd, qui a une densité plus élevée et crée plus d’émissions de GES au raffinage.

Pourquoi y aller?

Une politologue à l’Université de Waterloo, Angela Carter, estime qu’Andrew Furey aurait pu faire la promotion du secteur provincial du pétrole depuis Saint-Jean.

Si le gouvernement entendait promouvoir une véritable action en faveur du climat, les dépenses auraient valu la peine, croit Angela Carter. Mais si vous n’êtes pas là pour contribuer aux discussions, pourquoi y aller?

Elle note que les premiers ministres des deux autres provinces canadiennes productrices de pétrole – Jason Kenney, de l’Alberta, et Scott Moe, de la Saskatchewan – ne se sont pas rendus à Glasgow.

Après son passage en Écosse, Andrew Furey a soutenu que le marché mondial favoriserait le pétrole terre-neuvien pendant la transition énergétique. Selon lui, Terre-Neuve-et-Labrador ne peut pas pour le moment abandonner une ressource aussi précieuse qui appuie des milliers d’emplois et apporte des milliards de dollars dans les coffres de la province.

Une récente étude parue dans la revue Nature Energy prévoit que presque toutes les exportations pétrolières canadiennes pourraient s’évaporer d’ici 15 ans en raison du déclin de la demande pour le pétrole et parce que les coûts de production sont trop élevés.

Subventions fédérales

Gabriel Arsenault rappelle que le gouvernement fédéral a adopté le même discours sur le pétrole extracôtier et son rôle durant la transition énergétique.

C’est un peu facile de critiquer le gouvernement provincial… alors qu’en pratique, le gouvernement qui contrôle tous les leviers pour l’exploitation pétrolière à Terre-Neuve, c’est vraiment le gouvernement fédéral, estime-t-il.

C’est évident que le fédéral veut que Terre-Neuve développe son pétrole, les subventions en attestent, explique-t-il, soulignant les 400 millions de dollars en subventions fédérales accordées à l’industrie du pétrole de Terre-Neuve-et-Labrador depuis le début de la pandémie.

Les porte-parole des trois ministères du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador qui ont participé à la COP26 nous ont envoyé des commentaires presque identiques. Ils soutiennent que la présence de la délégation provinciale a assuré la contribution de Terre-Neuve-et-Labrador à la lutte contre les changements climatiques.

Le cabinet du premier ministre souligne aussi le plan du gouvernement pour réduire de 50 % les émissions de GES de la province d’ici 2050. Un rapport du gouvernement, publié le mois dernier, indique par contre que la province est en voie de rater cette cible (Nouvelle fenêtre).

Avec des renseignements de Kyle Mooney, de CBC

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