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L’Ontario garde ses écoles fermées et impose d’autres restrictions

Les chirurgies non urgentes sont annulées jusqu'à nouvel ordre.

Doug Ford enlève son masque avant de prendre la parole à un point de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, annonce de nouvelles restrictions, le 3 janvier 2022.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Le gouvernement Ford fait volte-face et ne rouvrira pas les écoles mercredi. Par ailleurs, la province ferme les gyms et les salles à manger des restaurants, notamment.

Le premier ministre Doug Ford a annoncé une série de nouvelles restrictions en point de presse, lundi matin, aux côtés de ses ministres de la Santé, Christine Elliott, et de l'Éducation, Stephen Lecce, ainsi que du médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr Kieran Moore.

Les élèves de l'élémentaire et du secondaire poursuivront ainsi leur formation en ligne après la fin du congé des Fêtes, le 5 janvier, et ce, au moins jusqu'au 17 janvier.

La province annonce aussi la suspension de toutes les interventions chirurgicales non urgentes afin de libérer des lits dans les hôpitaux, en prévision de la vague d'hospitalisations attendue avec la propagation fulgurante du variant Omicron. La mesure devrait rendre de 1200 à 1500 lits disponibles, selon le Dr Moore.

Parmi les autres restrictions qui entreront en vigueur mercredi et qui seront en place au moins jusqu'au 26 janvier :

  • La fermeture des centres de sport, d'entraînement et des salles à manger des restaurants
  • La fermeture des musées, des cinémas et des salles de concert
  • La limite d'achalandage de 50 % pour les mariages et les funérailles
  • La réduction de la taille des rassemblements à 5 personnes à l'intérieur, et à 10 personnes à l'extérieur
  • Une capacité toujours réduite à 50 % pour les magasins et les salons de coiffure

Les hôpitaux submergés

Le gouvernement dit qu'il s'agit de mesures temporaires pour préserver la capacité des hôpitaux alors que la province continue d'accélérer l'administration de la troisième dose de vaccin. L'objectif de cette dose de rappel est de limiter les infections et les complications liées au coronavirus.

Le premier ministre Doug Ford explique que l'Ontario aurait pu faire face à des centaines de milliers de nouveaux cas de COVID-19 si rien n'avait été fait, submergeant les hôpitaux.

Au cours des derniers jours, le nombre d'hospitalisations a augmenté de façon alarmante à cause du variant Omicron, qui se propage comme aucun autre variant auparavant, selon M. Ford.

« On pourrait avoir une pénurie de milliers de lits dans les hôpitaux au cours des prochaines semaines [si rien n'est fait]. »

— Une citation de  Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Le Dr Moore ajoute que le tsunami d'infections causées par Omicron pourrait causer un taux d'absentéisme de 20 à 30 % au cours des prochaines semaines dans les différents secteurs d'activité.

Le variant Omicron est moins virulent, mais il est si contagieux [...] que les hôpitaux seraient submergés si rien n'était fait, dit la ministre de la Santé, Christine Elliott. Je sais que tout le monde est épuisé, mais ces mesures additionnelles sont nécessaires, ajoute-t-elle.

Les écoles restent fermées

Le premier ministre Ford a déclaré que la décision de fermer les écoles – pour au moins deux semaines – avait été prise parce que la province ne pouvait pas garantir la présence d'assez d'enseignants et d'autres employés. En raison des nouvelles règles de dépistage PCR, quiconque ressent des symptômes de la COVID-19 doit se mettre en quarantaine à la maison.

Le Dr Moore avait pourtant annoncé, pas plus tard que jeudi dernier, que le retour en classe aurait lieu le 5 janvier en personne, promettant des masques N95 pour les enseignants et plus de purificateurs d'air à filtre HEPA dans les classes. Nombre de parents et d'experts se disaient toutefois anxieux à l'idée de retourner à l'école aussi rapidement.

Le premier ministre Ford n'a pas voulu promettre lundi que les écoles rouvriraient le 17 janvier et n'a pas annoncé de mesures de protection supplémentaires pour le retour en classe.

Sommet d'infections

L'Ontario a recensé une flambée d'infections au cours des derniers jours, ainsi qu'une hausse du nombre de patients aux soins intensifs.

La province a enregistré un sommet de 18 445 nouveaux cas samedi. La santé publique a prévenu qu'il s'agissait vraisemblablement d'une sous-estimation de la réalité, compte tenu de l'accès restreint aux tests de dépistage PCR.

Le Dr Moore s'attend à ce que la province atteigne son pic d'infections d'ici à la fin de janvier. Nous devrions gagner du temps [grâce aux nouvelles restrictions] pour administrer la troisième dose, dit-il.

En date du 2 janvier, l'Ontario avait administré plus de 3,7 millions de troisièmes doses.

« On ne va pas arriver à arrêter le variant Omicron. On espère le ralentir le plus possible [avec les nouvelles restrictions]. »

— Une citation de  Le Dr Kieran Moore, chef de la santé publique de l'Ontario

Il ajoute que les 1200 à 1500 lits libérés grâce à la suspension des chirurgies non urgentes seront essentiels pour fournir de l'oxygène et des soins aux patients infectés par Omicron.

Le Dr Moore dit que la province se guidera sur les hospitalisations pour décider quand les nouvelles restrictions pourront être levées.

Données épidémiologiques du 3 janvier*

  • 1232 hospitalisations
  • 248 patients aux soins intensifs (+ 24)
  • 13 578 nouveaux cas (la santé publique prévient qu'il s'agit d'une sous-estimation, compte tenu de l'accès limité aux tests PCR)
  • 89 000 doses de vaccin administrées dimanche
  • 90,8 % des Ontariens de 12 ans et plus ont eu au moins une dose et 88,2 %, deux doses.

* La province doit communiquer un portrait épidémiologique quotidien plus détaillé à compter du 4 janvier.

Des études préliminaires laissent entendre que le variant Omicron est particulièrement contagieux, mais qu'il est moins virulent que le variant Delta. Toutefois, nombre d'experts mettaient déjà la province en garde, il y a plusieurs jours, quant au risque de débordements de patients dans les hôpitaux, compte tenu du nombre élevé de personnes infectées, sans parler de l'absentéisme en hausse au sein du personnel malade des hôpitaux.

Auparavant, l'Ontario avait réduit de moitié la capacité des restaurants, des bars et des magasins, notamment, en plus de reporter le retour en classe de deux jours. Nombre d'experts pressaient le gouvernement Ford de faire beaucoup plus.

M. Ford avait rassemblé son Cabinet dimanche après-midi pour discuter de la possibilité d’imposer de nouvelles restrictions sanitaires.

L'opposition irritée

La Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO) se réjouit de la décision de reporter le retour en classe compte tenu de la propagation rapide d'Omicron en Ontario. Toutefois, le syndicat réclame des mesures supplémentaires, comme la vaccination obligatoire des élèves et des tests de dépistage rapide dans les écoles.

C'est frustrant d'avoir à basculer à nouveau vers l'apprentissage en ligne, parce que nous savons que ça aurait pu être évité si la province avait financé et mis en place des mesures de sécurité au début de la pandémie de COVID-19 plutôt que des demi-mesures, dit la présidente de la Fédération des enseignants de l'élémentaire, Karen Brown.

La chef de l'opposition officielle, la néo-démocrate Andrea Horwath, affirme elle aussi que le dernier reconfinement était évitable, et elle presse le gouvernement de rappeler les députés à Queen's Park.

« Doug Ford savait exactement ce qui s'en venait, mais il n'a pas préparé les écoles et les hôpitaux et il n'a pris aucune précaution pour prévenir un confinement. Il ne voulait pas ralentir le magasinage des Fêtes dans les grandes surfaces ou investir dans les travailleurs de la santé ou des mesures de protection dans les écoles. »

— Une citation de  Andrea Horwath, chef du NPD

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, affirme que les Ontariens paient le prix à nouveau pour les tergiversations et retards du premier ministre Doug Ford.

Le premier ministre n'a pas pris de mesures proactives, dit-il. Le résultat : les entreprises, les élèves, les parents et les travailleurs de la santé en souffrent.

Lundi, le gouvernement Ford a aussi annoncé qu'il bonifierait son programme d'aide aux entreprises qui sont touchées par les nouvelles restrictions. Certains commerces qui doivent fermer leurs portes pourront ainsi recevoir un remboursement complet de leurs dépenses énergétiques et de leur facture d'impôt foncier.

Dans l'inconnu

Le Dr Samuel Vaillancourt, urgentologue à l'Hôpital St. Michael de Toronto, a expliqué en entrevue à ICI RDI que la province était en territoire inconnu.

Lors des derniers jours, il y a eu une augmentation très rapide du nombre d'hospitalisations, ce qui explique les nouvelles mesures, selon lui.

En ce qui a trait aux fermetures d'écoles, le Dr Vaillancourt a rappelé que garder les écoles ouvertes posait un problème de ressources humaines, ce qui fait partie de la décision.

Le Dr Vaillancourt a conclu en affirmant que le nombre de cas de COVID-19 dans la province allait augmenter rapidement dans les semaines qui suivent : On n'a pas atteint de sommet encore.

De son côté, Sharleen Stewart, présidente de SEIU Healthcare – un syndicat qui représente des travailleurs de la santé dans la province –, affirme que le gouvernement aurait dû écouter les travailleurs de première ligne. Selon elle, ces derniers affirment depuis longtemps que la situation va dans la mauvaise direction.

Ce sont des réactions de la part du gouvernement. Il faut être plus proactifs. [...] Il faut travailler ensemble pour [...] s'assurer qu'une telle situation ne répète pas.

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