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Nette augmentation du nombre d’incidents à caractère haineux à Calgary en 2021

Une femme musulmane portant le voile vue de dos.

Les Calgariens ont signalé 346 incidents à caractère haineux en 2021, par rapport à 240, en 2020. (Archives)

Photo : Radio-Canada / David Donnelly

Radio-Canada

La police de Calgary rapporte une forte hausse du nombre d’incidents à caractère haineux allant de l’abus verbal aux voies de fait, en passant par les dommages causés à la propriété.

En tout, 346 de ces incidents ont été signalés en 2021, comparativement à 240, en 2020. La police croit que la pandémie pourrait expliquer le nombre de signalements moins élevé de 2020.

L’an dernier, les gens sont restés à la maison et n’ont pas utilisé le train léger, explique le sergent Gareth Joels, de l’équipe de lutte contre les crimes haineux et l’extrémisme de la police de Calgary.

Quand on regarde les années précédentes, il y avait une tendance à la hausse et 2021 n’y fait pas exception.

Des incidents, mais pas toujours des crimes haineux

Au printemps, une femme musulmane s’est fait arracher son voile lors d’une attaque. En juin, une autre femme musulmane s’est fait invectiver au centre-ville et une femme noire s’est fait cracher dessus et insulter.

En août, une femme s’est fait accrocher et insulter alors qu’elle marchait dans la rue. En septembre, une femme asiatique a été victime d’abus verbal dans un train. En octobre, des graffitis ont été peints sur la route devant un temple sikh du sud-ouest de la ville.

Au-delà de ces incidents et de ceux qui n’ont pas fait la manchette, la définition même de crime haineux fait aussi l’objet de débats.

Plusieurs personnes qui se disent victimes d’abus sont surprises d’apprendre qu’elles n’ont pas été victimes d’un crime haineux au sens du Code criminel, même s’il y a eu un langage abusif ou une certaine forme de violence.

Ce que nous voyons le plus, au quotidien, ce sont des crimes habituels, comme des voies de fait, des menaces [et] du vandalisme, souligne Gareth Joels.

Au Canada, seuls quatre crimes sont considérés comme haineux par le Code criminel : le génocide, l’incitation à la haine, la promotion de la haine et les méfaits contre les biens religieux.

Ce n’est donc pas parce qu’une personne a l’impression d’être victime d’un crime haineux parce qu’elle se fait insulter qu’il s’agit vraiment d’un crime de ce type au sens de la loi, note le sergent Joels.

Il ajoute toutefois que si la police est en mesure de déterminer que la haine est à l’origine du crime commis, même s’il ne s’agit pas officiellement d’un crime haineux, la peine donnée si l’accusé est reconnu coupable peut être plus sévère.

Une définition difficile à changer

Si certains veulent voir la définition de crime haineux élargie pour inclure les abus verbaux et physiques, des spécialistes du droit croient que cela sera difficile.

Tout ce qui touche aux affaires gouvernementales prend du temps et on se méprend en croyant que [le changement] peut arriver rapidement, lance Doug King, du département de droit de l’Université Mount Royal.

L’autre problème, selon lui, en est un d’interprétation. Différentes agences et instances gouvernementales ont différentes façons de définir un crime haineux. Il y a des variations entre les provinces et territoires, ce qui peut devenir frustrant.

Il soutient que la meilleure façon de réduire le nombre de crimes et d’incidents à caractère haineux n’est pas de changer la loi, mais de changer de façon de percevoir les différences dans la société [et] de façon d’éduquer nos enfants.

Avec les informations de Dan McGarvey

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