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Des experts prudents après la réduction de la durée de l’isolement pour certains

Des personnes sont à proximité d'une pancarte qui indique en anglais où se trouve un centre de dépistage de la COVID-19.

Les personnes vaccinées dont le test de dépistage à la COVID-19 est positif vont s'isoler pendant un minimum de cinq jours après la date de début de leurs symptômes ou d’un test positif au lieu de 10 jours, comme c'est actuellement le cas.

Photo : CBC/Chris Mulligan

Radio-Canada

Plusieurs provinces au pays, dont celles de l'Ouest, ont notamment évoqué des arguments scientifiques pour expliquer la réduction de la période d’isolement à au moins cinq jours pour les personnes vaccinées qui seraient atteintes de la COVID-19, mais des experts sont quelque peu prudents à ce sujet.

La Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario et le Nouveau-Brunswick ont chacun annoncé des périodes d'isolement plus courtes pour les personnes vaccinées dont le test de dépistage à la COVID-19 est positif.

L’entrée en vigueur des nouvelles mesures varie d’une province à l’autre.

Pour l'Ontario et la Saskatchewan, les changements sont immédiats. En Colombie-Britannique et au Manitoba, les nouvelles mesures entrent en vigueur samedi. En Alberta, le changement sera appliqué dès le 3 janvier et, au Nouveau-Brunswick, à partir du 4 janvier.

Selon les nouvelles directives, les personnes vaccinées dont le test de dépistage à la COVID-19 est positif ne devront s'isoler que pendant un minimum de 5 jours après la date de début de leurs symptômes ou d’un test positif, au lieu de 10 jours, actuellement.

Après cinq jours, si leurs symptômes se sont améliorés ou ont diminué pendant au moins 24 heures, ils peuvent mettre fin à la période d'isolement. Mais ils doivent toujours se masquer et respecter la distance physique.

En revanche, aucun changement dans les délais de 10 jours n’est prévu pour les personnes non vaccinées.

Lors de l'annonce vendredi, le médecin hygiéniste en chef de l'Alberta, la Dre Deena Hinshaw, a déclaré que cette décision était fondée sur les preuves que les personnes entièrement vaccinées excrètent le virus moins longtemps en cas de percée de l'infection.

Pendant ce temps, en Ontario, le médecin hygiéniste en chef, le Dr Kieran Moore, a déclaré jeudi que 90 % du risque de transmission virale est déjà écoulé au bout de 5 jours.

Nous savons, d'après des études, que si les personnes ont une ascension rapide, elles auront une descente rapide de la quantité de virus qu'elles excrètent , a indiqué le Dr Moore.

Il a également déclaré qu'environ 40 % de la propagation se produit en fait dans les deux jours précédant l'apparition des symptômes.

Prudence

Le cardiologue montréalais et diplômé en épidémiologie, le Dr Christopher Labos, a fait remarquer qu'il est clair que plus on s'éloigne du début de l'infection, moins on est infectieux.

Même s'il a dit comprendre le raisonnement qui sous-tend cette démarche, il se demande si la mise en place de ces mesures est une bonne idée.

Je ne suis pas sûr que dans le contexte actuel, où nous avons une variante d'Omicron qui se propage très rapidement, ce soit le moment de vraiment raccourcir ces exigences, a ajouté le Dr Labos.

La spécialiste des maladies infectieuses et professeur associé à l'Université de l'Alberta, la Dre Lynora Saxinger, a déclaré que cette décision est en partie pragmatique soulignant que le bénéfice supplémentaire devient un peu discutable.

L’épidémiologiste et professeur associé à l'Université d'Ottawa, Raywat Deonandan a déclaré que les changements annoncés sont risqués parce qu'ils sont basés sur une moyenne, et qu'ils pourraient conduire à ce que des personnes infectieuses se mêlent à des personnes saines.

Certaines personnes peuvent être infectieuses pendant trois jours, d'autres pendant 12 jours ou plus, a-t-il souligné.

Ce qui est inquiétant, c'est que nous avons des personnes qui réintègrent la société avec une suspicion d'infection et d'infectiosité sans qu'un test négatif ne les innocente.

M. Deonandan a déclaré que les tests rapides pourraient être déployés de manière stratégique afin que les personnes puissent se tester hors de l'isolement.

Encourager les tests rapides et contrer la pénurie de travailleurs

Les mesures prises cette semaine font suite à des mesures similaires prises par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) aux États-Unis, qui ont également réduit la période d'isolement dans ce pays.

Selon le médecin hygiéniste en chef de la Saskatchewan, le Dr Saqib Shahab, la réduction de la période d'isolement encourage les tests rapides et sont de nature à casser les chaînes de transmission de manière plus proactive.

Le médecin hygiéniste en chef de l'Alberta, la Dre Deena Hinshaw a laissé entendre, pour sa part, que l'analyse montre que les périodes d'isolement plus courtes sont plus faciles à respecter que les périodes plus longues.

Le ministre de la Santé de l'Alberta, Jason Copping, a été l'un des nombreux responsables à souligner la pénurie de travailleurs.

Nous apportons ces changements pour éviter de perturber la main-d'œuvre de l'Alberta, en particulier celle qui fournit les services sur lesquels les Albertains comptent, a-t-il justifié.

Avec les informations de Gillian Wheatley

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