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RBO, zombies wokes et antivaccins au menu du Bye bye 2021

une femme et un homme se prennent dans les bras.

Guylaine Tremblay et Claude Legault dans le « Bye bye 2021 »

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Depuis l'annonce d'hier, la pression a monté », a déclaré Simon-Olivier Fecteau quelques heures avant la diffusion de son Bye bye, qu’il réalisait pour une sixième année consécutive. Le comédien faisait allusion à l’instauration du couvre-feu par le gouvernement Legault, en vigueur depuis vendredi soir, et par ricochet, à la baisse du moral de la population. Le rire est le meilleur des remèdes, dit-on, et le moment ne pouvait être mieux choisi pour présenter l’émission humoristique la plus populaire de l’histoire de la télé québécoise.

Sarah-Jeanne Labrosse, François Bellefeuille, Guylaine Tremblay et Mehdi Bousaidan étaient de retour cette année pour former le noyau d’interprètes du Bye bye 2021. Claude Legault, qui faisait partie de la distribution en 2020, et qui en principe ne devait pas y participer cette année, a finalement fait deux apparitions, incarnant les politiciens Denis Coderre et François Legault.

La production avait promis une brochette de personnalités mystères pour étoffer ses sketches. Son plus grand coup à ce titre a été de réunir tous les membres de Rock et Belles Oreilles (RBO). Guy A. Lepage, André Ducharme, Bruno Landry, Yves P. Pelletier, Richard Z. Sirois et Chantal Francke nous ont offert dans ce Bye bye une nouvelle mouture de leur parodie de 1986 sur le minigolf (Nouvelle fenêtre).

L'homme porte une casquette verte et se tient devant un stationnement.

Yves P. Pelletier

Photo : Radio-Canada

Il y a énormément de changements, dit André Ducharme, qui reprend son rôle d'analyste sportif, Danny Legros. Il faut s’adapter à son époque, souligne plus tard son collègue Ben Bigras (Guy A. Lepage). Ce sketch à l’esthétique rétro et parfois surréaliste prend la forme d’une autocritique d’un type d'humour aujourd’hui dépassé, politiquement incorrect, qui constituait le pain et le beurre de RBO à l’époque. Le résultat, qui cause davantage de confusion que de rires, n’est malheureusement pas à la hauteur de ses ambitions, et détonne par rapport au reste de l’émission.

Patrick Huard, à l’opposé, est l’un des invités mystères les plus convaincants de la revue de fin d'année. Il caricature à merveille le propriétaire du Mega Fitness Gym, Dan Marino, grand responsable, selon le maire Régis Labeaume, de la déferlante de COVID qui a frappé la ville de Québec au printemps dernier.

Un homme en chemise à carreaux se tient debout dans un gym et parle le doigt levé.

Patrick Huard dans le sketch « Dégât-Fitness »

Photo : Radio-Canada

En mode douchebag arrogant, Huard parcourt son Dégât-Fitness et décrit les méthodes de désinfectation qu’il a implantées dans son établissement. On n’y va pas avec le dos de la main molle, assure-t-il au public, avant de brandir une pancarte à l’intention du maire, sur laquelle est inscrit Ont è pu les épa de Kébec.

La crise sanitaire a évidemment inspiré de nombreux sketches. Les personnalités sceptiques de la COVID-19 y ont goûté, en particulier Guillaume Lemay-Thivierge.

Dans le segment « Chanteurs mascottes », Guylaine Tremblay incarne un animateur nommé Guillaume Le P’tit Viarge, qui présente une pub de son nouveau commanditaire, Achat Local Québec. Cet organisme fictif permet d’acheter des fruits et des légumes cultivés dans la Belle Province, et surtout, des vaccins d’ici, qui sont disponibles beaucoup plus tard que les autres, et ça me permet de m’inventer une raison, euh, de m’assurer de ce que je mets dedans mon corps.

Un homme se tient devant un étal de marché rempli de seringues et de légumes.

Guylaine Tremblay dans le rôle de Guillaume Le P’tit Viarge.

Photo : Radio-Canada

Rappelons qu'à la suite de ses commentaires antivaccin, Guillaume Lemay-Thivierge a perdu son contrat avec Hyundai. L’acteur avait argué qu’il voulait attendre que le vaccin Médicago, produit au Québec, arrive sur le marché avant de se conformer aux directives sanitaires.

Le Bye bye s’est aussi amusé de la campagne gouvernementale Je contribue, qui recrute des candidats et candidates de divers horizons médico-professionnels pour administrer le vaccin. On y voit une infirmière incompétente (Guylaine Tremblay) qui plante une aiguille dans le front d'un homme, ainsi qu’un vétérinaire acharné (François Bellefeuille) et le personnage de Dany Verveine (Danny Turcotte) qui terrifient les gens venus se faire vacciner.

Le gag le plus mordant dans cette série de vignettes montre Patrice Roy, joué par Bruno Blanchet, flambant nu sur sa chaise. Il s'agit d'un clin d'œil à un égoportrait devenu viral (Nouvelle fenêtre) que le journaliste vedette de Radio-Canada avait publié sur Twitter en avril.

On doit d’ailleurs à Bruno Blanchet l’une des parodies les plus réussies de l’émission, intitulée « Bit 99 », où il imite le champion de l’Ultimate Fighting Championship (UFC) Georges St-Pierre et sa pub de casino virtuel Bet99, omniprésente pendant la diffusion des matchs des séries éliminatoires du Canadien de Montréal.

Un homme en complet cravate se tient devant une clôture grillagée dans une salle de boxe.

Bruno Blanchet dans le rôle de Georges St-Pierre

Photo : Radio-Canada

Finaliste de la Coupe Stanley l'été dernier, le CH mène présentement l’une des pires saisons de son histoire. Un revirement de situation qui a coûté son poste à son directeur général, Marc Bergevin. Ce dernier s’est prêté au jeu de l’autodérision dans un sketch en compagnie de Mario Tremblay, ancien entraîneur-chef du Canadien, qui parodie sa fameuse publicité d’Uber Eats.

Ce soir, je mange un pouding chômeur, annonce Bergevin. J’ai pu de job. Tremblay lui offre ensuite une bière Molson, qu’il refuse; il a été congédié par un employeur affublé du même patronyme le mois dernier.

L’anxiété générée par les règlements entourant le couvre-feu a donné lieu à un sketch mettant en vedette Martin Matte, qui pastiche sa populaire série Les beaux malaises. Quelques minutes seulement avant le début du couvre-feu, sa mère sonne à la porte pour lui offrir un modeste restant de viande hachée. S’ensuit une série d’incidents embarrassants impliquant des policières et policiers zélés et des voisines et voisins délateurs. Le tout se conclut par une démonstration du privilège de la célébrité.

Le comédien et deux comédiennes se tiennent debout dans une cuisine moderne. L'homme coupe des aliments.

Une scène du sketch « Les beaux malaises ».

Photo : Radio-Canada

La question du privilège, cette fois-ci appliquée à la sphère de la justice sociale, revient dans un des épisodes les plus élaborés de ce Bye bye, intitulé « Woking Dead ». À l’heure du coucher, François Legault (Claude Legault) et sa conjointe (Guylaine Tremblay) sont soudainement interrompus par des bruits inquiétants devant leur maison.

La source du vacarme? Des zombies wokes, parmi lesquels se trouve Gabriel Nadeau-Dubois, qui interpellent le premier ministre sur son apparente insensibilité quant à divers enjeux sociaux comme le racisme systémique, la crise du logement, l’appropriation culturelle et le patriarcat. Pour résister à l'effroyable horde, Legault brandit un portrait de Maurice Duplessis, tandis que sa conjointe sonne le glas de l’invasion en montrant aux zombies wokes une chronique de Richard Martineau.

Un homme se tient debout dans une classe avec des feuilles à la main.

Yannick De Martino dans le rôle de David Goudreault.

Photo : Radio-Canada

La palme du Bye bye 2021 revient assurément au segment sur David Goudreault, interprété avec panache par l’humoriste Yannick De Martino. Le slameur assiste à une séance d’information visant à recruter de nouveaux enseignants et enseignantes afin de contrer le manque de personnel dans les écoles. Se sentant particulièrement inspiré, il n’a de cesse d’interrompre la présentation de la directrice (Guylaine Tremblay) avec des slams improvisés, verbeux et brouillons, qui poussent les autres candidats et candidates à l’exclure de force. Le poète se fait repousser devant l’école, où se déroule une manifestation antivaccin, qui finit par se disperser devant la poésie pompeuse du slameur.

Comme l’an dernier, l’émission se termine par un bulletin de nouvelles mettant en vedette Guylaine Tremblay dans le rôle de Céline Galipeau, et Pierre Brassard dans celui de Pierre Bruneau. Le tandem commente en rafale plusieurs événements ayant marqué l’actualité de la dernière année : la victoire judiciaire de Mike Ward, l'exhibitionnisme du député fédéral William Amos, la culpabilité de Jacynthe René (pour exercice illégal de la médecine) ou l’incendie au manoir du patron de PornHub. Le bulletin se conclut par une discussion sur la masculinité toxique, que Pierre Bruneau démontre avec une ironie qui lui échappe en coupant constamment la parole à sa coprésentatrice.

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