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Chronique

Bilan spectacles 2021 : de la renaissance au reconfinement

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Klô Pelgag

Photo : Radio-Canada / Julien Faugere

Les écrits restent, dit-on. Cela s’avère plus que jamais en cette fin d’année pour ce qui est des concerts et des spectacles.

Il y a quelques jours, je suis tombé par hasard sur un de mes textes, publié le 1er janvier 2021, où je m’interrogeais sur ce qui nous attendait, rayon concerts, au cours des 12 prochains mois. À quelques détails près, on pourrait le republier intégralement aujourd’hui, tellement nous vivons le jour de la marmotte, prise deux ou trois.

L’année 2022 va donc commencer comme l’année 2021 : pour la troisième fois depuis le début de la pandémie, les arts vivants sont plongés dans un coma artificiel.

Avec le recul, il est sidérant de constater que les salles de spectacle (musique, humour, théâtre, danse) n’auront été ouvertes au maximum de leur capacité et sans distanciation – hormis pour ce qui est du port du masque – que pour environ deux mois depuis mars 2020. Et on ignore encore durant combien de temps cette énième fermeture va durer.

Elle avait pourtant été passablement plaisante, cette année 2021, jusqu’à la mi-décembre. Au gré des aléas des levées des restrictions selon les zones (rouges, orange, etc.), du retour de l’été et des festivals de musique en plein air, ainsi que de la réouverture graduelle et complète des salles au début octobre, les derniers mois ont été placés sous le signe de la renaissance musicale. On retrouvait les artistes, les scènes, les festivals et les amis au gré des allégements.

Histoire de conclure quand même sur une note positive, voici un petit palmarès lié aux quelque 50 concerts et plus vus cette année. L’échantillon est bien moindre que pour une année sans pandémie de 125 ou 150 concerts, mais après avoir été limité à 6 spectacles en 2020, j’ai pu, comme des millions de Québécois, vivre une poignée de moments marquants en 2021.

Le premier trio

Comme au hockey, il y a parfois un premier trio dominant. Voici les trois étoiles.

Klô Pelgag : il y a, bien sûr, les 13 Félix remportés avec 16 nominations au Gala de l’ADISQ, tous liés au disque Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Et, du nombre, le deuxième Félix de l’autrice-compositrice de l’année, après celui remporté en 2017. Klô Pelgag est la seule femme à avoir remporté ce trophée depuis Francine Raymond en 1993. Deux fois. Ça vaut une première étoile.

Charlotte Cardin : révélée par un populaire concours télévisé, la Québécoise a, petit à petit, proposé des chansons à la pièce et des microalbums depuis le milieu des années 2010. Il a fallu attendre à 2021 pour un premier disque (Phoenix) et un concert étonnant au festival Osheaga qui nous a démontré l’étendue du chemin parcouru.

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Charlotte Cardin

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Les Cowboys Fringants : Le vieux groupe de la relève, disait Karl Tremblay lors du premier des trois concerts au Centre Bell en novembre. Avec plus de 20 ans de carrière sur scène et 25 ans de carrière discographique à venir – en 2022 –, Les Cowboys Fringants n’ont jamais été aussi populaires que depuis l’explosion provoquée par Break syndical (2002).

La raison? Le disque Les antipodes (2019), ainsi que la chanson et le film L’Amérique pleure. La dernière fois qu’un groupe québécois – pas une artiste solo comme Céline Dion ou Marie Mai – a proposé quatre concerts (celui du 27 décembre a été reporté) en un mois dans l’amphithéâtre des Canadiens de Montréal, c’était Beau Dommage, en 1995… au Forum.

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Les Cowboys Fringants en concert au Centre Bell, à Montréal

Photo : Steve Caron / @lecaron

Les retrouvailles : The Franklin Electric et Dylan Phillips, de Half Moon Run, en prestation dans l’église Sainte-Thérèse d’Avila au festival Santa Theresa (19 mai), plus de huit mois après Dumas à La Tulipe. Une reprise dans une église? Symbole fort.

Le concert intimiste : Vincent Vallières au centre communautaire de Blainville (14 août), devant moins de 50 personnes. Vallières à la plus simple expression. Plus intime que ça, il joue dans ton salon.

Le concert dans mon salon : parlant de salon, c’est de cet endroit que j’ai apprécié le concert tout en délicatesse de Cœur de pirate aux Francos de Montréal (10 septembre), en raison d’un problème de logistique. Cela m’a permis de mesurer la qualité exemplaire (sonore et visuelle) des retransmissions en direct des Francos et de celles à venir au Festival de jazz. Exemplaire.

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Coeur de pirate en prestation

Photo :  La production est encore jeune / Karine Dufour

Le vrai concert de première : Ariane Moffatt qui offre la toute première représentation de son spectacle Incarnat, au FestiVoix, à Trois-Rivières (30 juin). Beau soleil et pieds dans le gazon. La plénitude.

Le concert émouvant : j’avais refusé d’aller voir le dernier tour de piste de Phil Collins en 2018, ne voulant pas le voir diminué sur scène. J’ai changé mon fusil d’épaule pour le dernier tout de piste de Genesis au Centre Bell (22 novembre). Excellente décision pour un concert émouvant au possible.

Le concert ouragan : debout sur son tabouret au piano ou aux claviers, assise, à genoux, allongée et même vautrée sur scène, l’ouragan Klô Pelgag aura déferlé sur la foule des Francos de Montréal (9 septembre).

Le concert coup de cœur : avec son ensemble à damiers et la dégaine d’une jeune Chrissie Hynde, Laurence-Anne aura captivé son auditoire aux Francos (9 septembre).

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Laurence-Anne aux Francos de Montréal

Photo : Francos de Montréal / Victor Diaz Lamich

Le moment de folie : lorsque Ricky Martin a amorcé le programme double (avec Enrique Iglesias) au Centre Bell (9 octobre) en interprétant Livin’ La Vida Loca, j’ai vu 15 000 personnes revivre en même temps. Décharge électrique digne de Manic-5 dans le bas des reins.

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Ricky Martin a ouvert le bal devant presque 15 000 personnes au Centre Bell.

Photo : evenko / Patrick Beaudry

Les moments de folie : toutes les générations d’amateurs des Cowboys Fringants étaient présentes à ce premier concert au Centre Bell (25 novembre), où les moments de réjouissante folie ont été nombreux.

L’instant de grâce : quand Leah Fay, du duo de July Talk, a donné la main à un spectateur pour se hisser sur la clôture au Festival Osheaga (3 octobre), l’image la plus forte de l’année m’a frappé de plein fouet. Enfin, artistes et spectateurs ne faisaient qu’un.

Je nous souhaite ça plus d’une fois en 2022.

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