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Confinement : pas de mesures supplémentaires pour la santé mentale des Québécois

Plus de 20 000 Québécoises et Québécois sont actuellement en attente d'un suivi en santé mentale dans le réseau public.

Une infirmière quitte un hôpital.

Le personnel de la santé est tout particulièrement sous pression et fatigué après 22 mois de pandémie.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement n'a pas prévu de soutien supplémentaire pour remonter le moral des Québécois malgré l'imposition d'un nouveau confinement. Québec mise sur une campagne de publicité déjà prévue et sur des investissements déjà annoncés pour répondre à la demande.

À l'aube de la nouvelle année, la province bascule aujourd'hui vers un nouveau confinement parmi les plus sévères en Amérique du Nord. Rassemblements interdits, couvre-feu dès 22 h, fermeture des salles à manger des restaurants... Le scénario de l'hiver dernier se répète dans l'espoir de freiner la propagation du variant Omicron et de préserver le système de santé québécois.

Le premier ministre François Legault a reconnu, en point de presse jeudi, que ces mesures pouvaient peser lourdement sur le moral de la population. Il a invité tout le monde au Québec à prendre soin des autres et à prendre le temps de communiquer avec ses proches, en particulier les personnes qui vivent seules.

Le premier ministre François Legault porte un masque.

Le premier ministre François Legault a lancé un appel à la solidarité des Québécoises et des Québécois jeudi en dévoilant les détails de son nouveau plan de confinement, qui comporte le retour du couvre-feu.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Toutefois, au-delà de cet appel à la solidarité, Québec ne prévoit pas investir ou mettre en œuvre de nouvelles mesures de soutien psychologique, et ce, alors que la liste d'attente pour un suivi en santé mentale dans le réseau public atteignait 20 224 personnes (jeunes et adultes) en date du 18 décembre.

Campagne de publicité

Invité à expliquer par quels moyens le gouvernement allait soutenir la population durant cette nouvelle épreuve, le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a fait savoir que rien de particulier n'était projeté.

Il a plutôt mis en avant une campagne publicitaire qui était dans les cartons avant la flambée des cas et avant l'émergence d'Omicron au Québec.

Cette campagne est en cours depuis décembre, indique l'attachée de presse Sarah Bigras. L'objectif de cette campagne est de diriger les personnes qui ressentent de l’anxiété ou de la déprime vers la plateforme en ligne Aller mieux à ma façon (Nouvelle fenêtre) ou vers la ligne Info-social 811.

Le ministre Lionel Carmant en point de presse devant un drapeau du Québec.

Le ministre Lionel Carmant

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Le gouvernement mise également sur ses investissements annoncés en novembre 2020. M. Carmant avait alors dévoilé un plan de 100 millions de dollars pour réduire les listes d'attente en santé mentale au Québec.

À ce moment-là, son cabinet reconnaissait que le confinement avait des effets négatifs sur la santé psychologique des gens. Le confinement amplifie certains facteurs de risque pour la dégradation de la santé mentale et psychosociale, pouvait-on lire dans le communiqué joint à l'annonce.

On y citait également une augmentation de la détresse liée, notamment, à l’isolement, à la perte d’emploi et de revenus, au sentiment d’inutilité, à la limitation des contacts sociaux, aux tensions familiales et conjugales, à la détérioration cognitive et psychologique liée à l’isolement et à la perte des activités de stimulation.

Deux mois plus tard, le Québec décrétait des mesures encore plus sévères, y compris un couvre-feu, lequel s'est échelonné du 8 janvier 2021 au 28 mai.

Liste stable

Malgré les investissements faits par Québec, la liste d'attente est de retour à un niveau observé au début de la crise de la COVID-19. Comparativement aux 20 200 noms actuels, la liste comprenait 20 610 personnes au 31 mars 2020, soit deux semaines après le début de la crise. Le temps d'attente pour voir un psychologue était alors estimé entre 6 et 24 mois, selon les cas.

Le cabinet de Lionel Carmant estime que la situation aurait pu être pire ces derniers mois sans les fonds injectés dans les services à la population. Les listes d’attente en santé mentale sont restées stables, malgré la hausse de la demande d’aide lors de la pandémie, plaide-t-on.

Le gouvernement rappelle finalement qu'il prévoit annoncer le nouveau plan d’action interministériel en santé mentale prochainement et que des sommes y seront associées.

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