•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Association canadienne des libertés civiles « préoccupée » par le couvre-feu

Un homme se fait arrêter par la police.

Lors du couvre-feu de l'hiver dernier, les policiers ont remis une moyenne de 1000 contraventions chaque semaine.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

L’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) se dit « très préoccupée » par le retour du couvre-feu au Québec. Les policiers, eux, seront sur les routes pour le faire respecter à compter de 22 h vendredi et ne feront pas d'exception pour les récalcitrants.

Le gouvernement Legault a annoncé jeudi le retour de l’interdiction de se trouver dans les lieux publics entre 22 h et 5 h du matin à cause de la flambée des cas déclarés de coronavirus.

Un couvre-feu est une mesure particulièrement problématique, car elle confère aux forces de police un prétexte pour arrêter et interroger des individus du simple fait qu’ils sont dehors à certaines heures de la journée, selon l'Association canadienne des libertés civiles.

L'organisme souligne que « le gouvernement a reconnu qu’il n’y avait aucune preuve qu’une telle mesure permettrait de réduire la propagation du virus lorsqu’elle a été imposée la première fois en janvier 2021 et aucune autre preuve n’a été obtenue depuis pour suggérer qu’elle serait efficace cette fois-ci ».

L’imposition de tels contrôles risque d’affecter de manière disproportionnée les membres de groupes racisés et d’autres groupes marginalisés, explique-t-on. L'Association dénonce aussi l'intrusion de l’État chez les particuliers que représentent les graves restrictions imposées en matière de "rassemblements privés".

L'Association canadienne des libertés civiles demande au gouvernement de réexaminer ces mesures et de faire au moins preuve de transparence quant aux facteurs qu’il utilisera pour décider à quel moment les supprimer.

Le premier ministre n'a pas donné de date de péremption pour le couvre-feu jeudi, mais a promis qu'il s'agira de la première mesure levée lorsque la situation dans les hôpitaux s'améliorera.

Présence policière

Malgré un fort taux d'absentéisme dans plusieurs services essentiels en raison des nombreux cas de COVID-19 et de l’isolement préventif, « les policiers sont là et en grand nombre », a assuré Didier Deramond, directeur général de l’Association des directeurs de police du Québec, au micro de l'émission Tout un matin, diffusée sur ICI Première.

L’heure n’est plus aux rappels, selon M. Deramond, qui soutient que les Québécois ont été bien informés de cette mesure.

« Après 22 mois [de pandémie], la période de grâce, s’il devait y en avoir une, on l’a eue. »

— Une citation de  Didier Deramond, directeur général de l’Association des directeurs de police du Québec

Comme l’année dernière, la Sécurité publique lancera une alerte à la radio, à la télévision et sur les réseaux de téléphonie cellulaire pour prévenir la population de l’entrée en vigueur du couvre-feu.

Des exceptions sont toutefois prévues. Il sera ainsi possible de se trouver à l'extérieur en dehors des heures permises pour se rendre au travail, suivre un cours, recevoir des médicaments ou des soins de santé, faire un don de sang, reconduire un enfant chez l'autre parent qui en a la garde, ou sortir son chien pour qu'il fasse ses besoins, notamment.

Et cette fois, les personnes sans-abri sont aussi exemptées de l'application du couvre-feu. En janvier dernier, la Cour supérieure en avait suspendu l'application à ces derniers après que Québec eut refusé de le faire. La liste complète des exceptions au couvre-feu (Nouvelle fenêtre) est disponible sur le site web du gouvernement.

Comme lors du couvre-feu précédent, toutes les personnes qui se promèneront à l'extérieur pendant le couvre-feu devront justifier la raison de leur déplacement. Les travailleurs devront avoir en leur possession un formulaire d’attestation de déplacement en dehors des heures permises, notamment.

Les contrevenants s’exposeront à des amendes allant de 1000 $ à 6000 $ s’ils ne sont pas en mesure de justifier adéquatement la raison de leur sortie. Les jeunes de 14 ans et plus sont passibles d’une amende de 500 $.

Lors du couvre-feu de l'année dernière, 20 958 contraventions pour non-respect du couvre-feu ont été distribuées, pour un total de plus de 31 millions de dollars.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !