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Omicron joue les trouble-fêtes pour l’économie américaine

Des bateaux à quai.

Des navires de croisière internationaux et nationaux ont accosté à Miami, en Floride.

Photo : Associated Press / Brynn Anderson

Agence France-Presse

Spectacles de Noël annulés, croisières à éviter, avions incapables de décoller : le variant Omicron a déjà semé la pagaille aux États-Unis et pourrait contribuer à la pénurie de travailleurs, voire à la vertigineuse hausse des prix que connaît le pays.

Nous commençons à voir les premiers signes des répercussions d'Omicron sur l'économie, principalement dans les services, a expliqué Oren Klachkin, économiste pour Oxford Economics, dans un entretien à l'AFP, citant notamment les bars et les restaurants.

La première économie du monde espérait pouvoir enfin regarder la COVID dans le rétroviseur, mais à la veille de la nouvelle année, le virus vient de nouveau jouer les trouble-fêtes. Apparu il y a un mois, le variant Omicron, extrêmement contagieux, fait flamber le nombre de nouveaux cas.

Cela a même poussé les autorités sanitaires américaines (CDC) jeudi à déconseiller les croisières, relevant que le risque de contracter la COVID-19 [...] y est très élevé, même pour les vaccinés.

En effet, 5013 cas ont été signalés dans les eaux territoriales américaines entre le 15 et le 29 décembre, contre seulement 162 entre le 30 novembre et le 14 décembre.

Des voyageurs devant le tableau d’affichage des vols dans un aéroport.

Des voyageurs devant le tableau d’affichage des vols à l'aéroport international de Miami.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Il est cependant encore difficile de quantifier les conséquences économiques de ce variant, d'autant plus que c'est la saison des fêtes de fin d'année, qui a elle-même une incidence sur les données, a détaillé Oren Klachkin.

Les analystes de Moody's ont quant à eux récemment abaissé leur prévision de croissance pour le premier trimestre à cause d'Omicron, tablant sur environ 2 %, contre 5 % anticipés auparavant.

Manque de main-d'œuvre

Cette peur de la contagion et la baisse du nombre de réservations dans les restaurants ne sont qu'une partie de l'équation, a averti l'économiste Diane Swonk, de Grant Thornton, dans un tweet.

Il est désormais compliqué de trouver de la main-d'œuvre à cause du nombre de personnes malades, ce n'est pas nouveau, c'est tout simplement amplifié par Omicron, a souligné l'économiste.

Ce manque de travailleurs, dû aux très nombreuses mises en quarantaine après un test positif ou un contact avec une personne infectée, risque de paralyser une vaste partie de l'économie.

Nous voyons le début de ce que je crains et les CDC aussi, de toute évidence, à savoir une augmentation du nombre de personnes malades, donc dans l'incapacité de faire fonctionner les services, même essentiels.

Le transport aérien connaît ainsi des jours difficiles avec des annulations par milliers, tant le nombre d'employés navigants placés en isolement est élevé au moment même où les Américains se déplacent massivement pour les fêtes de fin d'année.

Des clients dans un centre commercial à New York.

Des clients dans un centre commercial à New York.

Photo : Getty Images / Scott Heins

Pour limiter les absences, l'administration de Joe Biden a ainsi décidé lundi de réduire la durée de la quarantaine recommandée de dix à cinq jours.

En effet, ce manque de main-d'œuvre risque d'aggraver une situation qui dure depuis des mois : il n'y a pas assez de travailleurs aux États-Unis pour occuper tous les postes vacants, notamment en raison des très nombreux départs anticipés à la retraite depuis le début de la pandémie.

Nous prévoyons que le marché du travail continuera de se redresser en 2022 avec environ cinq millions de nouveaux emplois créés, soit un peu plus de 400 000 par mois, anticipe Nancy Vanden Houten, économiste pour Oxford Economics.

Cependant, souligne-t-elle, cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de pénurie dans certains secteurs.

Le taux de chômage et le nombre d'emplois créés aux États-Unis en décembre seront annoncés le 7 janvier.

Craintes sur l'inflation

Certains économistes craignent aussi que ces perturbations n'aggravent une inflation qui est au plus haut depuis 1982, le variant perturbant la fabrication et les transports à l'échelle de la planète.

Il existe un risque réel que les variants soient désormais plus inflationnistes que désinflationnistes, détaille Diane Swonk. Cependant, dans un premier temps, la hausse des prix des services et de l'énergie pourrait s'atténuer avec une demande en baisse.

Mark Zandi, chef économiste pour Moody's, mise quant à lui sur une incidence modeste d'Omicron sur l'inflation.

Les entreprises ont fait des progrès significatifs pour atténuer les goulets d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement mondiale, souligne-t-il.

Par ailleurs, même si plus de travailleurs tombent malades [...], ils devraient, étant moins sévèrement touchés, reprendre le travail plus rapidement, d'autant plus que les CDC ont récemment réduit la période d'isolement recommandée.

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