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Perquisition contre un média à Hong Kong : l’ex-Montréalaise Denise Ho arrêtée

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Denise Ho n'est pas à sa première arrestation. Elle fut arrêtée en décembre 2014 par la police hongkongaise (archives).

Photo : Getty Images / Lucas Schifres

La Presse canadienne

Un site Internet prodémocratie à Hong Kong a fermé mercredi après une perquisition de la police qui a également arrêté un journaliste et sept rédacteurs en chef actuels et anciens et des membres du conseil d'administration du média, dont Denise Ho, une vedette pop cantonaise qui a grandi à Montréal.

Ce raid a été orchestré dans le cadre d'une répression continue de la dissidence dans la ville chinoise semi-autonome.

La militante et chanteuse populaire Denise Ho a été arrêtée pour complot en vue de publier des textes séditieux.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a indiqué sur Twitter que le Canada est profondément préoccupé par l'arrestation à Hong Kong d'actuels et d'anciens membres du conseil d'administration et du personnel de Stand News, y compris la Canadienne et activiste Denise Ho.

Le député conservateur Michael Chong a pour sa part indiqué que son arrestation enfreint le Traité sino-britannique de 1984. On ne peut pas fermer les yeux sur les violations du droit international par Pékin.

Selon son profil LinkedIn, Denise Ho a fait ses études secondaires au Collège Jean-de-la-Mennais avant d'étudier au Collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal.

Elle a également commencé des études de design graphique à l'UQAM avant de connaître une carrière sur la scène pop à Hong Kong.

Denise Ho, connue sous le nom d'artiste HOCC, est également une militante engagée pour les droits de la personne.

Dans un article du New Yorker en 2019, elle avait déclaré, à propos d'une de ses chansons intitulée Montréal, que la métropole québécoise lui avait appris comment être une personne.

« Mes valeurs, mon sens de l'indépendance, mes principes, mon penchant pour la rébellion, ils ont tous pris racine là. »

— Une citation de  Denise Ho, chanteuse et activiste

Des médias ciblés par la police

Stand News a déclaré dans un communiqué que son site web et ses réseaux sociaux ne seront plus mis à jour et seront supprimés. Le média a déclaré que tous les employés avaient été licenciés.

Stand News était l'une des dernières voix ouvertement critiques à Hong Kong après la fermeture du journal Apple Daily, qui a fermé après que son éditeur, Jimmy Lai, et les principaux rédacteurs en chef ont été arrêtés et que ses avoirs ont été gelés.

Plus tard, les policiers ont également arrêté une septième personne, un ancien rédacteur en chef de l'Apple Daily.

Plus de 200 agents ont été impliqués dans la perquisition, a indiqué la police. Ils avaient un mandat pour saisir des documents journalistiques pertinents en vertu d'une loi sur la sécurité nationale promulguée l'année dernière.

Les sept personnes ont été arrêtées en vertu d'une ordonnance sur la criminalité qui date de l'époque où Hong Kong était une colonie britannique avant 1997, date à laquelle elle a été rétrocédée à la Chine. Si ces personnes sont reconnues coupables, elles pourraient encourir jusqu'à deux ans de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 5000 $ de Hong Kong (820 $ CA).

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Des policiers devant le siège du site Internet Stand News

Photo : AP / Vincent Yu

La police n'a pas révélé qui a été arrêté, mais le journal South China Morning Post de Hong Kong a rapporté qu'il s'agissait d'un rédacteur actuel et d'un ancien rédacteur en chef de Stand News, ainsi que de quatre anciens membres du conseil d'administration, dont Denise Ho et l'ancienne législatrice Margaret Ng.

Une publication sur Facebook sur le compte de Denise Ho a confirmé mercredi matin qu'elle était en train d'être arrêtée. Un message ultérieur publié en son nom indiquait qu'elle allait bien et exhortait ses amis et ses partisans à ne pas s'inquiéter pour elle.

Ce message a attiré près de 40 000 j'aime et 2700 commentaires, principalement de la part de ses admirateurs.

Tôt mercredi, Stand News a publié sur Facebook une vidéo de policiers au domicile d'un rédacteur en chef adjoint, Ronson Chan, qui est également président de l'Association des journalistes de Hong Kong. Il a été emmené pour interrogatoire, a confirmé l'organisation dans un communiqué.

M. Chan, qui a ensuite été libéré, a déclaré aux médias que la police avait saisi ses appareils électroniques, ses cartes bancaires et sa carte de presse.

Ces arrestations se produisent alors que les autorités répriment la dissidence dans la ville chinoise semi-autonome. La police de Hong Kong avait précédemment fait une descente dans les bureaux de l'ancien journal Apple Daily, saisissant des boîtes de matériel et des disques durs d'ordinateurs pour l'aider dans son enquête et gelant des millions de dollars, ce qui a par la suite forcé le journal à cesser ses activités.

La police a inculpé mardi Jimmy Lai, de l'Apple Daily, de sédition. Il était déjà emprisonné pour d'autres chefs d'accusation.

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Salle de rédaction de l'Apple Daily

Photo : Reuters / Lam Yik

Nous ne ciblons pas les journalistes, nous ne ciblons pas les médias, nous ciblons simplement les infractions à la sécurité nationale, a déclaré Li Kwai-wah, surintendant principal du département de la sécurité nationale de la police. Si vous ne faites que des reportages, je ne pense pas que ce soit un problème.

Il a déclaré lors d'une conférence de presse que les personnes arrêtées devaient rendre compte de leurs actes même si elles avaient démissionné de Stand News.

Lorsqu'on lui a demandé quel conseil il avait pour les médias, Li Kwai-wah a répondu : Ne soyez pas partial. Vous savez bien comment faire un reportage, comment être un journaliste responsable, comment faire un reportage impartial pour vos lecteurs. C'est tout ce que je peux vous dire.

Des critiques contre l'État policier de Hong Kong

Plus tôt cette année, Stand News avait annoncé qu'il suspendrait les abonnements et supprimerait la plupart des articles d'opinion et les chroniques de son site Internet en raison de la loi sur la sécurité nationale. Six membres du conseil d'administration avaient également démissionné de la société.

L'association des journalistes a exhorté le gouvernement de la ville à protéger la liberté de la presse conformément à la mini-constitution de Hong Kong, la Loi fondamentale.

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Stand News a fermé ses portes ce jeudi 29 décembre.

Photo : AP / Vincent Yu

L'Association des journalistes de Hong Kong est profondément préoccupée par le fait que la police a arrêté à plusieurs reprises de hauts responsables des médias et a fouillé les bureaux d'agences de presse contenant de grandes quantités de matériel journalistique plusieurs fois en l'espace d'un an, a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Benedict Rogers, cofondateur et PDG de l'organisation non gouvernementale Hong Kong Watch, a déclaré que les arrestations ne sont rien de moins qu'une attaque totale contre la liberté de la presse à Hong Kong.

« Quand une presse libre garantie par la Loi fondamentale de Hong Kong est qualifiée de séditieuse, c'est un symbole de la vitesse à laquelle cette ville internationale autrefois grande et ouverte est devenue un peu plus qu'un État policier. »

— Une citation de  Benedict Rogers

Les arrestations de mercredi ont suivi le retrait de sculptures et d'autres œuvres d'art des campus universitaires la semaine dernière. Les œuvres soutenaient la démocratie et commémoraient les victimes de la répression chinoise contre les manifestants démocrates sur la place Tiananmen de Pékin en 1989.

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