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Québec dévoile les directives pour le retour de travailleurs essentiels infectés

Une infirmière dans une salle d'opération.

Les employés du réseau de la santé qui ont été en contact avec un cas positif ne seront plus placés immédiatement en isolement préventif.

Photo : Getty Images / gpointstudio

Si la situation venait à se détériorer encore davantage dans certains secteurs, Québec autoriserait les gestionnaires à rappeler les travailleurs qui n'ont pas complété leur période d'isolement préventif, et même, dans certains cas, ceux qui ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19.

La santé publique a détaillé mercredi après-midi son plan de contingence pour les bris dans les services à la population. Ce plan s'applique au réseau de la santé tel que l'avait annoncé mardi le ministre de la Santé, Christian Dubé, mais pas uniquement.

Québec n'a pas donné de listes exhaustives de ces autres secteurs, préférant laisser aux gestionnaires le soin de juger si le service qu'ils offrent est essentiel selon le contexte et la région, mais précise que la directive s'applique entre autres aux corps de police, aux pompiers ainsi qu'aux services de transport collectif.

Il ne s'agit cependant pas d'une entrée sans condition pour les travailleurs positifs au virus, a précisé à plusieurs reprises le conseiller médical stratégique de la santé publique, le Dr Richard Massé, lors d'une séance d'information mercredi après-midi.

En plus du personnel de la santé, les travailleurs essentiels infectés et asymptomatiques pourront retourner au front plus rapidement. Québec n'a pas donné de liste exhaustive de ces autres secteurs, préférant laisser aux gestionnaires le soin de juger si le service qu'ils offrent est essentiel, mais précise que la directive s'applique entre autres aux corps de police, aux pompiers ainsi qu'aux services de transport collectif. Le reportage de Pierre-Alexandre Bolduc.

Le Dr Massé affirme que tous les travailleurs qui présentent des symptômes de la COVID-19, test positif ou pas, doivent continuer de se placer en isolement.

Les nouvelles mesures présentées concernent ainsi essentiellement les personnes asymptomatiques.

Ordre de rappel des travailleurs essentiels

  1. Employé vacciné qui a été en contact avec une personne infectée et placé en isolement préventif depuis cinq jours;
  2. Employé, vacciné ou non, qui a été en contact avec une personne infectée et placé en isolement au moins cinq jours;
  3. Employé vacciné qui a été en contact avec une personne infectée et placé en isolement préventif depuis trois jours;
  4. Employé qui a contracté la COVID-19, qui est asymptomatique et qui a passé cinq jours en isolement;
  5. Employé qui présente des symptômes de COVID-19. Le gestionnaire doit toutefois obtenir l'autorisation de la direction de la santé publique de sa région.

Dès mercredi, les employés du réseau de la santé qui ont reçu leurs deux doses de vaccin et qui ont été en contact ponctuel avec une personne infectée, au travail ou à l'extérieur, ne seront plus retirés de leur poste de façon préventive. Tous doivent cependant surveiller l'apparition de symptômes dans les deux semaines suivant le contact et se faire dépister dès que possible.

Seuls ceux qui vivent avec un proche symptomatique seront placés en isolement, pour une durée de sept jours. Cet isolement pourrait toutefois être brisé si une rupture de service est à prévoir dans le secteur de travail de l'employé.

Si cette mesure ne s'avère pas suffisante, Québec autorisera les gestionnaires à rappeler au travail ceux qui ont reçu un diagnostic positif au virus, et ce, peu importe leur statut vaccinal.

L'employé devra toutefois ne présenter aucun symptôme de la COVID-19 et avoir passé au moins cinq jours en isolement.

« C'est très difficile de mesurer l'impact de la mesure [du retour des travailleurs positifs] quand on ne sait pas avec quelle ampleur elle sera utilisée. »

— Une citation de  Le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique de la Direction générale de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux

Pas question toutefois de forcer les travailleurs essentiels positifs à retourner au travail. Québec compte respecter en cela les conventions collectives des différents secteurs et corps de métier.

Toutefois, Richard Massé fait appel au contrat moral, particulièrement entre le personnel soignant et les patients. Si c'est une question de vie ou de mort, on espère que les gens vont répondre [à l'appel], a-t-il dit.

Un scénario catastrophe prévoit également le retour en poste de travailleurs symptomatiques. L'employeur qui aurait recours à cette mesure devrait toutefois obtenir le feu vert de la santé publique en santé au travail de sa région.

Des bris de services évités de justesse chez les pompiers à Montréal

D'autres travailleurs essentiels que ceux de la santé pourront également être sortis de leur isolement préventif, a précisé mercredi la santé publique.

Cette possibilité est devenue réalité pour certains pompiers de la Ville de Montréal, qui ont été appelés en renfort pour les soirs du 24 et du 25 décembre.

C'est ce qu'a confirmé à Radio-Canada le président de l'Association des pompiers de Montréal, Chris Ross.

Les gestionnaires de certaines casernes n'étaient pas en mesure de combler certains quarts pour ces soirs de festivités, et ce, même si le temps supplémentaire obligatoire est en vigueur depuis le 18 janvier pour les pompiers de la métropole. Il ont donc dû faire appel à des employés placés en isolement préventif.

« Il y a un risque, c'est sûr, mais le risque de ne pas avoir de pompiers en uniforme est encore plus grand. »

— Une citation de  Chris Ross, le président de l'Association des pompiers de Montréal

Cette décision a été prise en fonction d'un avis régional intérimaire de la santé publique de Montréal, diffusé quelques jours avant les directives de Québec.

Il n'a pas été possible de savoir combien de pompiers ont été réquisitionnés, mais M. Ross assure que chacun d'entre eux a passé un test de dépistage dans une clinique privée avant d'entrer au travail et qu'il a été remis en isolement une fois le quart terminé.

C'était ça, ou il n'y avait pas de pompiers dans les camions, a affirmé Chris Ross, qui qualifie la mesure de cas d'exception.

Il met toutefois en garde la santé publique contre la possibilité de rappeler au travail des pompiers qui sont bel et bien positifs à la COVID-19.

C'est impossible, dit-il. On est tellement proches dans les casernes, on dort ensemble... Dans les camions, aussi, on ne peut pas avoir de distanciation.

Si vous renvoyez quelqu'un [de positif à la COVID-19] à la caserne, c'est l'équivalent de donner le virus à tout le monde, martèle-t-il.

Selon lui, environ 300 pompiers de Montréal sont en ce moment en isolement préventif et près de 100 d'entre eux ont obtenu un résultat positif à la COVID-19.

La Ville emploie environ 2400 personnes à son service de protection contre les incendies.

Des trous dans les effectifs... mais pas de panique

Chez les pompiers de Longueuil, sur la Rive-Sud, la situation se dégrade également.

Selon des données obtenues par Radio-Canada, plus de 30 personnes sont présentement en isolement ou positives à la COVID-19.

En ce moment, si l'on dénombre les absences COVID, les maladies et les vacances, 50 % des employés ne sont pas disponibles, peut-on lire dans une note interne.

Le porte-parole du Service de sécurité incendie de l'agglomération de Longueuil, Stéfan Di Fruscia, confirme qu'il manque près de la moitié des effectifs en poste, mais la situation n'est pas alarmante selon lui.

Tous les quarts sont comblés, dit-il. Quand les employés permanents ne veulent pas faire de temps supplémentaire, on les offre aux temporaires.

Du côté de la Ville de Laval, on assure également que la situation est sous contrôle.

Le nombre minimum d’employés requis pour chaque quart de travail est respecté en tout temps, précise la conseillère aux affaires publiques Myriam Legault par courriel.

Laval fait néanmoins état de 100 policiers et de 44 pompiers en isolement préventif ou positifs au virus.

À la Sûreté du Québec, on compte 267 diagnostics positifs parmi les effectifs, mais, par courriel, on assure que la capacité opérationnelle des unités ou postes concernés n’est pas affectée par ces cas.

Même son de cloche du côté de la Société de transport de Montréal (STM), qui fait état de 263 employés absents en raison de la COVID-19. À la direction, on assure que les services sont maintenus malgré tout.

Le Réseau de transport de Longueuil (RTL) a toutefois dû réduire la fréquence de certains passages, puisqu'il manque une quarantaine de travailleurs.

Avec des informations de Thomas Gerbet

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