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L’incertitude persiste dans l’industrie du tourisme

Des bancs bar pendant le confinement.

L'industrie du tourisme et de l'hôtellerie au pays a été parmi les plus durement touchés par la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Le secteur du tourisme et de l’hôtellerie a été parmi les plus durement touchés par la pandémie. Alors que l’incertitude autour du variant Omicron persiste, le ministre fédéral responsable du tourisme a déclaré que le retour des voyageurs internationaux pourrait encore être loin.

Pendant les jours les plus sombres de la pandémie, l’organisme Destination Canada, qui encourage les gens à travers le monde à visiter le Canada en temps normal, a plutôt encouragé les Canadiens à voyager à l’intérieur du pays, constate le ministre du Tourisme Randy Boissonnault.

Je pense que d’ici l’automne 2022, nous allons surtout voir des voyageurs canadiens au Canada.

Une citation de Randy Boissonnault, ministre fédéral du Tourisme

Au Canada, les voyageurs nationaux représentent 78 % des dépenses touristiques. Mais les visiteurs internationaux dépensent en moyenne 1 047 $ par voyage, tandis que les vacanciers nationaux dépensent moins d’un quart de cette somme.

Les voyages intérieurs sont une étape cruciale pour remettre notre industrie sur pied, mais ils ne pourront pas combler les revenus générés par les voyages internationaux en temps normal, affirme Beth Potter, la directrice générale de l’Association de l’industrie touristique du Canada.

Le secteur du tourisme est passé d’une industrie de 105 milliards de dollars par année avant la pandémie à une industrie d’environ 53 milliards de dollars maintenant.

Cela représente une baisse de 40 % en ce qui a trait aux dépenses nationales et de 87 % des dépenses des visiteurs internationaux.

Les acteurs de l’industrie comme Mme Potter affirment que le secteur devra faire face à trois défis importants au cours de la prochaine année.

Le premier défi consiste simplement à survivre jusqu’au retour des visiteurs. Le deuxième est l’impact des restrictions actuelles sur les voyages. Finalement, le troisième défi est la pénurie de main-d'œuvre provoquée par la pandémie.

En 2020, alors que le pays se confinait et que la frontière se fermait aux voyageurs internationaux, le secteur du tourisme a dû mettre à pied 43 % de ses effectifs, soit environ 900 000 emplois, selon Destination Canada.

Certains de ces emplois sont revenus depuis, mais au cours des dix premiers mois de l’année, le secteur compte toujours 360 000 emplois de moins qu’avant la pandémie.

Nous avons dû mettre à pied plusieurs travailleurs et beaucoup d’entre eux ne reviendront pas.

Une citation de Susie Grynol, présidente de l’Association canadienne des hôtels

Plusieurs travailleurs ne reviendront pas au secteur, non pas parce qu’ils ne veulent pas travailler dans le secteur de l’hospitalité, mais parce que nous ne sommes toujours pas en mesure de réembaucher tous nos travailleurs, surtout maintenant que nous sommes en basse saison, affirme la présidente de l’Association canadienne des hôtels.

Un retour incertain des travailleurs

Les experts du secteur du tourisme affirment que la pénurie de main-d'œuvre n'est pas uniquement due à une demande faible à court terme qui se corrigera d'elle-même une fois les frontières rouvertes.

Il s’agit plutôt d’un éloignement permanent du secteur par des travailleurs clés, selon eux.

Notre industrie a subi des dommages à sa réputation parce que les gens pensent qu'elle est instable. Nous avons été soumis à de nombreuses restrictions, a déclaré Beth Potter, la présidente de l’Association de l’industrie du tourisme du Canada.

Nous avons perdu des employés. Ils nous ont dit qu’ils ne reviendraient pas parce qu’ils ne voient pas notre industrie comme un endroit stable pour poursuivre leur carrière.

Une citation de Beth Potter, présidente de l’Association de l’industrie du tourisme du Canada

Selon Mme Potter, les pertes d’employés concernent aussi bien le personnel de première ligne que d’autres postes, comme les nettoyeurs, les plongeurs, les avocats et les comptables.

Selon Mme Grynol et Mme Potter, les touristes canadiens ont rapporté que les hôtels ont dû mettre des limites sur leurs taux d’occupation en raison du manque de personnel et que les restaurants ont annulé le service du midi au plus fort de la saison.

Si nous parvenons à préserver ce secteur et à le garder en vie, nous obtiendrons un climat de voyage ouvert et selon nous il y aura une renaissance du tourisme, dit Susie Grynol.

Pour s’assurer que le Canada est prêt, l’industrie souhaite que le gouvernement fédéral apporte des ajustements au programme des travailleurs étrangers temporaires et aux filières d’immigration afin de combler la demande de travailleurs clés dans le secteur.

Engager des étudiants et profiter de l’immigration

Ils souhaitent également la relance de programmes qui ciblent les jeunes diplômés ou les étudiants étrangers qui occupent des emplois saisonniers dans le secteur du tourisme, afin de financer les voyages internationaux.

M. Boissonnault se dit ouvert à cette idée et a déjà pris des mesures en matière d’immigration pour s’assurer que son secteur dispose des travailleurs dont il a besoin.

Dès ma première semaine en tant que ministre, peut-être le troisième jour, j’en parlais déjà avec le ministre de l’Immigration Sean Fraser [et le ministre du Travail Seamus O’Regan], a déclaré le ministre du Tourisme.

C’est une conversation active au sein de notre gouvernement et nous allons nous pencher sérieusement sur ce sujet en 2022 avec les parties prenantes pour aborder cette question à long terme, ajoute-t-il.

Les professionnels du secteur disent qu’ils doivent réparer les dommages que la pandémie a infligés à la réputation de l’industrie afin d’attirer de nouveaux travailleurs.

Nous devons encourager les Canadiens à croire qu’il s’agit d’une industrie où il fait bon vivre, a déclaré Beth Potter.

Nous devons commencer à faire appel non seulement aux parents et aux enseignants, mais également aux élèves, même ceux du primaire, pour qu’ils sachent que notre industrie offre d’excellentes possibilités de carrière.

Une citation de Beth Potter, directrice générale de l’Association de l’industrie touristique du Canada

Le ministre Boissonnault veut aussi encourager les jeunes à considérer les emplois dans le tourisme comme des carrières formidables que l’on peut avoir toute sa vie.

Reconstruire cette main-d'œuvre nécessite une certaine prévisibilité et la simplification des restrictions de voyage y contribuerait aussi, selon les experts de l’industrie.

Nous voulons rendre le mouvement des personnes à l’intérieur et à l’extérieur du pays aussi transparent que possible. Nous voulons nous assurer d’avoir un seul système à travers le Canada et non 13 ou 14 systèmes différents, affirme Mme Potter.

De son côté, M. Boissonnault a déclaré que, même s’il aimerait également voir plus de prévisibilité, on peut s’attendre à ce que les provinces adoptent des approches différentes et tout à fait légitimes en matière de restrictions de voyage.

Nous devons montrer que les déplacements, lorsqu’ils sont effectués correctement, sont sécuritaires, dit-il. Et nous devons également veiller à la sécurité des voyageurs et nous assurer que nous prenons les bonnes mesures. La sécurité doit être prioritaire, ensuite viendront les voyages.

Avec les informations de CBC News

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