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Au procès de Ghislaine Maxwell, les jurés peinent à parvenir à un verdict

Dessin de cour de la scène.

La juge Alison Nathan lit ses instructions au jury, situé dans le box des jurés à droite, juste avant le début de leurs délibérations, le lundi 20 décembre.

Photo : Associated Press / Elizabeth Williams

Agence France-Presse

Le jury au procès de l'ex-mondaine britannique Ghislaine Maxwell, jugée à New York pour trafic sexuel, a de nouveau échoué lundi dans ses interminables délibérations à décider de la culpabilité ou de l'innocence de l'ancienne compagne de l'influent financier américain Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019.

Mme Maxwell, qui a eu 60 ans le jour de Noël, passe les fêtes de fin d'année dans une prison de New York où elle est incarcérée depuis l'été 2020, poursuivie entre autres pour avoir fourni à M. Epstein, entre les années 1994 et 2004, des jeunes filles mineures exploitées sexuellement.

Le procès au tribunal fédéral de Manhattan a commencé le 29 novembre et les débats ont pris fin il y a une semaine. Depuis lors, et après une pause pour Noël, les 12 jurés ne parviennent pas à se mettre tous d'accord sur la culpabilité ou l'innocence de cette élégante sexagénaire qui a grandi et évolué dans des milieux hyper-privilégiés entre l'Europe et les États-Unis.

Les jurés se retrouveront mardi vers 9 h, et pourront délibérer jusqu'à 18 h.

Prenant en quelque sorte leur défense, une des avocats de Ghislaine Maxwell, Bobbi Sternheim, a demandé de ne pas les pousser car ils semblent travailler de manière très studieuse. Sa cliente paraissait détendue, comme elle l'est depuis trois semaines, vêtue d'un élégant pullover beige.

Détentrice d'une triple nationalité britannique, française et américaine, Ghislaine Maxwell risque une longue peine de prison si elle est jugée coupable des six crimes qui lui sont imputés, tous relatifs à des violences sexuelles commises par Jeffrey Epstein sur quatre victimes, mineures à l'époque des faits, qui ont témoigné durant le procès.

Pour leur quatrième journée de délibérations à huis clos, les jurés ont réclamé lundi matin à la juge Alison Nathan qu'elle leur fasse parvenir un tableau blanc, des surligneurs et des post-it de différentes couleurs.

Ils ont également demandé une définition juridique précise du délit d'incitation à la débauche ainsi que la retranscription du témoignage d'un ancien petit ami d'une des quatre accusatrices, connue sous le pseudonyme de Jane.

Une prédatrice sophistiquée, selon une procureure

Soupçonné de s'être entouré pendant des années de nombreuses jeunes filles, à qui il demandait des massages sexuels, dans ses luxueuses résidences en Floride, au Nouveau-Mexique ou dans les îles Vierges américaines, Jeffrey Epstein s'est suicidé dans une prison new-yorkaise à l'été 2019. Cette mort a fait scandale, l'influent financier emportant ses secrets et privant des dizaines de victimes d'un procès.

Un an plus tard, Ghislaine Maxwell a été arrêtée dans le nord-est des États-Unis.

Cette habituée du jet-set international, fille du magnat des médias Robert Maxwell, mort en 1991, a été dépeinte par la procureure Alison Moe en prédatrice sophistiquée et décrite comme un personnage clé du système créé avec Jeffrey Epstein, dont elle a été la partenaire en amour et le bras droit.

L'homme prend la femme par le cou.

Ghislaine Maxwell aurait aidé le prétendu prédateur sexuel Jeffrey Epstein à piéger des adolescentes.

Photo : Getty Images / Patrick McMullan

Concrètement, le jury doit dire si Ghislaine Maxwell a encouragé une des victimes, Jane, à avoir des relations sexuelles avec le multimillionnaire de 1994 à 1997, de 14 à 17 ans, ou si elle s'est rendue coupable de trafic sexuel à l'encontre de Carolyn, rémunérée 300 dollars par massage sexuel et également mineure à l'époque des faits (2001-2004). Carolyn a désigné l'accusée comme celle qui fixait les rendez-vous et a assuré qu'elle l'avait vue nue et lui avait touché la poitrine dans la villa de Palm Beach.

De son côté, Jane a raconté comment le couple l'avait abordée puis mise à l'aise, promettant d'aider cette jeune fille issue d'une famille défavorisée de Palm Beach.

La défense a au contraire plaidé l'acquittement, assurant qu'il n'y avait aucune preuve que Ghislaine Maxwell ait recruté une seule des quatre victimes pour la livrer à Jeffrey Epstein et fustigeant la mémoire très mauvaise et variable des accusatrices sur des événements vieux de plus de 25 ans.

Durant leurs délibérations, les jurés ont aussi demandé à avoir en main propre les retranscriptions de plusieurs interrogatoires, dont ceux de plusieurs victimes.

Ghislaine Maxwell a plaidé non coupable.

Votre honneur, le ministère public n'a pas fourni de preuve au-delà du doute raisonnable, je n'ai donc pas besoin de témoigner, avait-elle affirmé le 17 décembre pour son unique et très brève prise de parole.

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