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Éthiopie : le gouvernement affirme que l’armée « n’avancera pas » dans le Tigré

Des soldats marchent le long d'une route de campagne.

Des soldats éthiopiens à Wichale

Photo : afp via getty images / AMANUEL SILESHI

Agence France-Presse

Le gouvernement éthiopien a affirmé vendredi que ses troupes n'avanceront pas à l'intérieur du Tigré, où les rebelles se sont repliés cette semaine, mais a ajouté que cette position pourrait changer si la « souveraineté territoriale » du pays était menacée.

Lundi, les rebelles du Tigré ont annoncé s'être repliés dans leur région, quittant les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar, où ils avaient progressé ces derniers mois, ouvrant une nouvelle phase dans ce conflit meurtrier.

Bien qu'il ne soit pas encore confirmé, le repli du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) a nourri l'espoir de voir s'ouvrir des discussions de paix après plus de 13 mois d'une guerre qui a déclenché une profonde crise humanitaire.

Vendredi, le service de communication du gouvernement a déclaré dans un communiqué que les forces fédérales avaient sécurisé l'est de l'Amhara ainsi que l'Afar et reçu l'ordre de scrupuleusement rester dans les zones sous notre contrôle.

Le gouvernement éthiopien a décidé de ne pas ordonner à ses forces d'avancer plus avant dans la région du Tigré, dit le texte publié sur Twitter.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a salué les annonces du gouvernement et des forces du Tigré tout en appelant les parties à saisir cette occasion [pour] cesser les hostilités dans le conflit qui dure depuis un an et prendre toutes les mesures pour garantir l'acheminement de l'aide humanitaire indispensable.

Il a également appelé au retrait des combattants étrangers et à s'attaquer aux différends politiques au moyen d'un dialogue national crédible et inclusif, selon un communiqué de son porte-parole adjoint, Farhan Haq.

Apaisement probable

Une cessation temporaire des hostilités pourrait signifier un apaisement après des mois d'intenses combats qui ont vu les deux parties revendiquer des avancées territoriales majeures.

Pendant un certain temps, les rebelles ont affirmé se trouver à environ 200 km de la capitale, Addis-Abeba, poussant plusieurs pays – dont les États-Unis, la France et le Royaume-Uni – à demander à leurs citoyens de quitter l'Éthiopie.

À la fin de novembre, les médias d'État avaient annoncé l'arrivée sur le front du premier ministre Abiy Ahmed, un ancien lieutenant-colonel de l'armée, pour y mener une contre-offensive. Le gouvernement a ensuite revendiqué plusieurs victoires.

Lundi, la porte-parole de M. Abiy, Billene Seyoum, a déclaré à l'AFP que l'annonce du TPLF, présentée comme visant à ouvrir la porte à l'aide humanitaire, servait en fait à masquer des déconvenues militaires.

Jusqu'ici, le TPLF qualifiait d'absolument pas envisageable un retrait de l'Amhara et de l'Afar, réclamé par le gouvernement comme préalable à des négociations. De leur côté, les rebelles exigeaient des autorités fédérales qu'elles mettent fin au siège du Tigré.

Plus d’une année de conflit

La guerre a éclaté en novembre 2020 après que M. Abiy eut envoyé l'armée fédérale au Tigré afin d'en destituer les autorités locales, issues du TPLF, qui défiaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires.

Le premier ministre avait proclamé la victoire trois semaines plus tard, après la prise de la capitale régionale, Mekele. Toutefois, en juin, le TPLF avait repris l'essentiel du Tigré puis avancé en Afar et en Amhara.

Le conflit a fait plusieurs milliers de morts et plus de deux millions de déplacés. Il a aussi plongé des centaines de milliers d'Éthiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.

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