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La CNESST veut davantage de masques N95 pour les travailleurs de la santé

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Le port du masque N95 doit être élargi aux travailleurs de la santé pour assurer une meilleure protection contre la COVID-19, soutient la CNESST.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

La Presse canadienne

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) exige depuis vendredi que le port de masques de type N95 soit étendu « à celles et ceux qui donnent des soins dans les situations les plus à risques, incluant certaines situations en zones froides ».

Le N95 devra donc être utilisé avec tout patient présentant un ou des symptômes compatibles avec la COVID-19, même s'il a reçu un autre diagnostic, peut-on lire dans un document fourni par la CNESST.

Ce masque sera aussi requis pour interagir avec un patient sans symptômes, mais qui est considéré comme un contact élargi par l'équipe de prévention et de contrôle des infections. Cela pourrait par exemple s'appliquer si le patient en question avait séjourné dans une unité avec une personne infectée, sans précautions supplémentaires.

Dans un communiqué, la CNESST a rappelé qu'elle demande déjà depuis plusieurs mois que le personnel travaillant en zones chaudes et tièdes porte le N95.

Si la CNESST souhaite maintenant voir cette protection étendue, c'est avant tout à cause de la progression du variant Omicron, beaucoup plus contagieux que le Delta.

Ce nouveau variant est maintenant dominant dans la région de Montréal et se répand à une vitesse fulgurante dans la province. Vendredi, le portail de données ouvertes du Québec semblait indiquer plus de 10 000 nouveaux cas de COVID-19, un record depuis le début de la pandémie.

Les syndicats approuvent

Nous croyons que c'est un pas dans la bonne direction, s'est réjoui le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Réjean Leclerc, en entrevue téléphonique.

La FSSS-CSN avait interpellé la CNESST à cet égard, jeudi, à l'occasion d'une rencontre d'urgence entre acteurs de la santé. M. Leclerc a donc tenu à féliciter l'organisme pour sa réponse rapide.

Nous en sommes satisfaits, nous en sommes fiers, mais en même temps nous allons rester aux aguets pour s'assurer que les directives seront bien appliquées sur le terrain, a-t-il ajouté.

« À partir du moment où nous allons observer des risques dans d'autres situations, clairement, nous allons revendiquer d'élargir davantage le port de cet appareil. »

— Une citation de  Réjean Leclerc, le président de la FSSS-CSN

À la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), on aimerait aller encore plus loin, et donner accès à l'ensemble des professionnels en soins et des travailleurs et travailleuses au port du masque N95, a déclaré la présidente, Julie Bouchard.

Il faut être extrêmement prudents : Omicron est très virulent et on est un vecteur assez rapidement, même si on est asymptomatique.

Elle est toutefois vraiment contente que la CNESST ait pris ses responsabilités, mais surtout qu'elle n'ait pas attendu après le ministère et encore moins après l'INSPQ.

Principe de précaution et preuve scientifique

Sur le site Internet de l'INSPQ, on indique que le port d'un appareil de protection respiratoire [APR] de type N95 est recommandé dans certaines situations pouvant augmenter le risque de transmission, comme lors d'interventions médicales générant des aérosols. Il peut être également considéré dans d'autres circonstances, comme lors d'éclosions non contrôlées en milieux de soins.

Cette divergence dans les recommandations au sujet du N95 n'est pas nouvelle, et le nerf de la guerre est l'importance donnée à la transmission par aérosols.

À l'INSPQ, on estime qu'aucune preuve directe ne démontre clairement que ce virus se transmet par voie aérienne, c'est-à-dire qu'il reste en suspens sur de plus longues distances, au-delà de quelques mètres.

On considère cependant que les aérosols risquent de propager la maladie dans des espaces restreints, mal ventilés, à forte densité d'occupants et lorsque la durée d'exposition est prolongée plus de 15 minutes.

Les syndicats, eux, prônent plutôt le principe de précaution.

Selon Mme Bouchard, l'INSPQ est toujours tardif, n'est pas proactif sur les mesures et les équipements de protection individuelle à avoir sur les lieux de travail.

« Il y a toujours un décalage avant que la science puisse faire la preuve de tel ou tel moyen de protection par rapport au virus [...], mais nous, on ne peut pas se permettre ce délai. On n'attendra pas que la science vienne dire que le N95 est un bon outil, alors qu'on le constate sur le terrain. »

— Une citation de  Réjean Leclerc, le président de la FSSS-CSN

M. Leclerc a cité un jugement du tribunal administratif du travail de mars 2021, qui avait déterminé que les masques chirurgicaux ne représentent pas une protection efficace pour les travailleurs affectés aux zones chaudes et tièdes.

Malgré ces incertitudes scientifiques [...] la preuve prépondérante confirme la transmission aérienne ou par inhalation du virus SRAS-CoV-2 et la plus grande efficacité des masques N95 sur les masques médicaux, peut-on lire dans la décision.

L'INSPQ n'a pas répondu aux demandes d'entrevue de La Presse canadienne, son service de relations médias étant fermé pour Noël.

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