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Le grand regret de Brian Bowman : ne pas avoir réussi à vaincre l’itinérance à Winnipeg

Maire de Winnipeg depuis sept ans, Brian Bowman dispose encore de 10 mois pour mettre en œuvre ses priorités.

Un gros plan sur le visage de Brian Bowman en conférence de presse devant un drapeau.

Brian Bowman a été élu maire de Winnipeg en 2014 et a été réélu en 2018.

Photo : CBC / Gary Solilak

Radio-Canada

Brian Bowman a déjà annoncé sa décision : ce mandat-ci sera son dernier à la mairie de Winnipeg. Son plus grand regret, au cours de ses deux mandats, est de ne pas avoir réussi à vaincre l’itinérance à Winnipeg.

Le maire déplore que trop de Winnipégois n'aient pas de toit et reconnaît que c’est en partie la faute de la Ville, bien que le logement soit aussi une responsabilité provinciale.

Tous les Winnipégois devraient trouver inacceptable que nous ayons tellement de gens itinérants dans nos rues, a-t-il déclaré dans une entrevue de fin d’année accordée à CBC cette semaine.

Brian Bowman espère que la personne qui lui succédera à la mairie se penchera en priorité sur le logement et l’itinérance.

Des besoins urgents et complexes

Un de nos grands défis est de trouver comment répondre aux besoins urgents et complexes de gens qui sont aussi confrontés à des problèmes de santé mentale, de dépendances et de logement, dit-il.

En y repensant, il croit avoir fait une erreur stratégique quand il a appuyé un plan de dix ans pour mettre fin au sans-abrisme sans garantir qu’il y aurait des fonds provenant des autres ordres de gouvernement.

En finir avec l'itinérance, ça n’a pas été aussi efficace que je l’aurais espéré. C’est de ma faute et celle d’autres personnes dans la communauté, déclare le maire, qui plus tôt cette année s’en était pris à Brian Pallister, alors premier ministre, pointant son inaction dans le dossier de l’itinérance.

Des tentes, des abris de fortune et des déchets.

Des tentes, des abris de fortune et des déchets sont étalés le long de la rive de la rivière Assiniboine près de la rue Balmoral, l'automne dernier. (archives)

Photo : Radio-Canada / John Einarson

La directrice générale de Siloam Mission, Tessa Blaikie Whitecloud est heureuse d’entendre le maire aborder la lenteur des progrès pour combattre l’itinérance.

J’espère que cela amènera les futurs candidats à la mairie à reconnaître que c’est un enjeu, dit-elle, en indiquant que Winnipeg peut certainement en faire davantage, par exemple en exigeant que les projets de développements immobiliers comprennent la construction de plus de logements véritablement abordables.

Elle cite la ville de Medicine Hat, en Alberta, comme un modèle de réussite pour réduire l’itinérance.

Tessa Blaikie Whitecloud affirme que la Ville et le gouvernement provincial doivent aménager plus de logements supervisés et d’habitats collectifs pour répondre à des besoins qui dépassent le simple fait d’avoir un toit. Une nouvelle stratégie provinciale est nécessaire, dit-elle, pour combattre l'itinérance.

Pandémie, réconciliation et infrastructures

Brian Bowman n’a pas l’intention de se reposer au cours des 10 prochains mois, qui seront ses derniers en poste.

Sa priorité, dit-il, est de faire tout ce qu’il peut pour protéger les Winnipégois alors que la situation se corse du côté de la pandémie.

La réconciliation avec les peuples autochtones est aussi prioritaire. Le réaménagement de l’ancienne baraque Kapyong est en cours, et en voie de devenir une zone de développement économique autochtone, rappelle-t-il.

Une image conceptuelle montrant le développement du site.

Le plan de la réserve urbaine, qui est en développement, comprend des espaces résidentiels et commerciaux, ainsi que des espaces communautaires, récréatifs et sportifs et le centre administratif de la Société de développement du traité no 1.

Photo : Société de développement du traité no 1

Le maire souhaite que des symboles autochtones soient intégrés de façon permanente à l'hôtel de ville.

Brian Bowman attend aussi qu’Ottawa appose sa signature sur deux ententes de financement déjà acceptées par la Ville et la province.

La première concerne la deuxième phase des améliorations à l’usine de traitement des eaux usées du North End. Ce projet de 1,8 milliard de dollars comprend la construction d’un bâtiment de 552 millions dédié au traitement des biosolides en provenance des trois stations d’épuration des eaux usées de la ville.

Un plan du couloir aérien.

Un couloir de transport aérien établi sur deux voies du CN aménagées en conséquence pourrait être construit à la gare Union.

Photo :  Capture d’écran / Plan directeur du transport en commun de Winnipeg

La deuxième entente porte sur le transport en commun. Le projet évalué à 539 millions de dollars comprend l’aménagement d’un réseau de corridors rapides dans le centre-ville de Winnipeg. Les travaux ne commenceront pas avant 2025.

Des réalisations

Brian Bowman a réussi à tenir la plupart des engagements qu’il avait pris au moment de son élection en 2014. Il a ainsi tenu promesse en construisant un parc à chiens dans le centre-ville, en limitant à 2,33 % l’augmentation annuelle de l’impôt foncier et en investissant davantage pour l'entretien des routes.

On voit de haut une intersection importante dans un centre-ville, avec des voitures et des camions qui circulent. On peut ausi voit qu'il n'y a pas d'endroits permettant aux piétons de traverser la rue sur cette intersection.

L'angle de l'avenue Portage et de la rue Main à Winnipeg, vu du toit d'un édifice du centre-ville.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Mais il a abandonné certains de ses engagements. Il a ainsi continué de nommer les membres du conseil exécutif plutôt que de permettre leur élection par et parmi les conseillers municipaux. Et à la suite d’un référendum, il n’a pas réussi à faire rouvrir aux piétons l’intersection de Portage et Main.

Je ne regrette pas d’avoir écouté les Winnipégois, déclare-t-il, même si à son avis, la réouverture de cette intersection est inévitable.

Les Winnipégois éliront leur prochain maire le 26 octobre 2022.

Avec les informations de Bartley Kives

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