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Les camionneurs forestiers de la Gaspésie réclament un juste salaire

Un camion chargé de billots de bois.

L'Association des transporteurs explique que les coûts d'opération ont explosé, notamment à cause du prix des assurances (archives).

Photo : Radio-Canada

Perrine Bullant

Depuis le début du mois, les transporteurs forestiers de la Gaspésie négocient avec le syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie pour réclamer une meilleure reconnaissance de leur activité.

Leur contrat arrive à échéance le 31 décembre. D'après l'association nationale des camionneurs artisans (ANCAI), il est temps de réviser les termes qui datent d'au moins 3 ans.

L'Association des transporteurs explique que les coûts d'opération ont explosé.

Aujourd'hui un camion forestier, ça tourne autour de 250 000 $ alors qu'on payait 180 000 $, il y a peut-être 3, 4 ans détaille Carol Girard, représentant Est-du-Québec du secteur forêt pour l'Association nationale des camionneurs artisans.

Des taux de transport inférieurs aux coûts d'opération

D'après le regroupement, il faudrait au moins 10 % d'augmentation par année pour couvrir les coûts d'activité.

Pour le moment, le syndicat propose une hausse d'environ 2,5 % par année, sur 3 ans.

Les demandes sont grandes, parce que pendant plusieurs années, les gens se sont serré la ceinture pour aider l'industrie, mais la situation est meilleure pour le marché du bois alors il faut aussi que la part du gâteau soit remise aux transporteurs, explique Carol Girard.

Les camionneurs dénoncent l'augmentation des prix du carburant, des équipements, de l'entretien des camions mais aussi d'une hausse d'au moins 20 % des assurances.

Sylvain Roy, député de Bonaventure, est conscient de ces difficultés, plusieurs membres de sa famille sont des camionneurs. L'élu plaide pour la mise en place d'une mutuelle qui pourrait permettre d'assumer le coût grandissant des assurances.

Sylvain Roy, député de Bonaventure

Sylvain Roy, député de Bonaventure, pense que la mise en place d'une mutuelle pourrait permettre d'assumer les coûts des assurances (archives).

Photo : Radio-Canada / Pierre Cotton

Selon lui, cette solution encouragerait les jeunes à se lancer dans la profession. La relève est difficile à trouver parce que les assureurs demandent généralement plusieurs années d'expérience, constate le député.

Les camionneurs forestiers jettent l'éponge

D'après le représentant des camionneurs, il faut concurrencer avec les mines et les grosses industries du Québec pour espérer retenir la main-d'œuvre.

« Il n'y a pas une semaine où je n'ai pas quelqu'un qui m'appelle pour me dire qu'il tire la plogue.  »

— Une citation de  Carol Girard, représentant Est-du-Québec secteur forêt, pour l'Association nationale des camionneurs artisans

Si les négociations n'aboutissent pas, il craint que les travailleurs partent avec leur équipement pour travailler ailleurs.

Les gens peuvent conserver leur camion et faire d'autres sortes de transport qui va leur permettre de joindre les deux bouts, explique-t-il. Pour autant, il affirme que les travailleurs du secteur sont des passionnés.

Ils aiment vraiment ce qu'ils font pour travailler 70, 80 heures par semaine, défend Carol Girard, ils sont prêts à se battre et ils l'ont démontré lors des dernières années.

Même si une entente est souhaitée le plus rapidement possible, les camionneurs se disent prêts à continuer à assurer le transport du bois même si les négociations sont encore en cours.

La direction du syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

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