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Passeports vaccinaux frauduleux : l’UPAC enquête sur un réseau à Montréal

Une employée tient une tablette électronique pour lire un code QR sur le téléphone d'une cliente.

Une employée tient une tablette électronique pour lire un code QR sur le téléphone d'une cliente.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Radio-Canada a appris que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) mène une enquête sur un réseau qui s’adonnerait au trafic de passeports vaccinaux dans la grande région de Montréal.

La porte-parole de l’UPAC, Nathalie Lefebvre, confirme qu’une opération est en cours, qui pourrait mener à des arrestations. Elle ne souhaite pas en dire davantage, pour ne pas nuire à l’opération.

L’information est aussi confirmée par le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui n’a pas divulgué de détails. Ce que nous pouvons dire, c’est qu’il y a enquête de l’UPAC en cours, précise le porte-parole, Jean Nicolas Aubé.

Selon nos informations, des irrégularités constatées dans le processus de vaccination de certains établissements de Montréal ont éveillé des soupçons.

L’UPAC travaille sur cette enquête en collaboration avec différents corps policiers.

Hier, Enquête a révélé l’existence d’un réseau qui réussit à déjouer le système grâce à la complicité essentielle d’une employée travaillant comme vaccinatrice dans un centre de vaccination de la Montérégie-Centre. Son poste lui donne accès aux renseignements personnels des usagers ayant pris un rendez-vous de vaccination sur la plateforme Clic Santé.

L’employée pourrait ainsi délivrer une preuve de vaccination à des patients qui n’ont pas besoin de se présenter. Dans certains cas, elle fournirait aussi une preuve de deuxième dose de vaccination, toujours sans qu’un vaccin soit administré.

Les clients, qui sont recrutés par des intermédiaires, recevraient ensuite un passeport vaccinal authentique. Cette étape est distincte et effectuée par un autre employé du réseau de la santé qui est en mesure de générer un code QR à partir du Registre de vaccination du Québec.

Les complices se partageraient une somme pouvant atteindre 3000 $ par passeport frauduleux, selon nos informations.

L’UPAC n’a pas confirmé que le stratagème qui aurait cours en Montérégie-Centre est aussi dans son collimateur.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux confirme être au courant de l’existence de plusieurs stratagèmes qu’il dit prendre au sérieux.

Les personnes impliquées dans un trafic de passeports vaccinaux s’exposent à des accusations de fraude. Un employé de l’État qui participe à un tel stratagème pourrait de son côté faire face à des accusations de corruption et d’abus de confiance.

Le réseau de la santé aux aguets

Toujours à Montréal, au moins un autre incident impliquant un employé ayant contrevenu aux normes de sécurité depuis le début de la campagne de vaccination est survenu au CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île.

Sa porte-parole, Hélène Bergeron-Gamache, précise par courriel que cet employé à été rapidement intercepté. Il a été retiré de la vaccination.

Elle ajoute ne pas être au courant de l’existence d’un stratagème. Nous surveillons de très près les entrées de données de vaccination, écrit la porte-parole. Nous effectuons des vérifications aléatoires, et tous les soirs nous nous assurons que le nombre de vaccins donnés correspond à nos entrées dans le système.

Au CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, le porte-parole Christian Merciari se borne à dire que, pour des raisons de sécurité, le CIUSSS ne donnera pas plus de détails sur la situation.

Il ajoute que, si une personne est soupçonnée ou si une preuve de vaccination semble douteuse, les corps de police du Québec sont immédiatement avisés pour enquête.

Ailleurs au Québec

Le stratagème ne touche pas que la Montérégie-Centre et Montréal.

Au CISSS des Laurentides, la porte-parole Julie Lemieux-Côté reconnaît la présence de fraude liée au passeport vaccinal, mais tient à préciser que ce genre de situation est très rare.

Dès qu’il y a un soupçon de fraude, le CISSS avise les corps de police du Québec et il apporte [son] entière collaboration à ceux-ci, précise-t-elle. C'est pourquoi nous ne sommes pas en mesure de vous donner plus de détails à ce sujet, pour des raisons de confidentialité liées à de telles démarches.

D’autres établissements joints par Radio-Canada ont mentionné ne pas être au courant de stratagèmes frauduleux sur leur territoire.

Certains suggèrent à la population de ne pas hésiter à dénoncer tout détenteur de passeport vaccinal frauduleux.

De son côté, le CHU de Québec déplore que des personnes tentent de contourner le système, puisqu'elles mettent en péril la santé de nos patients vulnérables et de notre personnel, nous écrit Geneviève Dupuis, directrice adjointe des communications.

Nous invitons d’ailleurs la population à dénoncer toute annonce du genre aux autorités policières de leur localité ou par le biais de la Centrale d’information criminelle de la Sûreté du Québec.

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