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Québec achète des millions de masques N95 et va élargir leur usage

Avec plus de 25 millions de masques N95, le gouvernement s'apprête à autoriser plus de travailleurs de la santé à le porter, mais pas tous.

Un homme porte un masque N95.

Actuellement, au Québec, le masque N95 est recommandé dans les zones chaudes et tièdes.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Le gouvernement du Québec a procédé jeudi à l'achat de 10 millions de masques N95 en plus des 15 millions qu'il a en réserve, a appris Radio-Canada. Ils serviront à équiper davantage de travailleurs de la santé, mais pas tous.

Selon nos sources, l'Institut national de santé publique (INSPQ) a remis un avis au ministère de la Santé, jeudi, dans lequel il recommande l'élargissement de l'utilisation des N95 dans les milieux de soins, mais sans l'étendre à l'ensemble des travailleurs de la santé, comme le réclament les syndicats.

Radio-Canada a appris que le gouvernement serait prêt à le permettre dans les urgences et dans les groupes de médecine familiale (GMF) qui reçoivent parfois des patients positifs qui ignorent être infectés.

Au GMF Vaudreuil-Dorion, c’est environ 80 % des rendez-vous qui sont chauds ou tièdes, selon la médecin de famille Annie C. St-Antoine, ce qui signifie que 8 patients sur 10 seraient infectés ou suspectés de l'être.

Radio-Canada révélait lundi que la réflexion était engagée au gouvernement sur la possibilité d'élargir l'utilisation des N95 chez les soignants, surtout dans le contexte où Québec songe à maintenir au travail des travailleurs de la santé infectés asymptomatiques.

Des stocks inconnus jusqu'à présent

Le gouvernement avait refusé jusqu'à présent de communiquer sur l'état des stocks de masques N95. En réponse à une question du quotidien Le Soleil à ce sujet, cette semaine, le ministère de la Santé avait répondu qu’il n’était pas en mesure de donner ces informations pour des raisons stratégiques.

Selon nos informations, la santé publique ne souhaite pas que ces masques soient vus comme une solution « magique ». L'accent sera mis sur l'importance des tests d'ajustement (« fit-tests »). Plus tôt cette semaine, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a expliqué qu'un masque chirurgical bien ajusté vaut mieux qu'un N95 mal ajusté.

Mercredi, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliée à la CSN, a écrit une lettre au gouvernement du Québec pour réclamer le port du masque N95 par tous les travailleurs de la santé.

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) a aussi rencontré le ministère jeudi pour faire la même demande. On a des patients sur différentes unités de soins qui sont positifs à la COVID-19 et les professionnelles en soins qui y travaillent n'ont pas accès à tout l'équipement de protection individuelle nécessaire, dénonce la présidente de la FIQ, Julie Bouchard.

« Si on a un patient qui est dans un département de médecine normal et qu'on découvre qu'il est positif à la COVID, il est déjà trop tard. »

— Une citation de  Julie Bouchard, présidente de la FIQ

Le Devoir rapportait jeudi que le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal a transmis une directive pour recommander le port du N95 dans des zones froides, sans attendre que Québec bouge sur la question.

La Dre Sophie Zhang, cheffe adjointe pour l'hébergement du CIUSSS, confirme à Radio-Canada que la nouvelle directive s'appliquera aux unités en éclosion, par exemple en CHSLD, et aux urgences.

La transmission aérienne ne fait plus de doutes, dit-elle, en citant la contamination généralisée dans un restaurant de Norvège.

Actuellement, au Québec, le masque N95 est recommandé dans les zones chaudes et tièdes (où se trouvent des patients en attente d’un résultat de test).

Le gériatre David Lussier pense que le N95 devrait être porté en tout temps dans les hôpitaux.

« C’est clairement préférable d’en faire trop que pas assez. Ne répétons pas l’erreur d’avril 2020 avec les masques. »

— Une citation de  David Lussier, médecin à l'Institut de gériatrie de Montréal

L’immunologiste à l'Institut de recherches cliniques de Montréal, André Veillette, déclarait aussi à Radio-Canada plus tôt cette semaine que tout le personnel hospitalier devrait être équipé de ce type de masques, car des patients pourraient être infectés sans le savoir.

Mercredi, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié un nouvel avis sur la question qui n'allait pas aussi loin. Les respirateurs, qui incluent les masques N95, FFP2 et autres, devraient surtout être portés dans des milieux de soins où la ventilation est déficiente, a déclaré le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Mercredi, 5185 travailleurs de la santé québécois étaient absents à cause de la COVID-19, une hausse de 42 % par rapport à la semaine précédente.

Ailleurs au pays, le N95 de plus en plus populaire

Le médecin hygiéniste en chef de la Saskatchewan a suggéré cette semaine que les personnes immunosupprimées ou celles qui risquent d’être exposées au virus devraient porter des masques de type N95.

Le Manitoba va même beaucoup plus loin et distribue gratuitement des boîtes de N95. Les citoyens peuvent aller les chercher dans les Liquor Mart.

En Ontario, son utilisation est recommandée pour les soignants qui sont en contact avec des patients suspectés d'être infectés. Le chef de la prévention et du contrôle des infections à l'Hôpital Sunnybrook de Toronto a recommandé à ses équipes de « l’utiliser couramment ».

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