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Non, Londres n’a pas dit que le vaccin anti-COVID-19 détruisait le système immunitaire

L'auteur de l'article omet de citer plusieurs portions du rapport du gouvernement britannique sur lequel il dit s'appuyer et qui indique en fait que la vaccination fonctionne bien.

Il s'agit du titre de l'article, accompagné d'une photo du Parlement britannique.

Capture d'écran de l'article qui circule.

Photo :  Capture d’écran

Un article qui circule énormément sur les réseaux sociaux affirme qu'un rapport du gouvernement britannique indique que le vaccin contre la COVID-19 détruit le système immunitaire des gens qui l'ont reçu. Or, il s'agit d'une mauvaise interprétation de ce qui est écrit, et la citation sur laquelle l'auteur de l'article appuie sa thèse suggère en fait le contraire.

Le Gouvernement Britannique Admet Que Les Vaccins Ont Endommagé Le Système Immunitaire Naturel Des Personnes Ayant Reçu Une Double Dose Vaccinale, affirme un article partagé plus de 12 000 fois en quelques jours.

L'article se base sur un vrai rapport (Nouvelle fenêtre) publié par ce gouvernement en octobre 2021.

Le gouvernement britannique a révélé qu’une fois que vous avez reçu une double dose du vaccin, vous ne pourrez plus jamais acquérir une immunité naturelle complète contre les variants de la COVID – ou contre tout autre virus, soutient à tort l'auteur de l'article.

Dans son "rapport de surveillance du vaccin anti-COVID-19" de la semaine 42, l’Agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni admet à la page 23 que "les niveaux d’anticorps N semblent être plus faibles chez les personnes qui contractent l’infection après deux doses de vaccination", affirme l'auteur.

La citation en question est bel et bien présente dans le rapport. Elle est d'ailleurs présente dans toutes les moutures de ce rapport, publié de façon hebdomadaire (Nouvelle fenêtre) au Royaume-Uni.

Les personnes vaccinées ne semblent pas produire d’anticorps contre la protéine de la nucléocapside, l’enveloppe du virus, qui est un élément crucial de la réponse chez les personnes non vaccinées, conclut l'auteur de l'article.

Toutefois, celui-ci omet une explication contenue dans ce même rapport, quelques pages avant la citation en question, et qui aurait dû l'amener à conclure tout autrement.

Des tests de la nucléoprotéine N détectent seulement les anticorps post-infection, alors que la protéine S détecte les anticorps post-infection et les anticorps causés par la vaccination. Conséquemment, peut-on lire, des changements dans la séropositivité concernant la nucléoprotéine N reflètent seulement l'infection naturelle. L'augmentation de la séropositivité mesurée de l'anticorps S reflète à la fois l'infection et la vaccination.

En d'autres termes, il est normal que l'on ait détecté un niveau plus bas de la protéine N dans des cas d'infection chez des gens doublement vaccinés que chez des personnes non vaccinées, confirme Benoit Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l'UQAM et spécialiste en virologie. Selon lui, cela démontre en fait que le vaccin fonctionne en fonction de la façon dont il a été conçu.

Si vous êtes infectés après vaccination, ça se peut fort bien que votre réponse immunitaire ne sera pas nécessairement aussi explosive [que si vous n'étiez pas vaccinés] et que vous allez produire moins d'anticorps, explique M. Barbeau. Vous allez avoir moins de présence d'anticorps contre une des composantes du virus, parce que le vaccin a fait son travail et a limité d'une part l'infection, mais aussi sa réplication trop exagérée.

C'est fort probablement que la vaccination a contrôlé l'infection, et donc que [le corps] n'a pas à produire une quantité énorme d'anticorps, parce que le virus a à peine été capable de se reproduire, conclut-il.

D'ailleurs, comme le mentionne M. Barbeau, le même rapport cité par l'article contient plusieurs indications selon lesquelles la vaccination fonctionne très bien au Royaume-Uni.

Nous estimons que 127 000 décès et 24 144 000 infections ont été évitées grâce au programme de vaccination contre la COVID-19, en date du 24 septembre, peut-on lire à la page 26 du rapport, 3 pages après la citation qui apparaît dans l'article.

Avec des informations de Nicholas De Rosa

Decrypteurs. Marie-Pier Élie, Jeff Yates, Nicholas De Rosa et Alexis De Lancer.

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