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Cinq artistes dévoilent le cadeau de Noël de leurs rêves

Illustration de plusieurs pictogrammes qui représentent des éléments de culture et de discipline artistiques qui sortent d'une boite cadeau.

Cinq artistes de la région qui ont marqué l’année dévoilent des œuvres artistiques et culturelles qu’ils rêveraient de recevoir en cadeau.

Photo : Radio-Canada / Simon Blais

Parce que la liste au père Noël peut être allongée à souhait, cinq artistes de la région qui ont marqué l’année dévoilent des œuvres artistiques et culturelles qu’ils rêveraient de recevoir en cadeau. Aucune limite à l'exercice : le rappeur et slameur David Dufour, la conteuse Mafane, la chanteuse Céleste Lévis, l’artiste-peintre Étienne Gélinas ou encore la compositrice et conceptrice sonore Simone Provencher étaient libres de citer l'œuvre de leur choix.

Un spectacle féérique, deux tableaux célèbres et deux installations sonores, dont une conçue en 1979 et une seconde que l’on peut découvrir au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), voici les présents dont rêvent ces cinq artistes, comme ils et elles l’ont confié à Marika Bellavance.

Casse-Noisette pour la chanteuse Céleste Lévis

Petite-Céleste-devenue-grande rêve encore de voir Casse-Noisette sur une scène. Le célèbre ballet, qui doit sa féérie au compositeur russe Piotr Ilitch Tchaïkovsky et au chorégraphe français Marius Petipa, demeure un classique du temps des Fêtes.

J’aimerais beaucoup aller voir Casse-Noisette en spectacle. Ça fait des années que je suis ici à Ottawa, que je sais que le spectacle se donne à plusieurs reprises, mais on n’est pas souvent en ville pour aller le voir, regrette la chanteuse franco-ontarienne Céleste Lévis.

Si cette dernière a récemment présenté son spectacle de Noël au Centre national des arts (CNA), elle devra attendre à 2022 pour peut-être enfin réussir à assister à une représentation du populaire ballet.

Le cri d’Edvard Munch pour le rappeur David Dufour, alias D-Track

Fin d’année riche pour le rappeur David Dufour, alias D-Track, qui a récemment sorti Hull, son quatrième album, et dévoilé le morceau Soroche, en duo avec le rappeur français Akhenaton. Mais fin d’année un brin à cran également pour l’artiste gatinois, comme le laissent entendre les explications qu’il partage pour expliquer son choix de cadeau.

Si je pouvais avoir un tableau, une œuvre pour le temps des Fêtes, ce serait Le cri du peintre Edvard Munch. Parce que, ces temps-ci, j’ai le goût de crier, avec la grève des CPE. C’est l’état d’esprit dans lequel je suis, confie le rappeur et papa.

Mais plus besoin de cri, du moins en ce qui concerne la grève des CPE qui a, depuis, trouvé une issue heureuse.

Le Motet à quarante voix au MBAC pour la conteuse Mafane

Originaire de l'île de La Réunion, Canadienne d’adoption depuis 2008, la conteuse Mafane était en octobre dernier l’une des invitées du premier Festival des arts littéraires de Gatineau, où elle a présenté son spectacle La ruée vers l’autre.

Mafane, Aurore Alessandra de son vrai nom, partage son cadeau de rêve, le Motet à quarante voix. Linstallation sonore est à (re)découvrir à Ottawa, au MBAC, dans la chapelle Rideau des s (Nouvelle fenêtre)alles d’art autochtone et canadien (Nouvelle fenêtre). Signée par l’artiste canadienne Janet Cardiff, le Motet Spem in Alium, une pièce pour chorale de Thomas Tallis, compositeur anglais du 16e siècle.

C’est une œuvre que je trouve incroyable de force, explique la conteuse, décrivant la quarantaine d’enceintes installées tout autour de la chapelle. Au début, quand on rentre, on entend les gens […] On entend tout ce groupe se positionner, les gens [qui commencent] à s’échauffer la voix, d’autres qui discutent, qui toussent, poursuit Mafane.

Et tout d’un coup, il y a un silence. Puis chaque voix se place. Et on peut aller s’approcher de chaque enceinte, et chaque enceinte est une voix, est une personne. Il y a quelque chose de très intime là-dedans, et en même temps, toutes ces voix se mêlent quand on est au centre de la pièce. Je pourrais passer des heures là-bas.

Le radeau de la méduse pour l’artiste-peintre Étienne Gélinas

C’est sur une œuvre aussi monumentale que célèbre, conservée et exposée à Paris au musée du Louvre, que s’est porté le choix de l’artiste-peintre Étienne Gélinas : Le radeau de la méduse de Théodore Géricault. Un tableau déterminant dans sa carrière et qui a été une révélation pour [lui].

J’avais beaucoup d'intérêt pour les arts et j’ai [suivi], à un moment donné, un cours en histoire de l’art. C’était un cours libre pendant que j’étudiais en génie électrique, raconte Étienne Gélinas. La prof a présenté ce tableau. [...] La session suivante, j’étais à temps plein en art, se souvient-il, évoquant une œuvre qui lui a fait prendre conscience de l’importance que l’art joue dans notre société.

Avec des dimensions de près de 5 m de hauteur et 7 m de largeur, Le Radeau de La Méduse comporte des personnages à taille humaine et dépeint la détresse des survivants du naufrage de la frégate française La Méduse, en 1816. Dérivant sur un radeau de fortune, affaiblis, les survivants aperçoivent au loin un navire et tentent désespérément de lui faire signe.

Si le style de cette œuvre majeure est loin de celui qu’explore Étienne Gélinas dans ses toiles, confie-t-il, le déclic a pourtant eu lieu. L’artiste gatinois se souvient d’avoir ainsi envisagé avec un tout nouveau regard l’art, qu’il considérait jusqu’alors comme se résumant uniquement à quelque chose qu’on faisait pour la beauté. Découvrir le pouvoir d’évocation de la création artistique, c’est ce qui [l]’a captivé et [l]’a motivé, redessinant la suite de sa carrière.

Music On A Long Thin Wire de Alvin Lucier pour la compositrice Simone Provencher

Distinguée lors des dernières Culturiades dans la catégorie résidence de création, la compositrice et conceptrice sonore Simone Provencher développe un projet artistique numérique dans lequel elle transforme des signaux vidéo en signaux sonores.

Une fascination pour l’exploration du son qui a également inspiré le cadeau de ses rêves : Music On A Long Thin Wire de Alvin Lucier, un des pionniers dans les années 1970 de l’installation électro-acoustique, précise Simone Provencher.

C’est une œuvre de 1979 super simple : une corde de piano tendue à l’aide de pinces entre deux tables, dans laquelle circule un courant électrique contrôlé par un oscillateur, décrit-elle. Grâce à un micro disposé à chaque extrémité du fil, un signal stéréo est ensuite projeté dans la pièce et varie selon plusieurs facteurs, comme l’humidité, le nombre de gens dans la pièce ou encore le vent, détaille la compositrice basée à Gatineau qui, à défaut de l’œuvre originale, se contenterait avec plaisir d’un modèle réduit qu’elle pourrait expérimenter à son tour chez elle.

Avec les informations de Marika Bellavance

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