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Une artiste autochtone chante Noël en langue crie avec l’Orchestre de Saskatoon

L'artiste Falynn Baptiste, en prestation avec l'Orchestre symphonique de Saskatoon.

Falynn Baptiste a chanté en cri au concert de Noël de l'Orchestre symphonique de Saskatoon, le 4 décembre dernier.

Photo : Radio-Canada / Albert Couillard

Radio-Canada

Falynn Baptiste a chanté en cri des chants de Noël avec l’Orchestre symphonique de Saskatoon. C’est une source de fierté pour cette artiste d’origine crie et métisse qui a dû réapprendre à célébrer sa culture et sa langue.

Falynn Baptiste est originaire de la nation crie de Red Pheasant à 150 kilomètres au nord-ouest de Saskatoon. Elle raconte que, toute petite, on lui demandait souvent de chanter et qu'elle était toujours prête à monter sur scène, non pour être vue, mais pour être entendue et partager la musique.

Trouvant la paix et l’harmonie grâce à ses chants, Falynn Baptiste a interprété What Child is This lors de sa prestation avec l’Orchestre symphonique de Saskatoon.

« Je suis très, très fière. Je suis passée d'un moment dans ma vie où j’étais moins fière de qui j'étais, à maintenant. Mettre en valeur notre belle langue, c'est pour moi une réalisation. »

— Une citation de  Falynn Baptiste, artiste crie

Elle qui a grandi dans sa langue maternelle, a appris l’anglais à l'école, notamment en fréquentant une école secondaire dans la ville de North Battleford. À 12 ans, elle a été confrontée au sentiment que ce qu'elle était n'était pas OK et qu'elle devait changer pour s’intégrer. Falynn Baptiste a changé sa façon de parler, d’agir, de s’habiller et les personnes qu’elle fréquentait.

Elle a alors perdu l’intérêt pour la langue traditionnelle.

J'ai passé une grande partie de sa vie à prouver aux autres que je n’étais pas une Première Nation, que je n’étais pas Indienne, dit-elle.

Vers la fin de la vingtaine, elle a compris que pour vaincre son sentiment d'incomplétude, il lui fallait retrouver sa culture, sa spiritualité, sa langue et sa famille. Elle est ainsi retournée à l’Université de la Saskatchewan pour obtenir un certificat en langue autochtone.

Donner aux suivants

Aujourd’hui, Falynn Baptiste enseigne à la E.D. Feehan Catholic High School à Saskatoon dans un programme de bien-être autochtone qui intègre la langue et la culture.

Elle se dit ravie d’aider les jeunes autochtones à être fiers de leur culture, alors qu'ils sont à un âge où elle-même avait perdu ce lien.

C'est comme si on enclenche un processus d’acceptation de soi, dit-elle. Et quand cela se produit, les changements physiques, émotionnels et spirituels sont visibles. Les élèves se tiennent un peu plus grands, ils marchent plus fièrement dans les corridors.

Une de ses élèves de 12e année, Isabelle Robin, est originaire de la Nation crie de Beardy's & Okemasis. Elle explique comment les histoires sur les pensionnats l’ont motivée à apprendre la langue.

« J'apprends pour les enfants qui n'ont jamais eu l'occasion d'apprendre leur langue et qui n'ont pas été autorisés à l'apprendre ni à la parler. »

— Une citation de  Isabelle Robin, élève d’origine crie

Falynn Baptiste voulait produire un album de chansons religieuses cette année, mais elle s'est arrêtée après la découverte des tombes non marquées d'enfants dans les anciens pensionnats pour Autochtones.

Ce n'était pas le bon moment, dit-elle, avec tout ce que nous avons vécu et perdu, avec tout ce deuil.

Mais elle n'a pas le même sentiment quand il s'agit de chants de Noël en cri. Noël, dit-elle, est un temps pour célébrer le Créateur, la communauté, la culture, et aussi, comme elle l'a fait avec l'Orchestre, un temps pour se tenir debout.

Avec les informations de Bonnie Allen

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