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La présence accrue de benzodiazépines dans les drogues de rue suscite l’inquiétude

Matthew Beal, photographié dans un stationnement.

Matthew Beal, 34 ans, se décrit comme un toxicomane en voie de guérison. Il fait de la prévention et aide à ramasser les seringues usagées et jetées dans le quartier East Village et distribue des produits de réduction des risques tels que des trousses de naloxone aux toxicomanes.

Photo : Radio-Canada / Bryan Labby

Radio-Canada

La présence accrue de benzodiazépines dans les drogues de rue inquiète des intervenants albertains. Les produits modifiés sont considérés comme plus dangereux et potentiellement mortels.

Au cours de l'été, le service d'analyse des drogues de Santé Canada a analysé plus de 3200 échantillons saisis en Alberta. Des benzodiazépines ont été trouvées dans 408 d'entre eux, ce qui représente une augmentation de 179 % par rapport à la même période, en 2020.

Services de santé Alberta (AHS) a envoyé une série d'alertes aux drogues à Calgary qui mettent en évidence ces résultats.

En novembre, AHS a mis en garde contre la découverte de N-Pyrrolidino Etonitazene, un nouvel opioïde qui peut provoquer des effets psychoactifs similaires à ceux de l'héroïne, du fentanyl et d'autres opioïdes.

Cette substance est nouvellement arrivée dans votre communauté et est connue pour être associée à des surdoses ou des décès, soulignait l'alerte.

L'échantillon contenait également du flubromazolam, une benzodiazépine, ainsi que de la phénacétine, une substance qui, selon Santé Canada, peut causer le cancer.

Les benzodiazépines comptent parmi les médicaments les plus couramment prescrits pour traiter les troubles du sommeil, les crises d'épilepsie et l'anxiété, mais si elles sont mélangées à des opioïdes et à d'autres drogues, elles peuvent augmenter le risque de surdose et de décès en raison de leurs propriétés sédatives, prévient Santé Canada.

Ces médicaments ne sont légalement disponibles que sur ordonnance. La vente, la production et la possession sont illégales, sauf à des fins scientifiques, médicales ou industrielles.

AHS a refusé une demande d'information sur son programme d'alerte aux drogues.

Cocaïne et fentanyl saisis.

Les drogues de rue modifiées seraient plus dangereuses et potentiellement mortelles.

Photo : Fournie par le Service de police de Calgary

La crise des surdoses a fait 1453 victimes, en Alberta, en 2020. Pas moins de 110 personnes sont mortes chaque mois, en Alberta, depuis mai 2020.

Le nombre de visites aux urgences et d'hospitalisations liées à la consommation de substances a atteint son plus haut niveau en cinq ans au printemps dernier, selon les données les plus récentes.

Prolonger le high

C'est brutal. C'est difficile de voir tant de gens mourir, confie le sergent d'état-major Kyle Grant du service de police de Calgary.

Il soutient que le changement le plus notable a été l'ajout de différentes benzodiazépines dans l'offre de drogues illicites de la ville.

Selon lui, la plupart des drogues proviennent de la Colombie-Britannique, de l'Ontario et du Mexique et sont modifiées ou retraitées avec l'ajout d'autres substances qui peuvent améliorer ou prolonger le high pour les utilisateurs.

« Ces produits arrivent ici, d'où qu'ils viennent, et des individus en font leurs propres lots ou y ajoutent peut-être leur propre mélange spécial. Puis ils les emballent et les distribuent pour la vente. »

— Une citation de  Kyle Grant, sergent d'état-major au service de police de Calgary

Drogues contaminées

Matthew Bealun, un ancien consommateur de Calgary, prévient que les risques ont considérablement changé, car les consommateurs ne savent pas nécessairement ce qu'ils ingèrent ou s'injectent en raison de l'approvisionnement en drogues contaminées.

Il ajoute que la composition des drogues illicites semble changer constamment, car les revendeurs et les fabricants modifient leurs produits, créant des lots plus dangereux et potentiellement mortels.

« Les risques ont triplé, voire quadruplé. »

— Une citation de  Matthew Bealun, ancien consommateur

Selon Lauren Cameron, une ancienne toxicomane qui travaille maintenant pour Alberta Addicts Who Educate and Advocate Responsibly, on trouve de plus en plus de benzodiazépines dans les drogues de rue, ce qui est inquiétant, car la naloxone ne peut pas être utilisée pour inverser les effets d'une surdose.

« Les gens ne font pas de surdose, ils sont empoisonnés par l'approvisionnement en fentanyl ou ses semblables. »

— Une citation de  Lauren Cameron, ancienne toxicomane

Vérification des drogues

L'incertitude et la toxicité de l'approvisionnement en drogues de rue ont suscité des demandes de services de vérification des drogues en Alberta, semblables à ce qui se fait ailleurs, notamment en Colombie-Britannique et en Saskatchewan.

Ils fournissent une analyse chimique des drogues illégales et légales vendues par les circuits criminels.

Le B.C. Centre on Substance Use décrit la vérification des drogues comme un outil de réduction des méfaits fondé sur des preuves qui permet aux gens de vérifier ce que contiennent leurs drogues. Les tests peuvent donner des résultats en moins de 10 minutes.

De son côté, le gouvernement de la Saskatchewan a élargi l'accès aux bandelettes de dépistage de fentanyl et de benzodiazépines pour aider à réduire le nombre de décès par surdose.

Cependant, Santé Canada met en doute leur fiabilité et leur précision. L'agence souligne notamment le risque de faux négatifs, en particulier avec les bandelettes réactives au fentanyl.

Le ministre adjoint à la Santé mentale et aux Dépendances, Mike Ellis, affirme que son ministère étudie la possibilité de mettre en place un service de vérification des drogues.

Nous explorons toutes les options, lance-t-il lors d'une conférence de presse annonçant le financement de Sublocade. Pour l'instant, aucune décision n'a été prise.

Avec les informations de Bryan Labby

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