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Québec attend jusqu’au 26 décembre pour limiter les rassemblements à six personnes

François Legault prend la parole, aux côtés d'Horacio Arruda et de Christian Dubé; ils sont séparés par une cloison de plastique.

Accompagné du ministre Christian Dubé et du Dr Arruda, François Legault a annoncé de nouvelles restrictions.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Les Québécois qui craignaient que leurs fêtes de Noël soient soumises à un nouveau régime minceur peuvent respirer : la consigne qui limite à 10 personnes les rassemblements privés restera en vigueur les 24 et 25 décembre. Cependant, devant la flambée épidémique attribuable au variant Omicron, le gouvernement Legault encourage la population à fêter en moins grand nombre.

Le nouveau tour de vis annoncé mercredi par le premier ministre François Legault est moins vigoureux que ce que certains craignaient.

Les mesures que l'on annonce ce soir, on pense que c'est suffisant pour garder le contrôle dans les hôpitaux, mais on ne va pas hésiter dans les prochains jours, si c'est nécessaire, à ajouter des mesures, a-t-il néanmoins prévenu au cours d'une conférence de presse aux côtés du ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.

On laisse les gens qui veulent absolument se rencontrer à 10 le faire, mais par contre, j'invite tous les Québécois qui sont capables de reporter les fêtes à le faire, a plaidé M. Legault, invoquant l'augmentation exponentielle du nombre de cas de COVID-19 au cours des derniers jours.

« On vous demande d'avoir seulement un souper, une soirée, donc le 24 ou le 25 décembre par exemple, mais pas les deux soirs. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

L'idéal, tout particulièrement pour les personnes de plus de 60 ans, qui sont plus vulnérables, serait de rester à la maison, a affirmé François Legault. Cette tranche d'âge représente 70 % des hospitalisations, a-t-il insisté.

Si vous tenez absolument à aller dans une réunion familiale ou une réunion d'amis, il faut que vous sachiez qu'il y a un risque, a-t-il martelé avant d'énumérer les façons de minimiser les risques : réduire le nombre d'invités, porter un masque, respecter la distanciation sociale et bien aérer l'intérieur du domicile.

Peu de temps avant le point de presse, François Legault avait écrit sur sa page Facebook qu'on devait tous se mettre en mode urgence.

En une semaine, le nombre de nouveaux cas au Québec est passé de 2700 à 6300 et devrait bondir à 9000 jeudi, a indiqué le premier ministre au cours de la conférence de presse, disant craindre les répercussions de cette hausse sur le réseau de la santé. Ce qu’on veut, c’est que ça ne déborde pas dans les hôpitaux, a-t-il expliqué.

S’il a décidé d’accorder un certain répit aux Québécois pour le réveillon et pour Noël, le gouvernement Legault restreindra cependant à six personnes ou à deux bulles familiales le nombre de convives pouvant célébrer sous un même toit à partir du 26 décembre.

La même consigne s'appliquera aux restaurants.

Le ministre Dubé a justifié le fait d'avoir tardé à prendre cette décision et de consentir un délai.

« Les gens qui ont fait le sacrifice d'être vaccinés et qui ont fait tous les sacrifices ont le droit d'avoir un peu de bonheur dans les prochains jours. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé

Je suis confiant [...] qu'on va être capable, comme peuple, de passer à travers cette grande épreuve, a dit M. Legault en vantant la résilience des Québécois et en appelant à se serrer les coudes.

Les Québécois ont eu droit à un véritable chassé-croisé d’assouplissements et de resserrements sanitaires en peu de temps. Il y a deux semaines, le gouvernement avait établi la limite des groupes à 20 avant de faire marche arrière quelques jours plus tard en réduisant ce nombre de moitié.

Lundi, le gouvernement a décrété un nouveau confinement, ordonnant la fermeture des écoles et de certains endroits publics comme les salles de sport, les bars et les salles de spectacles. Le télétravail est en outre redevenu obligatoire pour les entreprises privées et publiques.

Message aux non-vaccinés

Le premier ministre a par ailleurs adressé un message aux personnes non vaccinées, soulignant leur surreprésentation parmi les personnes hospitalisées. Si moins de 10 % des adultes n'ont reçu aucune dose, ils représentent 50 % des personnes hospitalisées, a-t-il illustré.

C'est clair que vous mettez beaucoup plus à risque votre santé [...], vous mettez à risque aussi nos hôpitaux, a-t-il lancé, les appelant à se faire vacciner pour éviter de venir engorger nos hôpitaux au détriment des personnes qui requièrent des soins urgents.

« Je vous le demande pour le Québec et pour les autres : restez chez vous si vous ne voulez pas vous faire vacciner. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Interrogé à propos d'une éventuelle vaccination obligatoire pour juguler la flambée épidémique, le ministre Dubé est resté prudent sans sembler écarter cette option.

Si on avait besoin d'aller plus loin – et c'est ce dont on a discuté –, on le fera, a-t-il répondu. S'il faut aller plus loin dans les interdictions pour les non-vaccinés étant donné que la situation pourrait s'envenimer, on n'hésitera pas à le faire.

Désengorger les centres de dépistage et reporter des chirurgies

Des gens chaudement vêtus sont en ligne sur le trottoir, un jour d'hiver.

Le reportage de Sébastien Bovet

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

L'augmentation exponentielle du nombre de cas nous a amenés à revoir notre stratégie de dépistage, a par ailleurs soutenu le Dr Horacio Arruda.

Devant la ruée vers les centres de dépistage, le gouvernement a réitéré l'appel lancé plus tôt cette semaine par le ministre Dubé en tentant de dissuader toutes les personnes asymptomatiques de s'y présenter.

Les cliniques de dépistage, où s'étendent de très longues files d'attente, ont effectué 54 328 tests lundi, bien au-delà de la capacité de dépistage de 45 000 annoncée par le gouvernement. Qui plus est, plusieurs Québécois n’ont pas été en mesure de se faire tester, faute d'avoir obtenu un rendez-vous.

Le ministre Dubé a par ailleurs assuré que le gouvernement allait essayer de minimiser le délestage le plus possible. Il n'y aura pas de délestage d'opérations urgentes, a-t-il affirmé.

Il n'y a jamais rien d'agréable à reporter des opérations même non urgentes, mais c'est là-dessus qu'on se fixe des objectifs. Il y a des Québécois, au cours des prochains jours et des prochaines semaines, qui vont se faire appeler pour retarder des chirurgies, a-t-il indiqué, affirmant cependant que Québec disposait d'une marge de manœuvre.

La situation sera tributaire de la gravité des cas d'Omicron, une variable qui reste incertaine, a-t-il précisé.

Les données préliminaires d'une étude britannique publiée mercredi laissent croire à un risque d’hospitalisation moins élevé avec le variant Omicron qu'avec le variant Delta, mais il faudra voir comment la situation évoluera.

Plus de 150 000 Québécois sont en attente d'une opération, dont 19 000 depuis plus d'un an. Avant la pandémie, ils étaient 2600 à patienter depuis plus de 365 jours.

L'opposition dénonce la gestion de la crise par le gouvernement

Les partis d’opposition, qui avaient déjà accusé le gouvernement caquiste d’avoir donné de faux espoirs aux Québécois après une première volte-face sur les rassemblements privés, s'en sont cette fois encore pris non pas aux restrictions qu'il a annoncées, mais à sa gestion de la crise.

Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, la cheffe de l'opposition officielle, Dominique Anglade, s'est dite sidérée de voir l’improvisation du gouvernement caquiste.

« La CAQ aurait dû être mieux préparée, mais nous avons tous et toutes le devoir et la responsabilité collective de faire les efforts qui nous sont demandés. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a pour sa part déploré qu'aucune annonce n'ait été faite pour venir directement en aide aux soignantes au front de la pandémie. Elles veulent travailler en sécurité, elles demandent des masques N95 et la réinstauration du système de zones, a-t-il affirmé dans une déclaration transmise à Radio-Canada.

Plus tôt, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a en effet demandé à Québec de mieux protéger ses membres contre la COVID-19. Mercredi, plus de 5000 employés de la santé étaient absents en raison de la maladie.

Le porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Joël Arseneau, a pour sa part lancé sur Twitter une série de questions adressées au gouvernement, demandant par exemple quand viendrait l'accessibilité universelle des tests rapides. Peut-on en finir avec l'égrainage des mesures avant les annonces officielles et toute l’anxiété suscitée?, a-t-il aussi demandé.

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