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Pas d’éclosion liée à l’entrée de migrants par le chemin Roxham, reconnaît Québec

Le ministre de l'Immigration, Jean Boulet, ne regrette pas son tweet controversé réclamant la fermeture de ce passage, en raison de la montée des cas de COVID-19.

Des personnes marchent avec des valises.

Jour et nuit, des dizaines de migrants traversent le chemin Roxham entre les États-Unis et le Canada.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

« Je n'ai absolument rien contre les migrants », assure Jean Boulet.

Le ministre du Travail, de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de l'Immigration tente de calmer le jeu et d'éteindre l'incendie qu'il a lui-même allumé en envoyant un gazouillis controversé.

Lundi, moins de deux heures avant l'importante annonce de son homologue à la Santé, Christian Dubé, qui a ordonné entre autres la fermeture des écoles, des bars et des cinémas, Jean Boulet avait réclamé, sur Twitter, la fermeture du chemin Roxham, tout en soulignant, dans le même message, que le gouvernement fédéral doit se mobiliser devant la remontée des cas de COVID-19.

Je n'ai pas de regrets, soutient-il dans une entrevue accordée à Radio-Canada, après avoir décliné, la veille, un tel entretien pour expliquer son message.

Celui-ci lui a valu une volée de critiques sur les réseaux sociaux de la part de nombreux élus, mais aussi de différentes personnalités publiques et organismes venant en aide aux demandeurs d'asile.

Pourquoi avoir envoyé ce tweet? Qui a pris cette décision et pourquoi maintenant? Au téléphone, Jean Boulet reste évasif. Il dit assumer ce choix, mais son équipe, après l'entrevue, nous a précisé qu'il s'agissait d'une décision gouvernementale.

Près de 2000 demandeurs d'asile

Même si aucun chiffre officiel n'a encore été publié, le nombre de migrants entrant par le chemin Roxham a fortement augmenté depuis sa réouverture à la fin de novembre. À ce jour, depuis cette date et selon différentes sources, près de 2000 demandeurs d'asile ont franchi ce passage irrégulier.

Il faut des mesures fortes, soutient Boulet

Selon le ministre, l’amalgame qui est fait n’est pas fondé. Je comprends les besoins humanitaires, je veux qu’on les accueille et qu’on les intègre avec toute la dignité que ces personnes requièrent, mais la situation épidémiologique évolue rapidement et ça commande des mesures fortes, lance-t-il.

A-t-il néanmoins des données prouvant qu'il y a eu des éclosions provoquées par l'arrivée au Québec de centaines de migrants depuis la réouverture du chemin Roxham?

Non, reconnaît-il.

« Je n'ai pas de statistiques [montrant] que ces personnes-là ont causé des éclosions. »

— Une citation de  Jean Boulet, ministre de l'Immigration

Selon ses propres données, 66 % des demandeurs d'asile irréguliers ne sont pas vaccinés. Ni l'Agence des services frontaliers du Canada ni la Santé publique fédérale, responsables de ce dossier, n'ont pu pour l'instant nous confirmer ces informations.

Même si l'obligation vaccinale n'est pas requise pour présenter une demande d'asile au Canada, ces migrants sont cependant testés dès leur entrée au pays et, si nécessaire, sont placés en quarantaine. Oui, totalement, confirme Jean Boulet.

Il faut être équitable avec les Canadiens et les Québécois qui reviennent, qui traversent la frontière, qui ont l’obligation d'être vaccinés, soutient-il.

À ses yeux, le gouvernement fédéral - qui négocie actuellement avec les États-Unis pour mettre fin à cette migration irrégulière - devrait donc, dès maintenant, arrêter de recevoir les demandes d'asile provenant de cet endroit.

L'enjeu, insiste-t-il, est de protéger les Québécois et de s'assurer que notre personnel de santé, ici au Québec, ne soit pas sursollicité.

François Legault et Jean Boulet à l'Assemblée nationale.

La demande formulée sur les réseaux sociaux de fermer le chemin Roxham est une décision gouvernementale, explique le cabinet de Jean Boulet.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Pas de réponse favorable d'Ottawa

L’accueil des migrants par ce chemin irrégulier nécessite le déploiement de ressources importantes du réseau de la santé du Québec, affirme-t-il. Il rappelle que ce passage a déjà été fermé entre la fin de mars 2020 et la fin de novembre 2021.

Actuellement, il rentre entre 100 et 140 [migrants] par jour, poursuit-il.

« La vaste majorité de ces personnes ont besoin d’aide financière de dernier recours. »

— Une citation de  Jean Boulet, ministre de l'Immigration

Toutes ces personnes ont besoin de soins de santé, d'évaluation psychosociale, d'hébergement temporaire et d'aide dans les démarches d'immigration.

On veut les accueillir avec humanité et dignité. Là, notre capacité ne nous permet pas de répondre à ces besoins humanitaires là, énumère Jean Boulet, qui souligne avoir évoqué cet enjeu, en début de semaine, avec son homologue fédéral Sean Fraser.

Ce dernier n'a donné à ce jour aucune indication visant à répondre favorablement à cette demande du gouvernement Legault. Ottawa rappelle néanmoins être responsable du financement du logement et d'autres services destinés aux réfugiés et aux demandeurs d'asile.

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